Olivier Giroud : « Nous avons vécu un rêve éveillé » | MHSC Foot , billetterie Montpellier Hérault, mhsc match, match Montpellier, led publicitaire, panneau publicitaire led

Olivier Giroud : « Nous avons vécu un rêve éveillé »

A l’occasion des 10 ans du titre de Champion de France du MHSC, le meilleur buteur de Ligue 1 cette saison-là (21 réalisations) nous a accordé un entretien plein de sincérité et d’émotion. L’occasion de revenir sur ce fameux triplé inscrit le 26 novembre 2011 à Sochaux, ainsi que sur l’ensemble de cette saison inoubliable

 

LE MATCH à SOCHAUX (victoire 3-1 du mhsc)

Notre équipe dégageait beaucoup de confiance, de sérénité et de maîtrise collective

En premier lieu, revenons sur su fameux match du 26 novembre 2011 sur la pelouse du Stade Bonal de Sochaux…
Avant cette rencontre (comptant pour la 15ème journée NDLR), nous étions à égalité de points au classement avec le PSG, qui ne nous devançait qu’à la différence de buts. Je me souviens qu'il faisait un froid de canard (sourire). C’est forcément un match particulier pour moi avec ce fameux triplé, dont un but du pied droit en pleine lucarne dont j'ai le secret (rire / car Olivier est un pur gaucher). Plus sérieusement, j'ai eu pas mal de réussite sur ce but-là (le second), mais c'est ce que je voulais faire en réalisant ce lob, ça c'est certain. Je me souviens aussi que Benjamin Stambouli m'avait fait une belle passe décisive sur ce but-là. Sur le 1er, j’avais été opportuniste après une première tentative de John (Utaka), et sur le 3ème, j’avais marqué d’un ballon piqué sur un service de Younes (Belhanda)
À la fin du match, au-delà de mes buts, le plus important c'est que nous étions repassés devant le PSG, à la différence de buts et que le duel à distance se poursuivait donc sans que nous ayons perdu du terrain. En plus, j’étais en tête du classement des buteurs, ce qui était bon pour la confiance. La dynamique était très positive à ce moment-là, autant personnellement que collectivement.

Tu avais inscrit un triplé ce soir-là, quelques semaines seulement après en avoir inscrit un à domicile contre Dijon (succès 5-3 du MHSC le 15 octobre 2011, NDLR). N'avais-tu pas l'impression de ‘’voler’’ en quelque sorte à ce moment-là de la saison ?
Disons qu'à ce moment-là, j'avais l'impression que beaucoup de choses me et nous réussissaient. Notre équipe dégageait beaucoup de confiance, de sérénité et de maîtrise collective. Nous étions sûrs de nos forces et nous l’avions une nouvelle fois montré ce soir-là contre Sochaux où nous avions été solides et efficaces. Cela fait partie des matchs qui te donnent vraiment un allant, une confiance supplémentaire pour continuer sur une bonne dynamique.

SON ARRIVÉE ET SES DÉBUTS AU MHSC

L'esprit Paillade, cette mentalité de ne rien lâcher correspondait à mes valeurs et ça a matché tout de suite

Revenons presque 2 ans plus tôt, en janvier 2010. Tu es alors meilleur buteur de Ligue 2, et tu signes au MHSC avant d'être prêté à Tours pour les 6 derniers mois de la saison en cours. Qu'est-ce qui t'avait décidé à venir chez nous ?
J'avais signé à Montpellier dès le mois de janvier, mais, dans le deal, il était important à mes yeux que je termine la saison à Tours. C’est pourquoi le MHSC avait accepté que je sois prêté au TFC les six derniers mois de l’exercice 2009-2010. Je ne voulais pas partir en cours de saison. Le MHSC faisait aussi une belle saison à ce moment-là, avec notamment Victor-Hugo Montaño qui marchait bien en attaque. Ça me semblait aussi mieux d'arriver lors du mercato d'été et de faire toute la préparation d'avant saison avec le groupe. Avoir signé à Montpellier dès le mois de janvier m'a également énormément rassuré et cela m'a donné beaucoup de confiance de savoir que j'allais rejoindre la Ligue 1.

