Marion Torrent : « Croire en nos chances » | MHSC Foot , billetterie Montpellier Hérault, mhsc match, match Montpellier, led publicitaire, panneau publicitaire led

Marion Torrent : « Croire en nos chances »

Avant le choc face au Paris-Saint-Germain (samedi, 20h45, dans la Capitale), la capitaine montpelliéraine se livre sur la situation actuelle de son équipe. Un entretien tout en sincérité, à l'image du personnage.

Marion, tu t'es mise à l’anglais durant l'intersaison ?
J'ai pensé à m’inscrire sur Babel pendant la période de confinement ; c'est fait, maintenant il faut commencer la première leçon ! (sourire). C'est vrai que nous avons de plus en plus de joueuses étrangères dans l’effectif, donc, pour faire le lien, il faut s’y mettre afin de se comprendre un peu mieux, au-delà de l'aspect footballistique. Je parle l'espagnol par rapport à mon grand-père et donc l'anglais pour le club, en plus du français (rire).

Plus sérieusement, le groupe a pas mal évolué cet été. Comment l’as-tu vécu ?
C’est vrai qu'il y ait eu pas mal de départs de joueuses qui étaient là depuis longtemps, dont mon amie Sakina Karchaoui. Ça fait bizarre parce que j'étais constamment avec elle. On aimait travailler ensemble avant et après les entraînements pour peaufiner certaines choses, on discutait beaucoup, notamment en déplacement ; donc ça fait un vide, même si je le fais aujourd'hui avec d'autres joueuses dont Marie-Charlotte (Léger) et Cindy (Perrault) avec qui  je m'entends très bien. Chacun a sa carrière, chacun a ses ambitions et ses nouveaux projets. Je souhaite le meilleur à celles qui ont quitté le club à l’intersaison. Ça nous arrive d'échanger des messages dans un sens ou dans l’autre, de féliciter Valérie (Gauvin) pour ses buts avec Everton ou Sakina pour sa Ligue des Champions remportée avec Lyon. Pour l'instant on n'a pas trop pu féliciter Sandie (Toletti) qui vient à peine de démarrer sa saison en Espagne, mais j'espère qu'elle fera une bonne année avec Levante. Quant à Marion Romanelli, elle s'épanouit dans ses études pour son futur métier de kiné et c'est bien pour elle. Il y a eu des départs c'est certain, mais le club a aussi engagé des joueuses intéressantes. Le groupe vit bien, les recrues se sont adaptées assez vite. Dominika (Skorvankova), par exemple pour ne citer qu’elle, a une mentalité dynamique, elle a toujours le sourire, ça donne une bonne ambiance. On voit qu'il n'y a pas de timidité excessive de la part de l'une ou de l'autre des recrues. Tout se passe bien, chacune prend peu à peu ses marques et sa place. C'est vrai qu'au départ les étrangères se regroupent plutôt entre elles pour contourner la barrière de la langue mais elles essaient de s'ouvrir à nous comme on essaie de s’ouvrir à elles. Le reste va venir avec le temps et leur apprentissage de la langue française.

ce groupe est sur une voie positive

Comment analyses-tu le début de saison ?
Pour l'instant, nous sommes invaincues, donc c'est plutôt positif. Le contenu de notre premier match à Fleury était plutôt bon mais nous n'avons pas su concrétiser certaines occasions et d'autres n'ont pas été validées par l'arbitre. Maintenant, il ne faut pas s'arrêter là-dessus. On a su relever la tête et enchaîner 3 victoires depuis, notamment à Soyaux (4-1) où nous avions eu des difficultés l'année dernière. Quand tu rentres de sélection, avec les voyages dans les pattes, ce ne sont pas des rencontres évidentes à négocier, mais nous avons su le faire, donc c'est bien. Le dernier match contre le Paris FC a été compliqué, comme toujours contre cet adversaire. On n'a pas pu montrer l'intégralité de notre qualité de jeu, parce qu'il y avait moins de mouvements, plus de fatigue, mais on a serré les dents et tout s'est joué dans la tête et dans le coeur avec cette victoire dans les dernières secondes alors que nous étions menées (2-1 au final)

Dans un fond, cette victoire dans les dernières secondes n’est-elle pas le meilleur des scénarios pour fédérer encore plus un groupe ?
Nous avons savouré cette victoire parce que nous y avons cru jusqu'au bout… Quand tu gagnes dans les dernières secondes alors que tu n'es pas forcément au top dans le jeu, ça se savoure d'autant plus. Il n'y a qu'à voir la joie sur notre but de la victoire pour comprendre que ce groupe est sur une voie positive ; même si, personnellement j'étais tellement cuite que je n'ai pas plus aller fêter le but (rire). Ce sont de belles victoires et de beaux moments à vivre. Il était très important de gagner chez nous contre le Paris FC, nous l’avons fait, et cela nous donne de la force à l’heure d'affronter le PSG ce samedi soir (20h45).

ne pas avoir peur de jouer et  prendre du plaisir sur le terrain

Pour toi qui es très proche des supporters on imagine que voir le stade vide est aussi quelque chose de difficile ?
De toute façon, on n'a pas le choix. Ce n'est pas nous qui décidons. Les supporters apportent toujours beaucoup, que ce soit chez les garçons ou chez les filles. L'ambiance fait partie du foot et elle fait des différences car elle aide à se transcender. Malheureusement, aujourd'hui, la situation sanitaire est telle quelle est, et nous devons faire avec.

