Portrait : Casimir Ninga connait la chanson

Arrivé en fin de mercato, l’attaquant tchadien est une des bonnes surprises du recrutement héraultais. Portrait

 

Lors de son arrivée, on s’est demandé quand les supporters de la Butte Paillade allaient chanter l’île aux enfants. Finalement, il n’aura pas fallu attendre bien longtemps. Dès son 2e match, face à Bastia, le 1er à La Mosson, Casimir Ninga a déclenché le Juke Box des afficionados de La Mosson en inscrivant un but d’une superbe reprise de volée, ressuscitant ainsi le générique du célèbre dessin animé des années 80. Une performance qui a été suivie par d’autres belles prestations et qui méritent donc qu’on s’y attarde, encore plus suite à son superbe doublé inscrit à Lyon vendredi dernier. Après le temps des rires et des chants, il est donc venu le temps de Casimir Ninga.

Né à N’djamena, la capitale du Tchad, le jeune attaquant montpelliérain (22 ans) est issu d’une famille nombreuse et compte 5 frères et 3 sœurs. Si chez les Ninga, le foot a souvent occupé une place de choix, Casimir est pourtant le seul à en avoir fait son métier. « Au départ, mon père n’y était pas trop favorable, sourit-il. J’ai commencé dans la rue, dans mon quartier comme la majorité des joueurs de mon pays vu qu’on n’a pas d’école de foot au Tchad. J’ai tout fait pour travailler ce don que Dieu m’a donné. »

Doué, Casimir Ninga l’était assurément. Attaquant puissant, rapide et mobile, il a d’abord évolué dans son pays natal dans la formation du Renaissance Football Club avant de partir au Gabon dans le club de Mangasport. C’est là que le MHSC l’a repéré puis recruté fin août après un essai jugé fructueux. « J’en suis vraiment très heureux, souligne-t-il. J’ai été très bien accueilli par mes coéquipiers et je progresse beaucoup à leur contact. Nous avons aussi un grand entraîneur qui me donne beaucoup de conseils me fait confiance. Je me sens vraiment bien dans ce groupe. »

Sur le terrain, cet attaquant polyvalent (il peut jouer à gauche, à droite ou dans l’axe) a amené sa vitesse, sa puissance et surtout son insouciance à l’attaque montpelliéraine. Et son temps d’adaptation à la Ligue 1 s’est avéré beaucoup plus rapide que prévu: « La différence entre ce que j’ai connu auparavant et le championnat de France est assez importante, tempère-t-il. Ici, c’est beaucoup plus intense, il faut être au top physiquement mais aussi techniquement car le niveau est très élevé. Tout va plus vite, il n’y a pas de temps mort. Tu dois toujours être en mouvement et travailler pour l’équipe que ce soit défensivement ou offensivement. Quand tu n’es pas au top physiquement, tu ne peux pas jouer en France », synthétise-t-il. Lorsqu’on lui demande quelles sont ses références à son poste, Casimir Ninga évoque alors un joueur que n’ont pas oublié les supporters montpelliérains, un certain Olivier Giroud. « Je prends beaucoup exemple sur lui. C’est un très bon attaquant que ce soit physiquement, techniquement mais aussi dans son positionnement et ses déplacements », explique le n°29 montpelliérain. « J’ai commencé à le connaitre lorsqu’il jouait à Arsenal, mais mes coéquipiers m’ont expliqué qu’il avait joué ici. » On lui souhaite évidemment d’avoir le même parcours...

En attendant, comme Olivier qui avait marqué dès son 1er match officiel avec le MHSC (face à Györ en Europa League durant l’été 2010), Casimir Ninga n’a pas mis longtemps à trouver le chemin des filets avec le maillot pailladin sur les épaules. Ce fut le cas dès son 2e match avec le MHSC face à Bastia le 24 octobre dernier. « C’est un moment que je ne peux pas oublier, sourit-il. Le centre de notre capitaine Vitorino Hilton était très bon et puis j’ai réussi à faire cette reprise et à marquer. Un super moment. »

Du coup, Casimir Ninga est devenu le 1er joueur tchadien à marquer en Ligue 1 depuis Japhet N’Doram le 8 aout 1997 avec Monaco. L’occasion d’évoquer avec lui l’ancienne idole de la Beaujoire (et malheureusement éphémère de Louis II puisqu’il a dû mettre un terme à sa carrière prématurément en raison d’une blessure au genou). « Au niveau des joueurs tchadiens, il y a d’abord eu Toko qui a joué au PSG, et, bien sûr, au milieu des années 1990, il y a eu Japhet N’Doram qui a joué à Nantes et Monaco », explique Casimir. « J’ai eu la chance de le rencontrer lorsqu’il était dans le staff technique de l’équipe nationale. Il m’a beaucoup conseillé, j’ai eu souvent l’occasion de discuter avec lui. Il me parle de mes défauts, mes qualités… Il a toujours été très sympa avec moi. » L’occasion aussi d’évoquer la sélection tchadienne. « C’est quelque chose d’important pour moi de jouer dans cette équipe, souligne l’attaquant montpelliérain qui est le plus jeune joueur de l’effectif actuel en sélection. Malheureusement on s’est fait sortir des éliminatoires de la Coupe du Monde après un déplacement difficile en Egypte où on a pris 4 buts en 10 minutes. Ça n’a pas été facile. On ne s’attendait pas à ça. Désormais, on doit se concentrer sur les éliminatoires de la CAN puisque nous sommes toujours en course pour la qualification dans cette compétition. »

En attendant, c’est bien avec le maillot du MHSC que Casimir Ninga va retrouver le chemin des terrains ce soir face au GFC Ajaccio. Une opportunité de plus de poursuivre sa progression, et pourquoi pas d’enchainer après le doublé inscrit à Lyon  « Il est certain que ces deux buts  m’ont fait énormément plaisir, même si j’ai raté plusieurs occasions de faire le break en première période. Ça m’aurait mis assez mal à l’aise si on s’était fait remonter au score. C’est la preuve que je dois encore beaucoup travailler pour progresser et être plus lucide devant le but, souligne-t-il. Collectivement, nous avons fait un très bon match. On a bien appliqué les consignes du coach et ça a payé.»  Et lorsqu’on lui demande s’il s’est fixé un nombre de buts à inscrire d’ici la fin de la saison, Casimir Ninga assure que non : « Je ne me donne pas de chiffre précis à ce niveau-là. Mon objectif est de me donner au maximum pour le MHSC, faire tout ce que je peux pour aider l’équipe et qu’on retrouve une bonne place au classement.» Un but ce soir serait en tout cas une nouvelle occasion d’entendre les supporters pailladins chanter l’île aux enfants en son honneur. « Je ne m’attendais pas du tout à ce que les supporters chantent mon nom. Ça m’a fait très plaisir, conclut-il. Ensuite on m’a expliqué la signification de l’air mais ce que je retiens c’est qu’ils ont scandé mon nom. Ça m’a donné beaucoup de courage et la force. Je remercie beaucoup les supporters pour tout ce qu’ils font pour nous. Je vais faire de mon mieux pour les rendre heureux. » Alors ? On remet le juke box ?

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