Arsenal, Ligue des Champions, Panenka et frissons à La Mosson | MHSC Foot , billetterie Montpellier Hérault, mhsc match, match Montpellier, led publicitaire, panneau publicitaire led

Arsenal, Ligue des Champions, Panenka et frissons à La Mosson

Il y a 10 ans, le 18 septembre 2012, le MHSC disputait le premier match de Ligue des Champions de son histoire en recevant le club anglais. Flash-back avec les témoins de l’époque.

Il y a des images qui marquent plus que d’autres et qui vous font basculer dans une autre dimension. En voyant Arsène Wenger entrer dans la salle de presse du stade de la Mosson ce 17 septembre 2012, on venait brutalement de comprendre que le rêve était devenu réalité. Certes, depuis le titre des Montpelliérains acquis 4 mois plus tôt à Auxerre, il était souvent question de cette première campagne de Ligue des Champions, dans les articles et les conversations, mais là, en voyant cette image, le MHSC y plongeait vraiment « Voir le MHSC en Ligue des Champions, j’avais vraiment du mal à réaliser à l’époque, raconte Younes Belhanda. Ça a d’ailleurs fait partie de mes réflexions en vue de mon départ cette année-là. Je ne voulais pas partir parce que je me disais que je voulais vraiment jouer cette compétition avec mon club formateur. C’était un rêve de gosse. Voir mes coéquipiers la jouer et moi la disputer dans un autre club, ça aurait été difficile à vivre. On s’en parlait depuis l’époque de Serge Delmas puisqu’il nous taquinait là-dessus en disant qu’on avait les moyens d’y arriver avec notre génération dorée… et finalement, on y est parvenu. Je ne voulais donc pas rater cette dernière étape. » Lui aussi formé au club, Geoffrey Jourdren, de 4 ans son aîné, ne dit pas autre chose « On savait que ce serait le feu à la Mosson et ça l’a été. Avoir joué la Ligue des Champions après avoir vécu le maintien en Ligue 2 et la montée en Ligue 1, c’était vraiment quelque chose de magnifique, ajoute Geoffrey. Quand tu es footballeur, tu as envie de vivre des émotions et le Graal en termes d’émotions, en dehors bien sûr du titre de Champion de France, c’est la Ligue des Champions. »


Effectué quelques semaines plus tôt, le tirage au sort avait donc désigné Arsenal comme premier adversaire des Montpelliérains dans cette compétition, aux côtés des Allemands de Schalke 04 et des Grecs de l’Olympiacos du Pirée « Arsenal, c’était quand même un grand d’Europe. L’engouement est venu petit à petit, mais on sentait bien une ferveur particulière autour de ce match », raconte Geoffrey Jourdren. « Je pensais que c’était jouable parce que nous n’étions pas tombés sur le Real Madrid ou le Bayern Munich qui faisaient partie des très gros calibres de cette compétition, ajoute Younes Belhanda. Bien sûr que, à l’échelle de Montpellier, on affrontait de très gros clubs, mais on se disait vraiment qu’il y avait quelque chose à jouer, surtout avec l’équipe qu’on avait puisque, mis à part Olivier (Giroud) qui était parti, l’ensemble de l’équipe avait été conservée »

Olivier Giroud revient à la maison

Premier adversaire, Arsenal, donc, un grand nom du football anglais mais aussi et surtout, petit clin d’œil du destin, nouveau club d’Olivier Giroud figure de proue du titre de Champion de France des Pailladins quelques semaines plus tôt et qui se retrouvait à devoir affronter son ancien club, pour ce qui constituait, pour lui aussi, le premier match de Ligue des Champions de sa carrière. Un moment forcément particulier « J’étais évidemment super heureux de revenir et revoir les copains, moins de 4 mois après notre titre de Champion de France. C’était une chance vraiment !, souligne  Olivier. D’ailleurs, le destin est bien fait car, par la suite, j’ai toujours rejoué contre mes anciens clubs... (avec Chelsea contre Arsenal en finale d’Europa League, notamment en plus des matchs de Premier League)... Et le 5 octobre prochain, je retourne à Stamford Bridge avec le Milan AC en Champion’s League. »  

