Marion Torrent, bien plus qu’un emblème | MHSC Foot , billetterie Montpellier Hérault, mhsc match, match Montpellier, led publicitaire, panneau publicitaire led

Marion Torrent, bien plus qu’un emblème

L’occasion était belle, alors que le MHSC reçoit Lyon ce samedi à Grammont (17h), d’évoquer le 20ème anniversaire de la section féminine du club. Notre capitaine, façonnée au MHSC dont elle est devenue l’emblème au fil des années s’y est collée, avec sincérité et émotion.

Le chiffre est aussi grand que ce qu’il suscite l’admiration. Arrivée au MHSC à l’âge de 12 ans (elle en a aujourd’hui 29), Marion Torrent a donc passé 17 ans (série en cours), avec le maillot montpelliérain sur le dos. Voilà qui en faisait le témoin idéal au moment d’évoquer l’histoire de la section féminine du club, qui fête cette saison son 20ème anniversaire : « La première chose que ça m'inspire, c’est que je prends un coup de vieux, sourit d’emblée la capitaine montpelliéraine. Plus généralement, je me rends compte que ça fait quand même assez longtemps, que les années passent vite et surtout que le football féminin s’est très bien développé en France mais aussi et surtout à Montpellier. Entre les débuts de la section féminine, même si je n'y étais pas (arrivée au club en 2004, elle a débuté chez les pros en 2008) et aujourd'hui, les choses ont bien évolué pour notre discipline et le MHSC a été un des éléments moteurs dans cette évolution, grâce à la famille Nicollin. »

Une évolution qui « fait plaisir » et que Marion Torrent décrit de la façon suivante : « Parmi ce qui a le plus évolué, je citerai bien sûr en premier les infrastructures et tout ce qui concerne les équipements, la qualité des déplacements aussi. Ça peut paraître banal aujourd'hui, mais savoir que tu te déplaces dans de bonnes conditions, que tu dors dans un hôtel et que quelque part tu ressembles un peu aux pros garçons, c'est quelque chose de bien. Voir que le foot féminin s’est démocratisé en France grâce à des clubs moteurs comme le MHSC, c’est très positif. »

UNE VIE, PLUSIEURS ÉPOQUES

on a vite vu  qu’un suivi scolaire était mis en place, que tout était carré et ça m'a donné envie de venir, en même temps que ça a convaincu mes parents de me laisser tenter l’aventure.

Lorsqu’elle a pointé le bout de ses crampons dans le vestiaire de l’équipe fanion, en 2008 (photo ci-dessus lors de la finale de ka Coupe de Frannce face au Mans en 2009 NDLR) , Marion Torrent n’avait que 16 ans. La section féminine du MHSC s’était déjà forgée le meilleur palmarès de l’Hexagone avec 2 titres de Championne de France (2004 et 2005), 2 Coupes de France (2006 et 2007), mais surtout une demi-finale de Ligue des Champions en 2006, record pour un club tricolore à l’époque : « Il y avait très peu de clubs féminins et quand le MHSC m’a proposé de venir pour faire quelques entraînements je n'avais pas hésité. Ayant toujours joué au foot qu’avec des garçons, j’avais une certaine appréhension mais on a vite vu que nous profitions des infrastructures du Centre de Formation masculin, qu’un suivi scolaire était mis en place, que tout était carré et ça m'a donné envie de venir, en même temps que ça a convaincu mes parents de me laisser tenter l’aventure. En plus, le club était toujours derrière moi et on me disait ‘’Si tu continues comme ça, tu pourras atteindre l'équipe professionnelle et en faire ton métier’’ C'était une motivation extraordinaire. C'est vrai que ça nécessite de l'investissement, des sacrifices aussi mais ça reste des sacrifices assez faciles à faire entre guillemets quand on sait ce qu'il y a au bout. »

Si l’hégémonie lyonnaise avait démarré un an plus tôt, non sans s’appuyer sur plusieurs cadres montpelliéraines parties à l’OL – Abily, Bompastor, Lattaf (qui reviendra en 2009) ou Lepailleur – le vestiaire pailladin était encore peuplé d’internationales tricolores (passées ou présentes) parmi lesquelles Sabrina Viguier, Elise Bussaglia, Elodie Ramos, Ludivine Diguelman ou Céline Deville. De quoi être impressionnée non ? « Pas forcément, dans le sens où je ne connaissais pas trop le foot féminin, puisque avant d’arriver au club, j’avais toujours évolué avec les garçons. Quand je suis arrivée dans le vestiaire, j'ai découvert un groupe qui était très abordable. »

Si j'étais devenue internationale sous un autre maillot que celui de mon club de cœur, il m’aurait manqué quelque chose

Rapidement devenue une titulaire en puissance, Marion Torrent a donc vécu les deux époques : la première avec de nombreuses internationales tricolores, puis la seconde, entamée en 2014 sous l’égide de Jean-Louis Saez où l’effectif pailladin était un savant mélange d’internationales étrangères expérimentées et de grandes espoirs françaises, arrivées en formation ou post-formation et qui sont, comme Marion elle-même, devenues internationales sous le maillot montpelliérain à l’instar de Claire Lavogez, Sakina Karchaoui, Sandie Toletti ou Valérie Gauvin. Une politique qui a connu son apogée en 2017 lorsque le MHSC s’est brillamment qualifiée pour la Ligue des Champions, atteignant au passage les quarts de finales de cette compétition (ci-dessus à Brescia en huitimèes de finale).  « C’était une fierté de jouer cette compétition ensemble avec ce maillot sur les épaules, souligne Marion. Concernant l’équipe de France,  quand j'ai commencé à jouer ici, je voulais devenir internationale, mais en étant à Montpellier. Si j'étais devenue internationale sous un autre maillot que celui de mon club de cœur, il m’aurait manqué quelque chose quelque part, parce que je suis très attachée au MHSC. Le fait que plusieurs joueuses formées ici soient devenues internationales montre tout aussi le bon travail qui est effectué à Montpellier.»