Tu étais sollicité par de nombreux clubs à l’époque. Qu’est-ce qui avait fait pencher la balance en faveur du MHSC ?
À l'époque, se posait déjà la question de savoir si j’allais ou non traverser la Manche parce que plusieurs clubs britanniques étaient intéressés par ma venue, dont le Celtic Glasgow et Middlesbrough notamment… Mais le Président Louis Nicollin avait été très fort dans son discours. Il m'a montré le fort intérêt que le club avait pour moi. En même temps, j'avais très envie de jouer en Ligue 1, c'était très important à mes yeux. D'autres clubs de l'élite étaient intéressés par ma venue, dont Monaco, mais le projet de Montpellier et du coach René Girard me plaisait beaucoup. J'aimais l'enthousiasme, la dynamique du MHSC et le fait aussi que ce soit un club formateur, avec de bons jeunes. Je pensais que je pouvais vraiment m'intégrer de manière positive et apporter ma pierre à l'édifice, tout en continuant ma progression à Montpellier. Après, je ne vais pas vous cacher que je ne pensais pas devenir Champion de France, deux ans après mon arrivée (sourire). La suite a, en tout cas, prouvé que j'avais fait le bon choix en ne brûlant pas les étapes et en ne partant pas tout de suite à l'étranger, sans avoir été découvert du grand public en Ligue 1.

Comment ta première saison montpelliéraine s'est-elle déroulée ?
C'était une année d'acclimatation, de transition. Passer de la Ligue 2 à la Ligue 1, c'est forcément un palier à franchir. Ça a été une année plutôt satisfaisante mais je savais que je pouvais faire mieux… et la deuxième saison en a été la confirmation. L'équipe était aussi plus forte collectivement, ce qui m'a permis de mettre mes qualités en avant et de bien finir le travail de l'équipe, car ce titre de Champion de France a avant tout été un travail collectif : celui d'un groupe, d'un staff et d'un coach aussi qui nous a tiré vers le haut, qui nous a insufflé cette rage de vaincre, cette mentalité de La Paillade de ne jamais rien lâcher et d'aller au bout de ses rêves.

LA SAISON DU TITRE

La force de cette équipe ? L'insouciance, la jeunesse, l’alchimie qu'il y avait entre les jeunes et les joueurs plus expérimentés qui nous encadraient très bien

Comment cette fameuse saison du titre s’est-elle déroulée ?
On fait une très bonne première partie de saison mais on ne la finit pas très bien, en s’inclinant 4-2 à Évian lors du dernier match avant Noël, ce qui nous avait fait perdre un peu de terrain par rapport à nos concurrents et notamment au Paris-Saint-Germain. Je ne dirai pas que ce match a été un coup d'arrêt mais plutôt un avertissement pour nous signifier qu'il ne fallait pas se relâcher… En rentrant de vacances, tout le monde est revenu en étant regonflé à bloc, avec la volonté d'oublier cette rencontre et de repartir de l'avant. C'était une bonne piqûre de rappel. On a gardé le cap, on a remis le bleu de chauffe et on a surtout su être régulier, consistant sur l'ensemble de la deuxième partie de saison, ce qui est toujours le plus difficile. Ensuite, ce n'est réellement qu'au mois de mars, quand on a vu que nous étions encore dans les clous au niveau du classement et qu’on ‘‘se tirait la bourre’’ avec le Paris-Saint-Germain, que nous avons commencé à nous dire qu'on pouvait réaliser quelque chose de grand.

Qu'est-ce qui faisait la force de cette équipe ?
L'insouciance, la jeunesse, l’alchimie qu'il y avait entre les jeunes qui jouaient sans pression, avec enthousiasme et générosité et une énergie assez incroyable, et les joueurs plus expérimentés qui nous encadraient très bien. Sur le terrain, nous n’étions pas faciles à jouer parce que nous étions solides. On avait un bloc difficile à bouger et nous mettions beaucoup d'intensité dans nos matchs. Cette équipe était aussi très efficace. Nous avons réussi à ‘‘tuer les matchs’’ quand il le fallait, en étant très réalistes à des moments clés. Tu peux bien jouer, avoir une bonne énergie, une bonne qualité de jeu mais, au final, la différence se fait dans les deux surfaces ; même si c'est banal de dire ça, c'est la vérité. Nous avions une défense très solide et nous étions efficaces devant. À mon sens, c’est cette efficacité qui a fait la différence.

