Soirée étoilée à Hambourg (1ère partie)

Il y a 20 ans, le MHSC remportait la Coupe Intertoto en battant Hambourg en Allemagne à l’issue d’un parcours atypique, obtenant ainsi sa qualification pour la coupe de l’UEFA (désormais Europa League). Deux décennies plus tard, retour sur un des épisodes marquants de l’histoire du club

Son nom faisait autant rire que ce que son placement sur le calendrier  ‘‘emmerdait’’ les entraîneurs. À tel point que la Coupe Intertoto était la seule coupe d’Europe auquel un club pouvait refuser de participer. Il faut dire que cette coupe d’été, placée en juillet et en août, permettait certes de s’offrir une place en coupe d’Europe, mais au prix d’un marathon estival qui pouvait s’avérer dangereux pour les organismes comme pour l’ensemble de la saison à venir.

Durant cet été 1999, le MHSC, 6ème du classement la saison précédente, n’avait pas eu besoin d’un désistement pour y participer. C’était d’ailleurs déjà la 3ème fois que le club du Président Louis Nicollin prenait part à cette compétition. Finaliste malheureux l’année précédente, le club héraultais apprenait cependant une bonne nouvelle : cet été-là, fini les phases de poule - qui avaient vu le club pailladin affronter des clubs prestigieux comme les Allemands de Cologne ou les Hollandais de Groningen – place uniquement à des matchs à élimination directe par match aller - retour. « Quand je repense à cette Coupe Intertoto, je me souviens de matchs d’un très bon niveau international et de belles oppositions. Cette coupe d’Europe nous avait énormément motivés puisqu’on avait joué avec de belles équipes », raconte Philippe Delaye.  « L’Intertoto apportait l’expérience d’une compétition internationale, une autre approche, un autre niveau. Le fait de te préparer, d’affronter des équipes qui évoluent dans d’autres championnats t’amenait une expérience intéressante, reprend Nenad Džodić. Le seul problème, c’était le calendrier : On avait eu 15 jours de repos entre la fin du championnat précédent et le début de la préparation de la suivante c’était vraiment très court. L’équipe était de qualité mais ce timing nous avait obligé à sauter certaines étapes au niveau de la préparation. On avait bien démarré, puis, petit à petit, on l’avait payé. »

DE BAKOU A HAMBOURG

Le 1er adversaire offert par le tirage au sort se nomme le Karabagh Agdam, un nom qui ne vous dit peut-être rien mais qui est simplement celui du club de la capitale azéri: Bakou. Sans faire l’ancien combattant, on était encore loin de la ville qui a accueilli en grandes pompes la finale de l’Europa League entre Chelsea et Arsenal à la fin du mois de mai dernier. Encore marquée par de nombreuses années sous régime communiste, cette ancienne partie de l’URSS, à peine indépendante s’ouvrait à l’Europe et c’est une terre quasiment inconnue que les Pailladins ont découvert à l’issue d’un très long voyage. « Cette destination était une découverte pour nous. Nous étions très motivés, se souvient Philippe Delaye. La pelouse était assez mauvaise et la chaleur suffocante. Hors du terrain, on sentait à travers l’architecture notamment, l’influence communiste. » Emmenés par le duo improbable constitué du regretté Victor Sinet (alors rédacteur du magazine du club) et de Sydney Biton, tous deux chefs de délégation, les Héraultais débarquent donc à Bakou après seulement deux semaines d’entraînement pour le match aller. Une mise en jambes conclue par un succès 3-0 qui est confirmé par un véritable festival offensif une semaine plus tard avec une victoire 6-0 à la Mosson. Une soirée au cours de laquelle Nenad Džodić s’était offert le 1er doublé de sa carrière en pros. « J’étais très heureux de marquer ce doublé. Cette saison-là, je finis même co-meilleur buteur de la compétition avec Patrice Loko (3 buts). Ça m’avait donné beaucoup de confiance. Il faut dire aussi que j’étais bien servi, notamment sur les coups de pied arrêtés. » « Nenad a toujours marqué beaucoup de buts pour un défenseur central mais il avait travaillé toutes les vacances, sourit Philippe Delaye. Dès le 1er entraînement, il était affuté comme une lame. Nous nous demandions même s’il n’allait pas monter d’un cran. Il a souvent marqué en Coupe de la Ligue aussi, c’était un buteur de Coupes. »

Deuxième adversaire, l’Espanyol de Barcelone. Un nom déjà un peu plus ronflant et une affiche plutôt sympathique que les Montpelliérains négocient bien au match aller dans le stade olympique de Montjuïc et s’imposent 2-0 avec des buts de Loko et Nenad Džodić. « Nous avions été très solides et avions réalisé un match sérieux, reprend Philippe Delaye. Je crois que les Barcelonais n’étaient pas aussi prêts que ce qu’on pouvait l’être et ça s’est inversé au match retour où ils étaient beaucoup plus affutés physiquement. » Avec là encore, un but de Nenad : « J’étais en forme à ce moment-là, sourit l’intéressé. Ça devait être les cheveux mi-longs ! Plus sérieusement, j’étais en confiance, je ne sais pas trop comment l’expliquer. C’est  comme des buteurs, c’est cyclique. » Au match retour, la victoire est aussi au rendez-vous mais sur un score un peu plus étriqué (2-1) avec un but de Philippe Delaye. La sale nouvelle de la soirée, c’est la blessure à la main du gardien Stéphane Cassard, contraint de déclarer forfait pour le début du championnat (un déplacement périlleux à Lyon qui vient alors de s’offrir un partenariat avec Pathé en même temps qu’un recrutement cinq étoiles avec Anderson, Vairelles et Laigle), mais aussi et surtout pour le tour suivant de Coupe Intertoto contre Duisbourg.

En Allemagne, dans une ambiance assez champêtre, les Montpelliérains réalisent un résultat positif (1-1) et marquent ce but à l’extérieur si important en Coupe d’Europe. « A Duisburg, on a changé de décor, raconte Nenad Džodić. Le stade était quasiment plein et il y avait une sacrée ambiance. Je peux vous dire qu’ils avaient vraiment pris le match au sérieux. Cette équipe allemande était plus physique que technique mais au niveau intensité ça y allait ! » Au retour, l’affaire est un peu plus facile et les hommes de Jean-Louis Gasset s’imposent 3-0. Vient alors l’heure de la finale avec un autre club allemand au menu, le mythique Hambourg SV. A l’aller à La Mosson, la feuille de match a fière allure  côté allemand avec des internationaux en puissance tels que Grammozis (Grèce), Kovac (Croatie et actuel coach du Bayern Munich), Mahdavikia (Iran), Yeboah (Ghana, qui a longtemps fait les beaux jours de Leeds) ou bien encore l’Argentin Cardoso et l’Allemand Prâger. Devant au tableau d’affichage au quart d’heure de jeu grâce à Patrice Loko, le MHSC concède le but de l’égalisation à dix minutes de la fin sur une tête de Panadic, consécutive à un corner. Le MHSC devra donc marquer au retour dans le club du nord de l’Allemagne.  « Hambourg était une équipe solide et expérimentée avec beaucoup d’internationaux. Nous nous sommes dit à ce moment-là que le match retour serait très compliqué. », se remémore Philippe Delaye.

Demain, 2e et dernière partie de notre dossier consacré au succès en Coupe Intertoto avec le récit de la finale retour à Hambourg

 

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