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Ines Belloumou, sans complexe

Titulaire samedi dernier contre Fleury, la jeune latérale gauche de 19 ans n’a pas eu froid aux yeux malgré un contexte compliqué. Voilà qui nous a donné envie d’aller à sa rencontre avant l’entrée en lice en Coupe de France des Féminines du MHSC, ce dimanche en Coupe de France à Issy-les-Moulineaux (14h30).

On ne va pas se le cacher, jouer au football sans public n'est pas franchement une sinécure et encore moins une belle publicité pour le ballon rond. Il manque ce bruit, cette ferveur, voir des gens vibrer, sentir les décibels monter des tribunes au fur et à mesure que le ballon se rapproche des buts… Cependant, cela reste une chance que le foot pro ne s'arrête pas et continue de vivre. Cela nous permet aussi de découvrir d’autres choses. Parmi elles, l'attitude d’Ines Belloumou samedi dernier contre Fleury a marqué les esprits. Voir, ou plutôt entendre, ce bout de chou d’1.60m au visage d'adolescente briser le bruit assourdissant du silence, avait quelque chose de différent. De la première à la 90e minute, la native de Martigues n'a cessé de parler, de replacer ses deux coéquipières directes, Maëlys Mpome, placée à sa droite en défense et Ashleigh Weerden, placée juste un cran au-dessus d'elle dans le couloir gauche. Pas franchement commun pour une jeune fille de 19 ans mais bluffant et enrichissant « Le fait de parler fait partie de mon jeu, sourit-elle. C’est bien de communiquer quand on est en défense et, en plus, ça me met en confiance aussi. Quand j’étais avec les garçons, j’étais souvent capitaine. Ça vient sans doute de là en fait ».

L'histoire ne dit pas si Inès a lu les aventures d'Astérix, mais une chose est sûre, elle est tombée dans la marmite du foot quand elle était petite. Cadette d’une famille de six enfants (2 frères et 3 sœurs), elle a découvert le ballon rond dans les pas de ses deux frangins. L’ainé, Badradine, désormais retraité des terrains, a joué à Martigues, Marignane et évolué jusqu'en Ligue 2, à Sedan. Le plus jeune, Samir (26 ans), joue toujours, à Martigues, pensionnaire de National 2. « Je suivais mes frères partout. Ils sont des exemples pour moi. Ils m’encouragent tout le temps, quand ça va bien comme quand ça va mal, ils sont toujours là. Ce sont vraiment eux qui m’ont donné envie de faire du foot. »

Un rêve pour moi d'être ici

Formée au FC Martigues, comme son entraîneur Frédéric Mendy, Inès Belloumou a porté les couleurs du club sang et or de 5 à 15 ans. À cet âge où les filles ne peuvent plus jouer avec les garçons, elle a rejoint l'Olympique de Marseille avant de signer au MHSC durant l’été 2018. « Quand j’étais petite et que mes frères me demandaient où est-ce que je voulais jouer, le nom de Montpellier arrivait spontanément, se souvient-elle. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours aimé ce club, sa formation, ce qu’il représente. J’ai ressenti ça dès que je suis arrivée, en U19 et cela s’est encore accentué quand je suis passée avec l’équipe de D1. C’est un rêve pour moi d’être ici. »

Son profil de petit gabarit explosive, dribbleuse et très rapide, aurait pu en faire une ailière de grande qualité. Mais, là aussi, et bien malgré eux peut-être, ses frères ont joué un rôle important : « C'est vrai que les défenseurs latéraux sont souvent des joueurs offensifs au départ qui reculent ensuite, mais j’ai toujours voulu jouer à ce poste-là, explique cette admiratrice du Madrilène Marcelo et de l’ancienne pailladine Sakina Karchaoui. Mon frère ainé était défenseur et je voulais faire comme lui. J’ai toujours aimé attaquer et défendre… J’ai cette âme de défenseur. »

j’essaie simplement de jouer comme aux entraînements et d’apporter un maximum à l’équipe en faisant ce que je sais faire

Sakina… Il fallait bien que le sujet arrive sur la table comme on dit. Difficile de ne pas faire la comparaison tant son gabarit et les qualités de percussions d'Inès Belloumou pourraient pousser à la comparaison avec sa glorieuse aînée. A voir sa fougue, sa vitesse, ses dribbles on pourrait presque, en fermant les yeux, revoir ''Saki'' à ses débuts. Mais au-delà d'évoquer une quelconque comparaison sportive, Ines Belloumou, préfère retenir la bienveillance de la néo-Lyonnaise à son égard : « A mon arrivée au club, j'étais encore à l’Insep durant la semaine, tout en évoluant au MHSC le week-end. Durant les périodes de vacances scolaires, Jean-Louis Saez (alors entraîneur de la section féminine) me permettait de m'entraîner avec les pros et c'est là que j'ai rencontré Sakina, raconte-t-elle. Même si on évolue au même poste, elle a toujours voulu m’aider à aller plus haut, à gravir les échelons. Que ce soit sur le terrain ou en dehors, c’est vraiment une fille en or. »