Entraînement, déco et playstAtion

En marge de la conférence de presse et du traditionnel entraînement de veille de match au cours duquel seul le premier quart d’heure était ouvert à la presse, on sentait la pression monter, l’odeur inimitable du parfum européen, mélange d’attente, d’impatience, de ferveur populaire et d’excitation d’être confrontés à des grands noms. Là aussi, la sensation d’avoir basculé dans un autre monde était présente à tous les étages. Il suffisait de regarder les émissaires de l’UEFA sillonner les couloirs du stade de fond en comble pour voir si tout était en ordre, ou bien encore de regarder les panneaux publicitaires de la Ligue des Champions fraîchement posés autour du stade pour couvrir ceux du championnat, pour comprendre qu’il s’agissait vraiment des choses sérieuses. « Pour moi, ce qui différencie la Ligue des Champions du reste des compétitions, autour du match du moins, c’est le côté logistique, explique Geoffrey Jourdren. Tout est calibré, minuté. On doit s’entraîner sur le terrain du match la veille du match, la mise au vert avait aussi été effectuée à un endroit différent de notre hôtel habituel. Ce n’était pas un match comme les autres. » De son côté, Younes Belhanda retient une image toute particulière : « La préparation avait été un peu différente puisque nous n’avions pas effectué la mise au vert à l’hôtel habituel. Nous étions au Nord de Montpellier. On savait que ce n’était pas quelque chose d’anodin, que ce n’était pas un match comme un autre. On était vraiment dans le bain d’entrée, raconte-t-il. La veille du match, lors du dernier entraînement, je me souviens que tout le stade de La Mosson avait été mis aux couleurs de la Ligue des Champions et de ses sponsors. Rien que de le regarder vide avec cette décoration-là, c’était déjà une émotion… alors je vous laisse imaginer le lendemain. C’était comme un rêve. On se pinçait pour se dire que c’était vrai, on aurait dit qu’on était encore à la Playstation. C’était magnifique, ça restera gravé à jamais dans l’histoire du MHSC. Je me souviens que quand on avait vu le stade comme ça, on s’était dit : ‘’Ça y est on y est !’’

Pas une question d’arrogance

Nous y sommes justement ! Le jour du match, il régnait une effervescence très particulière et rarement vue à Montpellier. L’affiche du match, montrant à l’époque René Girard et ses protégés sur un fond de la guerre des étoiles, traduisait bien l’ampleur du défi qui attendait les Pailladins. Au fil des heures, les supporters affluaient vers le stade de la Mosson jusqu’à remplir quasi complètement l’antre montpelliéraine. L’image de tous ces supporters chantant lors de l’échauffement et faisant monter la température jusqu’au coup d’envoi était magnifique… jusqu’au clou de cet avant match : lorsque les 22 acteurs sont entrés sur le terrain, accompagnés de la mythique musique de la Ligue des Champions « Quand tu joues à la PlayStation ou que tu regardes les matchs de Ligue des Champions à la télé, la première chose dont tu te souviens, c’est de cette fameuse musique ; tu la connais par cœur, sourit Younes Belhanda…  Mais quand tu es sur la pelouse avec ton club formateur, devant ton public et que tu l’entends pour la première fois, c’est vraiment une émotion particulière. On se demande même si c’est vrai. Tout le monde évoque cette musique de la Ligue des Champions, donc, c’est vrai que ça peut paraître un cliché, mais je vous jure que c’est le moment le plus marquant. C’est quelque chose d’extraordinaire. »
De son côté, Olivier Giroud avait lui aussi vécu un avant match très émouvant : « Je me suis limite trompé de vestiaire en arrivant au stade. C’était fort en émotions, un moment vraiment particulier », souligne l’actuel attaquant du Milan AC, Champion d’Italie en titre. « J’avais hâte de retrouver le public de La Mosson et j’ai reçu un super accueil quand je suis arrivé sur le terrain. Avant le match, j’avais aussi bien discuté avec Le Président Louis Nicollin. Nous avions bien échangé, bien rigolé. Il m’avait chambré en me disant ‘’j’espère que tu ne vas pas marquer contre ton ancien club et tes anciens coéquipiers’’. Je crois que là-dessus, j’ai tenu parole » (rire)

