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Baisser de rideau sur la piste aux étoiles

En ce 4 décembre 2012, le MHSC disputait ce qui reste à ce jour le dernier match de son histoire en Ligue des Champions, en faisant match nul 1-1 à La Mosson contre Schalke 04. Retour sur cette rencontre et bilan plus global de cette aventure avec Romain Pitau et René Girard

Sans enjeu mais pas sans intérêt… Voilà en quelques sortes comment on aurait pu qualifier cette ultime rencontre de la phase de groupe de Ligue des Champions le 4 décembre 2012 à La Mosson, entre une équipe du MHSC déjà éliminée de la compétition et une formation de Schalke 04 déjà qualifiée pour les 8e de finale.

Car bien que déjà éliminés, les Montpelliérains avaient la ferme intention de quitter cette compétition la tête haute… Et la tonitruante entame de match des Héraultais était là pour en attester : Une frappe d’Herrera détournée en corner dès la 2e minute de jeu, une nouvelle occasion une minute plus tard puis une superbe combinaison entre Mounier et Bedimo qui permettait aux Héraultais d’obtenir un corner (7e), l’entrée en matière des hommes de René Girard avait fière allure. En face, les Allemands laissaient passer l’orage, non sans avoir quelques sueurs froides, avant de revenir peu à peu dans la partie et de faire parler leur vitesse offensive, sous l’impulsion notamment de Draxler. Ce dernier, déjà omniprésent au match aller, délivrait d’ailleurs une ‘’galette’’ pour Pukki qui manquait inexplicablement sa reprise (25e). Herrera lui répondait dans la foulée mais buttait sur Hildebrand (30e). La rencontre se débridait et il fallait même une sortie autoritaire de Ligali dans les pieds de Marica (36e) pour éviter aux Pailladins d’être ‘’douchés’’ malgré leurs bonnes intentions.

Au retour des vestiaires, René Girard lançait Romain Pitau en lieu et place de Benjamin Stambouli, blessé. A plus de 35 ans, Romain disputait à cette occasion le 1er match de sa carrière en Ligue des Champions : « Cela fait partie des faits marquants dans une carrière de joueur de pouvoir jouer la Ligue des champions, se souvient l’actuel technicien montpelliérain. J'avais eu l'occasion de jouer la jouer la Coupe d’Europe, mais jamais la plus prestigieuse. Forcément, ce sont des moments qui restent gravées dans la mémoire. » Son coach d’alors, René Girard, était en tout cas très heureux de lui offrir cette première cape en Ligue des Champions : « Ce sont des moments forts pour un joueur. Romain est un des premiers à nous avoir rejoints, avec Cyril Jeunechamp, lors de mon arrivée au club en 2009, explique-t-il. A mon arrivée je connaissais la qualité des jeunes mais il nous fallait aussi de l’expérience et Romain avait le profil idéal. Quand il a dit oui à notre projet, j’étais très heureux. »

Coach René ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur son ancien protégé : « En plus de son expérience, Romain est un garçon qui, dans un groupe, est meneur qui tire ses équipiers vers le haut. Il a toujours eu les pieds sur terre, est très réceptif et je savais qu’avec Souleymane Camara, Olivier Giroud, Cyril et Jeunechamp, Romain faisait partie du noyau de 4-5 joueurs sur lesquels je pouvais m’appuyer et qui tenaient la baraque. La moindre des choses sur ce dernier match, c’était de lui rendre un petit peu tout ce qu'il avait donné en lui offrant ces quelques minutes en Ligue des Champions… Et il n’avait pas dépareillé, loin de là. » C’est le moins que l’on puisse dire, puisque l’ancien Sochalien ne tardait pas à se mettre en évidence : une ouverture lumineuse vers Mounier qui évitait Hildebrand et servait Herrera dont la frappe était contrée in-extremis par Uchida (55e). Le premier d’une longue série de gestes techniques du n°14 ce soir-là, immortalisée par une vidéo devenue aussi virale que régalade sur Twitter, qui est d’ailleurs récemment ressortie sur le célèbre réseau social : « C'est vrai que tout ce que je tentais ce soir-là, je réussissais. Ce sont des moments assez rares qui ne s'expliquent pas et j’ai essayé d’en profiter au maximum », sourit Romain, qui reconnait avoir concrétisé un rêve de gosse en découvrant la Ligue des Champions lors de cette rencontre : « Lors des 2 premiers matchs, contre Arsenal et à Schalke, j’avais ressenti beaucoup de frustration parce que j’étais suspendu (après son carton rouge reçu contre les Hongrois de Györ, 2 ans plus tôt, NDLR) et c’était très dur de ne pas pouvoir aider l’équipe. Là, quand le coach m’a fait rentrer, je me suis dit : ‘’Tu vas certainement jouer ton premier et ton dernier match de Ligue des champions donc fais toi plaisir, tente et essaie de t'amuser, tout en restant efficace’’. J’avais vraiment ressenti beaucoup de joie et de plaisir. »