Quand je repense à cette saison du titre, je me dis que tout est allé très vite

Que ce soit pour toi ou pour l'équipe, tout va très vite. Les résultats s'enchaînent, le MHSC est en haut de classement, tu connais ta première sélection le 11 novembre 2011 contre les USA...  comment as-tu vécu toute cette effervescence ?
Dans ce genre de situation, on ne calcule pas… On profite simplement de chaque instant. Collectivement, nous avons vécu un rêve éveillé parce que, pour nous, Montpellier, jouer le titre était quelque chose d'assez incroyable. Pour ma part, être en tête du classement des buteurs de Ligue 1 et toucher du doigt le rêve ultime qu’est l'équipe de France, sans savoir après que ça allait durer pendant 10 ans ensuite, c'était un rêve de gosse. Ça nous a et ça m'a boosté. Ça nous a apporté de l'assurance, de la confiance, qui est venue s'ajouter à nos qualités. On ne laissait pas beaucoup de place au doute et à l'incertitude, on fonçait ! Quand je repense à cette saison du titre, je me dis vraiment que tout est allé très vite. On essaie de profiter de chaque instant mais ça va vraiment très vite et on n’a pas eu le temps de trop cogiter. On prenait chaque match qui arrivait en essayant de le gagner, tout en surveillant du coin de l'œil ce que faisait Paris… et le finish a tout simplement été extraordinaire.

Justement qu'elle a été ton sentiment à Auxerre, le soir du sacre ?
À Auxerre, on avait notre destin entre nos mains face à une équipe qui, en plus, était déjà mathématiquement reléguée. Au cours de la saison, on se disait qu'on avait tout à gagner et, à Auxerre, c'est peut-être la seule fois où on se disait qu'on avait tout à perdre. Se dire qu'on avait fait le boulot toute la saison et que tout allait se jouer sur un match avec la possibilité de tout gâcher, c'était difficile à appréhender. On sentait un peu de tension. À titre personnel, je ressentais un peu plus de pression que d'habitude en me disant qu'il ne fallait pas qu'on ait fait tout ça pour rien, qu'il fallait finir le boulot. En plus, on se retrouve mené, mais heureusement, on a su garder le cap, garder cette sérénité. On ne s'est pas affolé et ce match à Auxerre se conclut à l’image de notre saison, c'est-à-dire avec maîtrise et efficacité. Cette rencontre a confirmé la maturité qui était la nôtre et la progression que nous avons eue tout au long de cette saison.

C'était vraiment extraordinaire… et le fait que ce titre soit inattendu rajoutait une beauté supplémentaire à ce que l'on venait de réaliser. Y penser me redonne des frissons, et beaucoup d'émotion

Et concernant les festivités ?
La fête a tout simplement été extraordinaire, notamment avec les supporters qui nous attendaient dès l'arrivée à l'aéroport. Je me souviens aussi de l'effervescence sur le terrain de l'Abbé-Deschamps, de l'effervescence dans le vestiaire avec le Président Louis Nicollin qui était à bout de souffle. Là, c’est pareil, tout est allé à 200 à l'heure mais j’ai des flashs qui reviennent (sourire). Je me souviens d'avoir été porté par les supporters avec Marco Estrada notamment. Nous avons profité de ces moments tous ensemble. Tout est allé très vite ; c'était comme dans un rêve, un conte de fée... On était fier pour les Présidents Louis et Laurent Nicollin, pour le peuple pailladin qui nous avait supportés à fond tout au long de la saison, que  ce soit au stade mais aussi au quotidien, quand on les croisait dans la rue. Y penser me redonne des frissons, et beaucoup d'émotion. C'était vraiment extraordinaire… et le fait que ce soit inattendu rajoutait une beauté supplémentaire à ce que l'on venait de réaliser.

Comment avais-tu vécu ce titre de meilleur buteur de Ligue 1 et cette affection des supporters qui étaient omniprésentes autour de toi ?
La première saison avait été une saison de transition et on ressentait une certaine attente. Le recrutement avait été fait pour bien améliorer l'équipe. L'attente est venue progressivement au fur et à mesure de la saison. Quand je me suis installé en tête du classement des buteurs, ça m'a donné la confiance. Ça me donnait aussi un nouveau statut à assumer parce que je sentais que j'étais plus attendu par mes adversaires, mais c'était notre cas collectivement aussi car nous étions tous plus attendus. Je sentais aussi que le public attendait plus de moi car il voulait que je sois et que nous soyons efficaces, et que les attaquants fassent la différence. C'est un rôle et un statut que j'ai adoré, qui m'a tenu à cœur, pour participer activement à cet exploit. Ce qui est marrant, c'est que quand j'ai rejoint Arsenal, le grand public qui m'a découvert au MHSC pensait et pense toujours que je suis né à Montpellier parce que c’est ici  que je me suis révélé. On peut donc dire en quelque sorte que je suis un sudiste d'adoption. L'esprit Paillade, cette mentalité de ne rien lâcher correspondait à mes valeurs et ça a matché tout de suite. Les supporters voyaient qu'au-delà de l'efficacité que je pouvais avoir et que l'ensemble de l'équipe pouvait avoir d'ailleurs, tout le monde avait la « grinta » et la volonté de défendre ces couleurs du mieux possible. C'est aussi la réussite de René Girard qui a su nous insuffler cela. Avoir reçu l'affection des supporters du MHSC tout au long de ces deux saisons m'a aussi profondément marqué.