Du côté du jeu, l’Arsenal d’Arsène Wenger (absent sur le banc car suspendu et remplacé par son adjoint, l’ancien défenseur des Gunners, Steve Bould), avait semblé avoir la main sur le jeu d’entrée, mais c’était mal connaître les Montpelliérains qui ont rapidement poussé leurs adversaires dans leurs retranchements jusqu’à ouvrir le score sur penalty grâce à Younes Belhanda. Un penalty aussi magistral que risqué, transformé par l’international marocain d’une improbable Panenka (1-0, 8ème) : « Sur le coup, quand je vois à quel point le gardien d’Arsenal (Vito Mannone) est grand, son envergure, je me dis que si je tire sur un côté, il va me l’arrêter. C’est pour ça que je tente ce geste-là, avoue Younes. Quand je vois le ballon rentrer, je me dis : ‘’Heureusement que je l’ai mis parce que si le gardien l’arrête à ce moment-là, pour le premier match en Ligue des Champions de l’histoire du club, je vais vraiment passer pour quelqu’un d’arrogant’’. Dix ans plus tard, je vous promets que ce n’était absolument pas de l’arrogance. Mon seul but était de marquer et quand je vois le gardien, je reste encore persuadé aujourd’hui que c’était la meilleure option vu l’envergure qu’il avait. »
« Sur le coup je me suis dit ‘’il est fou’’, mais vu le personnage, je me suis dit que c’était possible et, au final, il a transformé ce penalty de manière magnifique. Je pense que personne ne s’attendait à ce qu’il ait le cran de faire ça, et ça a aussi joué en sa faveur. Younes a eu beaucoup de caractère, sourit Geoffrey. Au moment où l’on marque, l’ambiance était extraordinaire. Ce but a vraiment lancé notre compétition et a permis à notre public d’exulter alors qu’il n’attendait que ça. Niveau bruit, c’était dans la lignée de Lille la saison précédente, de Strasbourg pour la montée ou de la venue du PSG pour notre retour en Ligue 1. Ça fait partie des plus grosses ambiances que j’ai vécues à la Mosson. »

Fierté et frustration

À cet instant en effet, le Stade de La Mosson avait plus que jamais repris son surnom historique de ‘’marmite du diable’’. Il était difficile, voire impossible, de s’entendre dans cette ambiance incandescente, où les Anglais ont – un instant sans doute – cru perdre pied. Oui mais voilà, n’est pas Arsenal qui veut et le club du nord de Londres possédait déjà à l’époque des grands noms comme Mertesacker, Koscielny, Cazorla, Gervinho ou Podolski. Les deux derniers cités ont finalement inscrit deux buts en 2 minutes pour renverser le score (16ème et 18ème), offrant ainsi une précieuse victoire aux Londoniens. « J’ai joué cette compétition avec Montpellier mais aussi avec le Dynamo Kiev et Galatasaray, et ce scénario-là illustre bien ce qu’est la Ligue des Champions : Rien ne pardonne !, synthétise Younes Belhanda. On entend souvent les joueurs dire en interview que tout se joue sur des détails mais ce n’est pas un cliché du tout, c’est vraiment ça ! Dès que tu fais une petite erreur, tu la paies cash, c’est ça la réalité du haut niveau. Ça va tellement vite que tu n’as pas le temps de te relâcher et si tu le fais, ne serait-ce que cinq secondes, c’est déjà trop tard. Ça va beaucoup trop vite. » « Le plus marquant, c’est vraiment cette vitesse de jeu, reprend Geoffrey. Ça va à 2000 à l’heure, les passes sont claquées et dès que l’adversaire accélère, ça fait mal. Quand on voit la feuille de match, il y avait de sacrés noms aussi… »
On n’oubliera pas non plus que l’égalisation des Gunners signée Podolski est intervenue sur un service cinq étoiles d’un certain Olivier Giroud, auteur de la passe décisive. « Je me souviens que le MHSC jouait décomplexé et avec beaucoup de Grinta, et nous avait bien malmenés au début, raconte Olivier. Ensuite, nous avions réussi à inverser le score pour finalement remporter ce match serré... Mais le MHSC avait fait une bonne entrée en matière dans cette Ligue des Champions, même si le résultat n’était pas là. »