Sous l’impulsion de son nouveau métronome, tout allait enfin sourire pour le MHSC, pensait-on… Et bien non. Volontaires et appliqués, les Montpelliérains étaient glacés d’effroi une minute plus tard. Un coup-franc d’Holtby, une remise de la tête au 2e poteau de Metzelder et Howedes ouvrait le score (0-1, 56e). Dur, cruel même tant la prestation des Montpelliérains méritait de se concrétiser par un but en leur faveur… Mais la persévérance a parfois des échos positifs : Deux minutes plus tard, Mounier s’arrachait à la ligne de sortie de but pour délivrer un centre parfait vers Herrera, qui, en deux temps, arrachait l’égalisation (1-1, 58e). Cette fois le public de La Mosson, frustré jusqu’ici par aussi peu de réussite pouvait exulter… Et il s’en fallait d’un rien pour que La Mosson s’embrase dans la foulée lorsqu’Anthony Mounier, excellent dans cette rencontre, envoyait une frappe canon qui finissait sa course de peu à côté.

Dès lors, le match semblait proche de basculer. Galvanisés par cette égalisation, les Héraultais faisaient tout pour doubler la mise : Herrera manquait de peu le cadre (64e) et Cabella obligeait Hildebrand à s’employer par deux fois (65e, 67e). René Girard lançait alors Utaka et Belhanda en lieu et place de Mounier et Camara, mais malgré tous leurs efforts, et une dernière frappe d’Herrera sur une ouverture de Pitau sortie par Hildebrand (85e), les Montpelliérains ne sont pas parvenus à arracher la victoire. Qu’importe, dans cette rencontre à priori sans enjeu, les hommes de René Girard ont tout donné et ont prouvé qu’ils avaient du cœur et le sens de l’honneur. « C'était notre dernier match dans cette compétition. Les Allemands étaient qualifiés, nous étions éliminés mais ça restait un match de Ligue des Champions et on n'a pas la chance d'en jouer souvent. On se devait de faire honneur au public et de se respecter nous-mêmes aussi, donc on l’avait joué à fond », synthétise Romain Pitau avant de tirer un mini-bilan de cette aventure montpelliéraine dans la plus prestigieuse des compétitions européennes : « Ça reste un moment très agréable. C'était la récompense du titre de jouer cette Ligue des champions mais on savait pertinemment qu'on n'était pas programmé pour jouer cette compétition. Le niveau était très élevé mais nous ne sommes vraiment pas passés loin de faire pencher la balance du bon côté sur certains matchs. Il ne nous a pas manqué grand-chose, on n’a jamais pris de volée ni été baladés, mais, au final, on ne passe pas. Comme souvent dans ce genre d’épreuve, ce sont les détails qui font la différence. »

RENÉ GIRARD, ENTRE FIERTÉ ET LUCIDITÉ

Le bilan final de cette aventure montpelliéraine en Ligue des Champions, c’est sans doute à René Girard qu’il convient de le faire. Parce qu’il est le coach du titre de Champion de France du MHSC en 2012 et celui qui a conduit le club montpelliérain durant ces 6 matchs au cœur du gratin européen. Dix ans après, son constat est un mélange de fierté et de lucidité : « J’avais vécu cette compétition en tant que joueur avec le Bordeaux d’Aimé Jacquet dans les années 80, donc je savais ce qu’un match européen impliquait en termes d'engagement physique, de détermination, mais aussi en ce qui concerne la qualité de nos adversaires, se souvient-il. En termes de préparation physique, il faut à la fois insister sur le travail et la récupération car on joue en milieu de semaine, entre 2 matchs de championnat, donc il faut en tenir compte et être attentif à un maximum de paramètres. Ensuite, le niveau tactique le niveau technique étaient très important. Il ne fallait pas longtemps pour se rendre compte du changement de niveau dans l'engagement, la détermination, l’aspect psychologique aussi… Il fallait être prêt mentalement et notre objectif était donc de préparer les garçons à livrer des combats tous les 3 jours et à mobiliser tout le monde aussi. »