Comment abordes-tu le match de samedi sur la pelouse du PSG ?
C’est ‘’bateau’’ de dire ça, mais il va falloir l'aborder avec sérieux. C'est le genre de rencontre qui se joue sur des détails. Il faudra être rigoureuses sur tous les aspects du jeu. Je dirai que le plus important, c'est de se concentrer sur nous, plus que sur notre adversaire, même si on connaît la qualité de ce dernier. C'est à nous de poser le jeu que nous avons envie de mettre en place et de bien communiquer sur le terrain, sur chaque action. L'idée, c'est de ne pas avoir peur de jouer et de prendre du plaisir sur le terrain parce que le football, même s'il y a de l'enjeu, reste quelque chose de beau, surtout dans la période actuelle. Si on ne prend pas de plaisir, c'est sûr qu'on ne fera jamais les choses à fond et qu’on n’ira pas au bout de ce qu’on veut faire. Je pense que notre équipe a suffisamment de caractère pour ne rien lâcher et croire en ses chances jusqu'au bout.

Cela fait 16 ans, bientôt 17, que tu es au MHSC. Comment arrives-tu à te remotiver  chaque année ?
Chaque saison, avec l'équipe, on se doit de se donner des objectifs et de tout donner pour les atteindre. Depuis que je suis au club, on finit toujours dans les quatre premiers. Pour la première fois cette saison, être sur le podium peut nous assurer une place pour la prochaine Ligue des Champions et c'est vraiment ce que nous visons. On y pense, c'est certain, mais il faut jouer les matchs les uns après les autres et se focaliser uniquement sur le week-end qui arrive et non pas directement sur la fin de saison… sinon on risque d'avoir des déconvenues. la Coupe de France qui est aussi un objectif important pour le club. Sur un plan personnel, on essaie toujours d'améliorer ce qui peut être amélioré, de peaufiner ce qui ne va pas, d'aller chercher plus, plus haut, plus loin. Collectivement comme personnellement, il faut toujours se donner pour objectif d'être meilleure que la veille.

il faut toujours se donner pour objectif d'être meilleure que la veille

Cette longévité dans notre groupe montre ton attachement au MHSC et renforce aussi ton statut d'emblème du club. Comment vis-tu cet aspect-là ?
Avec le temps, j'essaie simplement d'inculquer les valeurs du club aux personnes qui arrivent. J'essaie aussi de leur donner des petits conseils, notamment aux jeunes. Parfois c'est difficile car il faut être exigeante. Je n'ai pas envie de leur faire de la peine ou quoi que ce soit mais comme je leur dirai à la fin, c'est pour elles que je le fais. Quand je suis arrivée ici, j'ai eu la chance de rencontrer des joueuses qui m'ont poussée, qui m'ont donnée des conseils et, au final, ça m'a beaucoup servi, donc j'essaie de leur inculquer ça aussi. Au-delà d’être  performante sur le terrain, ça passe aussi par donner une bonne ambiance dans l'équipe pour que tout le monde se sente bien et puisse s'épanouir dans ce groupe. Nous avons des très bonnes joueuses mais c'est vraiment l'équipe qui prime avant tout. Ce sont les valeurs et la mentalité qui donnent le ton à notre équipe. L'esprit Paillade ne se traduit pas en anglais mais ça s'explique assez facilement : c'est garder un état d'esprit familial et faire comme nous avons fait contre le Paris FC : même quand on est moins bien, il faut se donner à fond jusqu'au bout et faire passer ton équipe avant le statut individuel parce que, même si aujourd'hui tu ne joues pas assez, peut-être que demain, c’est toi qui donnera la victoire à l’équipe. L'esprit Paillade ; c’est se donner à fond, ne pas être égoïste et penser collectif. Sur le plan plus individuel, mon objectif est de continuer de travailler et d'apporter tout ce que je peux apporter à l'équipe. L'objectif aussi d'accrocher régulièrement le groupe en équipe de France, de pouvoir jouer et de porter haut les couleurs du Montpellier Hérault en équipe nationale également

Tu as marqué lors du dernier rassemblement de l'équipe de France ton premier but en bleu. Quel souvenir en gardes-tu ?
C'était évidemment un grande émotion. Je ne devais pas forcément être placée à cet endroit pour le corner qui a amené le but mais j'ai pris mes responsabilités et j'ai tenté ma chance sans me poser de questions. J'ai pu enchaîner une frappe depuis l'extérieur de la surface et le ballon a fini au fond. Ça fait plaisir, mais ça m'a aussi fait plaisir de voir Elisa (De Almeida, sa coéquipière au MHSC), marquer son premier but en bleu. Je suis contente pour elle, pour nous, pour l'équipe de France et pour mon club de Montpellier car nous portons aussi les couleurs montpelliéraines en équipe de France.

« Un moment important d’une saison »

En marge de cet entretien, notre capitaine est revenue sur l’opération Octobre Rose de la semaine passée lors des laquelle les Montpelliéraines ont porté un maillot rose. « Octobre rose fait partie des moments importants d'une saison depuis plusieurs années maintenant, a-t-elle expliqué. Nous apprécions toutes les valeurs véhiculées par cet événement et le fait que le club mette en valeur le collectif octobre rose qui œuvre pour la lutte contre le cancer du sein. C'est d’ailleurs très positif que ce maillot rose soit mis en place chez les filles comme chez les garçons. Ça prouve la solidarité du club face à cette grande cause. Il n'y a pas beaucoup de clubs qui le font. Ça nous permet aussi de nous démarquer sur ce point-là et de montrer notre solidarité »

 

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