« Voir Olivier sous un autre maillot, c’était vraiment très bizarre, se remémore Younes Belhanda. J’aurai vraiment préféré l’avoir à mes côtés ce jour-là. Je suis persuadé que s’il avait été dans notre équipe, ça n’aurait pas été le même match. » « Ça c’est certain, on aurait vraiment aimé qu’il soit avec nous » ajoute Geoffrey.
Bien que renversé et groggy, le MHSC et ses 5 joueurs formés au club titulaires au coup d’envoi, a tout donné jusqu’au bout, à l’image de ce superbe lob de Rémy Cabella venu s’écraser sur la barre transversale de Vito Manonne ou bien encore de cet ultime face-à-face où, en déséquilibre, Younes Belhanda n’avait finalement pas réussi à cadrer sa reprise au point de penalty et avait vu le ballon s’envoler dans le ciel de la Mosson plutôt que de finir au fond des filets et être synonyme d’égalisation. « On était forcément déçu, surtout pour notre public qui était venu en nombre, et d’autant plus après avoir ouvert le score, reprend le gardien montpelliérain. On se disait qu’au minimum, on pouvait arracher un match nul. C’était rageant de perdre. Cela dit, l’objectif à mon sens était de terminer 3ème du groupe pour être reversé en Ligue Europa, ce que nous ne sommes malheureusement pas arrivés à faire. Le seul petit regret est là pour moi. »


De toute évidence au vu de l’énergie fournie, les hommes de René Girard pouvaient avoir de sérieux regrets à l’issue de cette rencontre. Ils avaient bousculé le grand Arsenal, ils l’avaient même fait vaciller en ouvrant le score, mais ils ont ensuite payé leur manque d’expérience. « Avoir joué cette compétition avec mon club formateur, c’est quelque chose d’indélébile, d’extraordinaire, assure Geoffrey. C’était une très belle expérience vraiment. Je suis très heureux d’avoir pu participer à cette aventure. »
Cette rencontre face aux Gunners restera sans doute l’une des plus belles défaites de l’histoire de notre club, s’il est évidemment permis de s’exprimer ainsi. Et lorsqu’on lui demande 10 ans après ce qu’il ressent à l’idée d’être le 1er buteur de l’histoire du MHSC en Ligue des Champions, l’émotion de Younes Belhanda reste très palpable : « Voir le stade plein comme ça, c’était magnifique. Quand il est rempli de cette façon, c’est quelque chose d’énorme. Outre cette émotion, je retiens beaucoup de frustration de ce match-là. On mène 1-0 avant de prendre deux buts coup sur coup. Je me souviens que Rémy (Cabella) frappe sur la barre, moi j’ai un face-à-face avec le gardien que je perds en deuxième mi-temps. Je pense qu’on pouvait repartir avec minimum un point de cette rencontre. On le méritait largement »,
assure Younès avant de conclure : « Globalement, c’est une fierté d’avoir pu amener son club formateur en Ligue des champions avec mes coéquipiers de l’époque, dont beaucoup sortaient, comme moi, du centre de formation. Nous avions un groupe magnifique et savoir que je suis le premier buteur de l’histoire du club en Ligue des Champions, c’est et ça restera une fierté. 10 ans plus tard, ça reste un moment magique, bien ancré dans ma mémoire. Jouer la Ligue des Champions avec son club formateur, c’était quelque chose de fort. On savait qu’on n’était pas l’équipe la plus clinquante, mais on avait des joueurs, un staff et des Présidents qui nous poussaient à fond, tout comme l’ensemble du club et des supporters pailladins. C’est vraiment une fierté d’avoir joué la Ligue des Champions avec ce maillot-là sur les épaules. Ça restera gravé dans ma mémoire mais dans celle aussi, je pense, de tous les Montpelliérains. »
Un match qui a marqué l’entrée définitive du MHSC dans le grand monde, celui de la plus prestigieuse des compétitions européennes et qui restera à tout jamais l’une des plus belles pages d’histoire du livre d’or orange et bleu.

MHSC 1-2  Arsenal

Mardi 18 septembre 2012. Ligue des Champions. 1ère journée. Score acquis à la pause. Stade de La Mosson. 27522 spectateurs. Arbitre : M. Velasco (Esp). Buts pour le MHSC : Belhanda (pen, 8e) ; pour Arsenal : Podolski (16e), Gervinho (18e). Avertissements au MHSC : Yanga-Mbiwa (41e), Belhanda (84e); à Arsenal : Diaby (2e).
MHSC : Jourdren – Bocaly, Yanga-Mbiwa, Hilton, Bedimo – Estrada (Herrera 78e), Saihi – Cabella, Belhanda, Mounier (Aït-Fana 67e) – Camara (Stambouli 78e). Entraîneur : René GIRARD
ARSENAL FC (ANG) : Mannone – Jenkinson, Vermaelen, Mertesaeker, Gibbs – Diaby, Arteta – Gervinho, Cazorla (Coquelin 90e), Podolski - Giroud (Ramsey 76e). Entraîneur : Arsène WENGER

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