Marion Romanelli, en toute sincérité

A 21 ans, la latérale montpelliéraine concilie sa vie de joueuse du MHSC avec des études de kinésithérapeute. Avant le déplacement à Soyaux ce dimanche en championnat (14h30), cette jeune fille discrète évoque avec une grande maturité sa vision du foot et de la vie. Rafraichissant à plus d’un titre

Elle n’est pas du genre à sortir des longs discours formatés, ni, au contraire, des envolées lyriques originales dont sont friands les journalistes ; son ton à elle c’est celui de la sincérité. Elle est ainsi Marion Romanelli. Les caméras très peu pour elle. « Le terrain fait partie des lieux où je me sens le mieux car le foot fait partie de ma vie et a toujours été présent dans mon quotidien depuis toute petite, après, les caméras, les interviews, c’est un peu moins mon monde. » A l’aube du déplacement à Soyaux ce dimanche (14h30), la championne du Monde U17 avec les Bleuettes en 2012 a pourtant fait une exception et son discours est plus qu’intéressant, empreint malgré son jeune âge d’une maturité et d’un recul assez impressionnants.
Pour mieux comprendre son rapport si particulier avec le football, il faut se pencher sur son enfance. Née à Aix-en-Provence, Marion Romanelli est la troisième d’une famille de 6 enfants où le foot est le passe-temps préféré. Du jardin familial à tenter de stopper les dribbles de ses deux frères aînés à ceux de D1 féminine, le pas n’est pas aisé mais Marion l’a franchi par étapes. Du FC Lambesc (le club de son village, près de Salon-de-Provence), en passant par Pélissanne et Luynes Sport, le ballon rond a rythmé sa jeunesse. « Cette sensation de se dépenser, de réussir des choses sur un terrain est vraiment très agréable. Dans le foot, il y a aussi l’aspect humain et cette notion de collectif qui peut permettre de se tirer mutuellement vers le haut et d’aller plus loin ensemble. C’est aussi pour ça que j’aime tant ce sport. »

Dans le foot, il y a aussi l’aspect humain et cette notion de collectif qui peut permettre  d’aller plus loin ensemble. C’est aussi pour ça que j’aime tant ce sport.

Aller plus loin, c’est avec cet objectif en tête que cette latérale droite au profil de contre-attaquante et dotée d’une belle qualité de centre, a rejoint le MHSC durant l’été 2015. « Je suis passée par la D2 à Monteux, puis, à Albi, j’ai découvert la D1 dans un club au statut amateur au sein duquel j’ai eu l’opportunité d’avoir du temps de jeu, explique-t-elle. En arrivant ici, je voulais franchir un cap en rejoignant une structure un peu plus grande. »
Un peu plus de 2 ans plus tard, le pari semble gagné. Si, au début, sa timidité l’a un peu freinée, Marion Romanelli a peu à peu haussé son niveau pour rentrer en plein dans la rotation d’effectif de Jean-Louis Saez. « J’ai l’impression d’avoir progressé sur le plan technique, j’ai gagné en explosivité et au niveau de la prise d’information, mais je dois encore gagner en lucidité car quand je commence à fatiguer, mes pieds n’écoutent plus trop ma tête (sourire). Au-delà de cet aspect, je dois encore progresser dans tous les secteurs car quand tu fais du sport de haut niveau, tu te dois de penser à progresser tout le temps, à chaque match, à chaque entraînement et à chaque exercice. »

Une ténacité qui lui a permis de gagner du temps de jeu et de découvrir la Ligue des Champions puisqu’elle était titulaire lors du 8e de finale aller à La Mosson face à Zvezda-2005. « J’espérais jouer cette compétition un jour et je suis très heureuse de pouvoir la disputer avec Montpellier, explique-t-elle.  Ça me paraissait très loin il y a peu mais la saison dernière, quand on a vu qu’il était possible d’accrocher la 2e place, j’ai commencé à y penser. Lors de ce match contre Zvezda, le contexte est différent, l’émotion aussi, mais quand arrive le coup d’envoi, la finalité est la même : gagner »

important d’avoir quelque chose en complément du foot

Ce sera l’objectif des Montpelliéraines cette après-midi à Soyaux. Une rencontre au cours de laquelle les Montpelliéraines voudront poursuivre leur belle série actuelle, elles qui n’ont concédé qu’une seule défaite lors des 8 derniers matchs. « Collectivement, cela se passe plutôt bien. Nous sommes dans une bonne dynamique et les résultats sont positifs. Il faut continuer comme ça, souligne la n°13 montpelliéraine. De mon côté, je me sens bien dans ma tête. Cela est sans doute dû aussi au fait que j’ai pris un certain rythme avec mes cours qu’avant je n’avais pas. Du coup, je suis un peu plus sereine mais il ne faut pas que je le perde (sourire). »
Il est là l’autre grand défi de Marion Romanelli, celui d’associer son quotidien de sportive de haut niveau avec le MHSC avec des études puisqu’elle est actuellement en 2e année d’école de Kiné. Un double projet qui lui tient très à cœur. « Pour moi c’est très important voire indispensable. Au-delà de préparer l’après foot, d’avoir un diplôme, c’est important d’avoir quelque chose en complément du foot pour le lâcher prise et l’ouverture d’esprit. Quand le foot va moins bien les études t’aident à penser à autre chose et inversement, ça se complète. L’approche avec les patients, l’aspect humain, la découverte du fonctionnement du corps humain… Pour toutes ces raisons, ces études de kiné me passionnent »

Dimanche, c’est bien sa passion pour le foot que Marion espère assouvir sur le terrain contre Soyaux avec en toile de fond la volonté de jouer et de continuer à progresser. « Si je fais du foot, forcément c’est pour jouer mais il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas n’importe qui à mon poste au MHSC. A partir de là, ça doit me motiver, me tirer vers le haut pour m’aider à progresser encore plus loin. Même si parfois c’est dur car on n’est jamais enchanté d’être sur le banc, ça doit me motiver pour faire encore plus », sourit-elle. Mais quel est le secret de ce sourire quasi continuellement vissé sur son visage ? « J’essaie toujours de voir les choses du bon côté, de garder le sourire et d’essayer de relativiser. » Un sourire qu’elle aimerait bien un jour transporter chez les Bleues après avoir porté les couleurs de toutes les équipes de France de jeunes. « On veut toujours aller le plus haut possible et l’équipe de France, c’est quand même le top niveau alors, bien sûr que j’espère y arriver un jour. Je vais tout faire pour mais pour cela je dois continuer à travailler. » Vu son très bon état d’esprit et sa ténacité, espérons que le vœu de Marion sera un jour exaucé

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