De ce point de vue-là, au vu de la débauche d’énergie consentie par son équipe, l’entraîneur montpelliérain avait assurément réussi son pari. Mais comment analyse-t-il cette aventure, une décennie plus tard ? : « Quand on regarde bien, il ne nous a pas manqué pas grand-chose parce qu’un seul résultat inversé peut t'amener à avoir l’espoir de décrocher quelque chose de positif : On perd on perd à Arsenal à la maison tu peux très bien le gagner, on a vu qu’aller jouer à Schalke, c’était pas cadeau, à l’Olympiacos non plus, mais on ramène quand même un point d’Allemagne. Il y a toujours eu peu de buts d’écart, alors on peut se dire qu’avec un peu plus d’expérience… Quand on regarde bien, des petites équipes qualifiées après les matchs de poules de C1, il n’y en a pas beaucoup. Ce sont surtout des ''habitués'' de ces joutes-là qui passent…. Et le plus dur quand on va en Ligue des Champions, c’est d’y retourner l’année d’après, et donc d’acquérir cette expérience qui te permet d’y devenir meilleur. Ce ne sont pas 4 matchs comme ça qui te suffisent à être prêts. »

Il poursuit : « Dans ce genre de match, la moindre erreur tu la payes ; ce sont souvent des scores étriqués, ça se joue à pas grand-chose mais ça ne vient pas tout seul. C’est un autre monde. C’est beaucoup plus engagé, plus fort physiquement… Il y a une finalité qui est le résultat à la fin mais il faut se dire pourquoi et il y a toujours des raisons. Un effectif qui est bien pour le championnat peut aussi être un petit peu court pour l’Europe, notamment en termes d’expérience. Il ne faut pas oublier non plus que, cette année-là, Olivier Giroud nous quitte et joue contre nous avec Arsenal. C’était un besoin du club, on peut le comprendre mais c'est souvent le prix à payer pour une petite équipe ou une équipe moyenne par rapport aux grosses cylindrées qui repartent toujours avec la même armada. L’Europe n'y a pas de place pour les faibles, c’est du costaud ! » Si le constat est clair et lucide, il est sans ressenti de regrets et René Girard préfère s’attarder sur les moments de bonheur générés et procurés durant cette période : « Il y a eu la 5e place la 1ère année, le tour préliminaire d’Europa League, la finale de Coupe de la Ligue, le titre de Champion de France, la Ligue des Champions et cette fameuse musique… Ce sont de sacrés souvenirs et une grande fierté aussi, souligne-t-il avec émotion. J’ai eu la chance de vivre à Montpellier des choses que peu d’entraîneurs ont pu connaitre et quand on a la chance de vivre de tels moments, il faut les savourer… Et quand on voit la reconnaissance du public, pas seulement pour moi mais pour tous ceux qui ont participé à cette aventure, c’est quelque chose de très fort. »

Au-delà de la Ligue des Champions en elle-même, Romain Pitau préfère lui aussi retenir l’aventure MHSC dans son ensemble : « Quand j’arrive ici, en 2009, le club vient de de remonter en Ligue 1 et il y a pas mal de jeunes de qualité dans l'effectif. J’avais pour rôle, avec d’autres recrues bien sûr et les quelques anciens qui étaient-là, d’apporter mon expérience et d'encadrer ces jeunes pour les faire progresser du mieux possible, se remémore-t-il. Au départ, on doit jouer le maintien et, au fur et à mesure, Il y a quelque chose qui se créait dans ce groupe et on arrive à renverser des montagnes pour connaître la suite qu’on connait. Je ne m'attendais pas du tout à vivre tous ces moments magnifiques, mais, quelque part, on les a provoqués et on en a bien profité. » Le regard acquiesçant, René Girard conclut en estimant simplement : « C’est vrai qu’il nous a manqué quelque chose pour aller plus loin dans cette Ligue des Champions, mais le bon côté, c’est de l’avoir vécue et d’avoir appris. J’espère que le MHSC pourra la revivre un jour. » Nous aussi !  

MHSC 1-1 SCHALKE 04

Mardi 4 décembre 2012. 6ème et dernière journée de la phase de groupe de Ligue des Champions. Stade de La Mosson. Mi-temps : 0-0. 23142 spectateurs. Arbitre : M. Mateu Lahoz (ESP).
But pour le MHSC : Herrera (59e) ; pour Schalke 04 : Howedes (56e). Avertissement au MHSC : Hilton (84e).
MHSC : Ligali – Bedimo, Hilton, Yanga-Mbiwa (cap), Congré – Estrada, Stambouli (Pitau 46e) – Mounier (Belhanda 67e), Cabella, Camara (Utaka 67e) – Herrera. Entraîneur : René GIRARD.
SCHALKE 04 : Hildebrand – Kolasinak, Metzelder, Höwedes, Uchida – Neustadter – Barnetta (Jones 72e ), Draxler – Hotby – Marica (Huntelaar 77e), Pukki (Obasi 84e). Entraîneur :  Huub STEVENS

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