Ce titre restera à jamais gravé dans ma tête et dans mon cœur

10 ans après, tu t'es forgé un très beau palmarès mais on imagine que ce titre garde toujours une place particulière dans ton cœur…
Bien sûr qu'il garde une place particulière et encore plus parce qu'il était inattendu. Ce titre montre que rien n'est écrit à l'avance, qu'avec du talent mais surtout beaucoup de travail d'abnégation, d'esprit collectif, de solidarité et de générosité, on peut renverser des montagnes. C'est d'autant plus appréciable à posteriori parce qu'on se rend compte de tout le travail qui a été accompli pour en arriver là. Jusqu'ici, ce sacre a été mon seul titre de Champion. Gagner un championnat, c’est le travail de toute une saison, c'est très dur, c'est long, c'est un marathon et c'est d'autant plus beau face à des clubs qui étaient très armés comme Paris, mais aussi Lyon, Marseille ou Lille. Ce titre, c'est quelque chose d'extraordinaire qui restera à jamais gravé dans ma tête et dans mon cœur. Tout s'est enchaîné depuis et je suis très heureux de ce que j'ai accompli, mais c'est vrai que, – comme je consacre mes moments de calme à ma famille et à mes amis d'enfance du côté de Grenoble – je n'ai pas eu encore eu l'occasion de revenir à Montpellier depuis. Ce serait extraordinaire de se retrouver tous ensemble avec toutes les personnes qui ont participé à ce titre. Mon attachement au MHSC est intact, c'est quelque chose d'indélébile. Retourner à Grammont, à La Mosson, revoir des têtes familières avec qui j'ai passé des moments extraordinaires au sens propre du terme, ce serait super !

Le quizz d’Olivier

Son meilleur souvenir l'année du titre : « Le match contre Lille lors de l'avant-dernière journée. Aujourd'hui encore, quand je vois ce but de Karim (Aït-Fana), ça me donne des frissons. »

Le match le plus fou : « Le précédent à domicile contre Évian Thonon Gaillard » (2-2)

Le match le plus difficile : « Il y a eu pas mal de matchs cette saison là où nous avons un peu gagné ‘’à l'arrache’’, au mental. C'était aussi le cas à Nice où je marque dans les dernières minutes après avoir raté un penalty… mais celui que je retiens le plus, c’est notre défaite à Évian au match aller »

Le but qui l'a le plus marqué : « Paradoxalement c'est un but qui n'a pas été validé, mon retourné acrobatique contre le PSG à La Mosson qui fait transversale rentrante et qui n'est pas validé pour hors-jeu. (Sourire). Je vais quand même choisir un but valable et opter pour celui que j'ai marqué contre Saint-Étienne d'une reprise de volée dans les toutes dernières secondes. Le ballon passe entre les jambes des défenseurs et va se loger dans le petit filet. »

Le match où il a commencé à croire au titre : « C'est difficile de ne choisir qu'un match. Plus la saison avançait, plus on l'espérait, il faut être honnête… mais le match après lequel je savais qu'on avait fait le plus dur, c'était notre victoire contre Lille à la maison, forcément. Même si c'était tard dans la saison (lors de l’avant dernière journée, succès 1-0 du MHSC). Bien sûr qu'on y pensait avant, on s'autorisait de rêver mais au fond de nous on ne voulait pas se projeter pour ne pas être déçus. »

Son anecdote : « Il y en a beaucoup. Je suis quelqu'un d'assez ouvert qui aime aussi rigoler de moi-même. On rigolait pas mal dans les vestiaires et je me souviens que quand il y avait des toros, j'étais souvent agressif parce que je n'étais pas content d'être au milieu… Romain Pitau m'avait surnommé « le Biou ». Au départ, je ne savais pas ce que ça voulait dire mais il m'a expliqué que ça signifiait « le taureau » (sourire).

 

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