Lancée en D1 par Frédéric Mendy lors du match à Soyaux la saison passée, elle a pris part à 9 rencontres toutes compétitions confondues lors du dernier exercice et a déjà à 3 matchs cette saison, le tout à seulement 19 ans. Et le pire, c'est qu'on ne sent pas chez elle une quelconque crainte de quoi que ce soit. « Je n’ai pas forcément de stress, j’essaie simplement de jouer comme aux entraînements et d’apporter un maximum à l’équipe en faisant ce que je sais faire, souligne-t-elle. Il est évident que quand tu arrives en D1, beaucoup de choses changent que ce soit en termes, d’intensité, de qualité technique… Je me suis rendue compte aussi que ça échangeait beaucoup plus ce que chez les jeunes et que je n’étais plus la seule à parler sur le terrain (sourire). Tout va beaucoup plus vite. Si tu es prise par la pression, tu peux vite cogiter. Il faut vite se mettre dans le bain. Quand j’ai vu qu’au poste de latérale, il y avait Sakina et Marion (Torrent), j’ai vite compris que c’était un niveau au-dessus mais elles m’ont rapidement adoptée dans l’équipe et m’ont super bien accompagnée. »

L’idéal, ce serait de marquer dès le début, de manière à nous mettre en confiance

Si son potentiel est à l'évidence très élevé, il lui reste évidemment beaucoup de choses à peaufiner, ce qui est normal vu son jeune âge. Au moment d'évoquer ses qualités, elle met instinctivement en avant son « agressivité défensive, c'est quelque chose que j'ai toujours eu et qui est un bagage très précieux dans le foot » ; sans oublier de préciser qu'il lui reste encore beaucoup de choses à améliorer dont sa propension à parfois  « vouloir trop apporter offensivement, ce qui génère beaucoup de courses et donc beaucoup de fatigue. Il faut aussi savoir garder de l'énergie pour mieux l'utiliser au moment opportun. »

Le discours est calme, posé, mais il n'a rien d'un encéphalogramme plat placé sous le signe de la langue de bois. Dans son jeu comme dans ses paroles, Inès Belloumou ne se cache pas, y compris au moment d'évoquer la saison de son équipe et son analyse a des allures de celle d'un vieux briscard : « Notre saison est un peu compliquée, reconnait-elle. Parfois on fait des bonnes performances, mais on n’arrive pas à concrétiser et c’est ce qui est décevant. En début de saison, il y avait un bon fond de jeu. Au fur et à mesure, quelques contre-performances ont cassé notre dynamique et, depuis, on a du mal à revenir. Après, même si on n’a pas gagné le week-end dernier contre Fleury, je trouve qu’on s’est donné à fond pour faire basculer les éléments du bon côté. J’espère que ça va finir par payer. En tout cas, je crois en cette équipe. »

nous avons ce logo sur la poitrine que nous devons respecter

Prochaine étape ce dimanche avec le déplacement à Issy-les-Moulineaux pour l'entrée en lice du club montpelliérain en Coupe de France (14h30). Un adversaire francilien que les Pailladines avaient battu 3-1 le 5 décembre dernier à Grammont en championnat : « ça n'était pas un match facile, mais, d’un autre côté, il n’y a pas de match facile en ou entre  D1, estime Inès. C’est un match à prendre au sérieux comme tous les autres. L’idéal, ce serait de marquer dès le début, de manière à nous mettre en confiance et je suis persuadée que, si on arrive, on pourra ensuite dérouler notre jeu. C’est souvent ce qui nous a manqué lors des derniers matchs. On a du mal à marquer le premier but, ça frustre et ensuite parfois on déjoue. Il faut essayer d’éviter ça. », Ajoute-t-elle avant de conclure : « C’est le moment de prouver que nous sommes toujours Montpellier et que nous avons ce logo sur la poitrine que nous devons respecter. On va tout faire pour aller le plus loin possible dans cette compétition. » Une joueuse d’expérience n’aurait sans doute pas dit mieux… et Inès ne devrait pas tarder à en acquérir.

 

 

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