Depuis, le MHSC s’est encore plus internationalisé et Marion est actuellement la seule joueuse de l’équipe de France de l’effectif. Un changement forcément radical par rapport à ses débuts : « Le MHSC reste un grand club et s'il n'y a pas d’internationales françaises disponibles, le club se donne les moyens d'aller chercher des internationales étrangères. Il ne faut pas oublier non plus que le marché a changé : les clubs recrutent plus à l'étranger mais il y a aussi des Françaises qui s'exilent dans d’autres championnats, ce qui n’était pas le cas quand j’ai démarré. De toute façon, il n’y a que les résultats qui donneront envie aux joueuses de venir chez nous, qu’elles soient Françaises ou non. »

UN ATTACHEMENT TRèS FORT

Aujourd'hui, quand on a des mauvais résultats, on voit très bien que Laurent est triste comme son père l'était quand ça nous arrivait à son époque, ça nous touche et ça nous pousse forcément à faire mieux.

Les résultats sont moins bons depuis cette fameuse campagne de Ligue des Champions, l’effectif a beaucoup bougé, mais Marion a choisi de rester : « Les résultats se sont un peu dégradés et quand tu vois les joueuses avec qui tu as grandi, partir, c'est forcément compliqué. Par moment, j'ai eu du mal à relever à tête moi aussi. La saison dernière a été catastrophique, on n’était pas habituée à ça, mais, au fur et à mesure, ça commence à revenir. De toute façon, on ne prend du plaisir que dans la gagne ; C'est le cas en ce moment donc tant mieux. On essaie de tout donner pour retrouver le haut du tableau qui est la place de Montpellier. »

Dans les moments plus difficiles, son amour du club a sans doute fait la différence : « Avec le temps, il y a forcément un côté affectif qui s'installe. Tu prends des habitudes, tu rencontres des personnes que tu apprécies… J'ai vécu pratiquement toute mon adolescence et ma vie de jeune femme à Montpellier, sourit Marion, et puis il y a cet attachement à la famille Nicollin, que ce soit Louis qui nous a malheureusement quittés et aujourd'hui avec Laurent. C'est quelque chose de particulier qui est difficilement descriptible ou comparable à autre chose puisque je n'ai jamais connu d'autre club, mais qui est très fort. Aujourd'hui, quand on a des mauvais résultats, on voit très bien que Laurent est triste comme son père l'était quand ça nous arrivait à son époque, ça nous touche et ça nous pousse forcément à faire mieux. L'attachement au club vient aussi du fait de voir ces personnes heureuses quand tu gagnes et malheureuses quand tu perds, d'avoir connu des bons moments mais aussi d’autres plus difficiles. »

EN RECONQUÊTE MAIS SANS PRESSION

ça fait très plaisir aussi de voir que chez les filles comme chez les garçons, des jeunes joueuses issues du club qui ont la grinta et l’amour du maillot pointent le bout de leur nez en équipe première

Dans le sillage de son équipe Marion a vécu un début de saison compliqué – « Il y a eu plusieurs facteurs, notamment personnels qui ont fait que ça a été difficile pour moi à un moment donné ; mais petit à petit ça s’est réglé et je me sens de mieux en mieux. » – mais les résultats récents des Montpelliéraines qui restent sur 6 victoires sur les 7 derniers matchs lui ont remis du baume au cœur : « Nous avons amélioré plein de petites choses, je sens que l’équipe joue de mieux en mieux ensemble et ça donne envie d’aller toujours plus loin, explique-t-elle. Il y a eu des départs, des arrivées qui nous ont fait du bien ; ça fait très plaisir aussi de voir que chez les filles comme chez les garçons, des jeunes joueuses issues du club qui ont la grinta et l’amour du maillot pointent le bout de leur nez en équipe première. C’est quelque chose de très important. »

Pour toutes ces raisons, et même si elles savent que « le challenge sera difficile face à une si belle équipe de Lyon », - les Montpelliéraines ont donc retrouvé le sourire à l’heure de recevoir l’OL ce samedi à Grammont : « Aujourd’hui, on a une équipe conquérante qui a envie de jouer ensemble, de faire les efforts ensemble et je pense que ça se voit sur le terrain, dans l'attitude et au niveau des résultats, explique Marion. Ça nous permet d’être plutôt bien classée mais on peut toujours faire mieux, il ne faut pas se relâcher et continuer à aller de l'avant. Nous connaissons nos qualités, nous savons de quoi nous sommes capables, nous savons aussi sur quoi nous devons nous améliorer et nous y travaillons au quotidien à chaque entraînement. On joue avec nos armes tout simplement. Ce match contre Lyon, on l’aborde sans pression. On arrête de se donner des objectifs, on se dit que ça ne sert à rien de parler. L’essentiel c’est d’aborder le match qui vient, quel que soit l’adversaire avec l’envie de se donner à fond. On essaie juste de mettre les ingrédients, de bien travailler ensemble et on verra. Ça va se jouer au mental, à la rage. » Ça ressemble à l’Esprit Paillade en fait… et ça, Marion connaît bien    

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