Boris Massaré : « Que lo melhor ganhe ! »

Autour du derby d'Occitanie de dimanche entre le MHSC et le TFC, le Montpellier Hérault SC a décidé d'impliquer la sélection occitane de football de différente manières autour de cette rencontre. Entretien avec Boris MaSsaré, natif de Béziers, capitaine de la sélection et secrétaire de l'association.

Boris, quel a été l’objet de votre venue à Grammont ce mercredi ?

C’était déjà dans le but de nous présenter en tant qu’équipe d’Occitanie de football. Le MHSC nous l'a proposé dans le cadre du premier derby d’Occitanie de dimanche face au TFC au stade de La Mosson et j'en profite donc pour le faire dans cette interview. On a deux sélections, la sélection masculine et la féminine qui sont respectivement en place depuis 2004 et 2016.  Chaque année on participe à des compétitions internationales face à d’autres minorités linguistiques ou peuples non reconnus comme le Kurdistan, la Laponie, le Tibet ... et nous, nous sommes présents pour représenter notre langue qui est l’Occitan. Il est encore parlé dans les écoles bilingues français/occitan, les calendrettes, dans tout le Sud de La France. Il est aussi reconnu officiellement en Catalogne et en Italie comme langue officielle car il y a des personnes à leurs frontières qui parlent occitan. Nous essayons donc de mettre en valeur la langue occitane et les valeurs qui sont associées : le partage, la solidarité entre les peuples et entre nous aussi grâce au football.

Le partage, c’était un peu le but de votre venue ce mercredi puisque le MHSC via son Fonds de dotation a voulu vous impliquer autour du derby d’Occitanie de dimanche…

l’occasion de les sensibiliser les jeunes du MHSC à l’histoire de l’Occitan, de leur donner un cadre historique à propos des terres sur lesquelles ils sont.

On est supers contents que le MHSC nous ait impliqué et soit intéressé par notre association et notre démarche. On est ravi que quelques-uns d’entre nous aient pu venir assister à l’entraînement : Isabelle Dedieu (ASPTT Montpellier), Guillaume Lafuente (AS Fabrègues), Benoit Soro (Entente Saint Clément Montferrier) et moi-même. Et qu'on ait pu faire quelques photos avec le groupe pro avant d'avoir été conviés le soir à donner une présentation aux jeunes du centre de formation du MHSC. Avec les événements qui sont aussi associés autour du derby entre le MHSC et le TFC, c’est intéressant de lier des amitiés entre Montpelliérains et Toulousains ou même entre tous les habitants de la région. Là encore, et dans ce sens, le MHSC nous offre la possibilité de doubler le live tweet du club en Occitan durant la rencontre depuis le stade ce dimanche à leurs côtés. C’est un excellent moyen de partage qui nous est donné.

Parles-nous de cette présentation que vous avez fait aux jeunes U17 du MHSC ?

C’était notamment l’occasion de les sensibiliser à l’histoire de l’Occitan et de l’Occitanie, de leur montrer à quel endroit ils sont à l’heure actuelle et comment c’était avant afin de leur donner un peu un cadre historique à propos des terres sur lesquelles ils sont. C’est Didier Amiel qui l’a faite, c’est notre coach emblématique depuis 2008 en sélection occitane. Il est professeur à la retraite et vigneron depuis pas mal de générations dans le cœur d’Hérault et donc avec nous depuis presque 10 ans. Il est passionné de foot et de langue occitane ou même espagnole, catalane, d’histoire etc. C'est vraiment un puits d’information et un très bon communiquant qui sait faire passer les choses avec simplicité.

Êtes-vous soumis à un examen de passage au niveau de la langue et de l'histoire pour intégrer la sélection ? Et d'où viennent vos joueurs?

Il n’y a pas de critère exact, c’est uniquement celui qui se sent intéressé par l’Occitan et ce qu’on représente qui peut postuler à intégrer la sélection. Il ne faut pas forcément parler l’Occitan mais être intéressé car on a des cours de base de la langue et d’histoire à chaque fois qu’on se réunit. On peut même venir d’ailleurs que d’Occitanie si on a vécu longtemps ici et qu’on se sent attaché à la région. L’unique chose que l’on demande, c’est de savoir chanter l’hymne occitan, le « Se Canta » qui se prononce « Se Canto », avant les rencontres. En ce qui concerne les joueurs de la sélection, Didier a une base de 60 joueurs (de CFA à DH) dont une vingtaine de l’Hérault (Béziers, Agde, Sète, Montpellier), une quinzaine du Toulousain et le reste de l’Aude, du Gers, du Gard, de l’Aveyron, de Valence, du Pontet et d’Avignon, de vers Bordeaux ou de Pau, Auch ainsi qu’un Italien qui vit à la frontière du côté de Turin dans la vallée occitane italienne. Sa langue principale est l’occitan, c’est ce qu’il parle avec son père.

Pourquoi joue t-on comme toi pour la sélection occitane et pourquoi veut-on apprendre à propos de cette culture ?

Les deux clubs se ressemblent car ils prônent un côté familial, des valeurs humaines dans lesquels la sélection occitane se retrouve  

Je pense que le sélectionneur Didier Amiel essaye de former un groupe avec des valeurs communes comme l’esprit d’équipe, la solidarité afin également de promouvoir le beau jeu et de prendre du plaisir ensemble. Autant pendant le match qu’autour des matchs quand on essaye de communiquer au mieux entre nous et d’avoir un côté festif. La convivialité, c’est quelque-chose d’essentiel pour nous, autant entre nous qu’avec nos adversaires. On organise toujours des banquets avec des danses occitanes pour faire découvrir aux autres peuples nos traditions et quelle est notre culture. On invite aussi un groupe de chez eux, à l’image des Lapons qui étaient venus avec des personnes en tenues tradionnelles. 

Comment abordez-vous en tant qu’amateur de football la rencontre de dimanche entre le MHSC et le TFC  d’un point de vue footballistique et culturel ?

On est une moitié de joueurs qui ont grandit autour de Montpellier, qui ont été formés à Montpellier et une autre moitié plutôt du Toulousain. Alors chacun aura son cœur qui penchera peut-être d’un côté ou de l’autre. Mais d’un point de vue général, dans la sélection, je pense qu’on est davantage pour une bonne entente entre les deux clubs et dans la région. Cela fait du bien à tous les joueurs amateurs d’avoir des événements de ce type et présentés comme une fête de l’Occitanie. On est content des actions menées en commun avec vous. Après, au niveau des deux villes, il y a historiquement plus d’initiatives à Toulouse qu'à Montpellier car les rues ont par exemple leur nom en double signalétique français/occitan. Le drapeau de la ville est également la croix occitane. Donc, historiquement, Toulouse présente un peu plus d’initiatives visibles au niveau de la culture occitane. Les deux clubs, par contre, se ressemblent davantage car ils prônent un côté familial, des valeurs humaines et une bonne entente, des valeurs dans lesquelles notre sélection peut se retrouver.

Le mot de la fin ?

Vos desiri a totes un polit rescontre de fotbòl e de passar una bona dimenjada davant aqueles derby e fèsta de l'Occitània entre Montpelhièr e Tolosa. A lèu lèu e que lo melhor ganhe ! (*)

(*) Je vous souhaite a tous un superbe match de football et de passer un bon dimanche devant ce derby et cette fête de l'Occitanie entre Montpellier et Toulouse. A bientôt et que le meilleur gagne !

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