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Morgane Nicoli, coupe, cœur et résilience

A bientôt 25 ans, la défenseur formée au club semble donner un second souffle à une carrière semée d’embûches. A l’heure du déplacement à Albi ce dimanche (14h30) en 16ème de finale, elle revient sur son évolution et évoque sa tendresse particulière pour la Coupe de France  

Entre Morgane Nicoli et les Coupes, l’histoire d’amour remonte à loin. Cheveux au vent, regard déterminé et caractère déjà bien trempé, elle n’a pas encore 13 ans lorsqu’elle participe à sa première finale de Coupe de Corse avec son village de Costa Verde. Une finale perdue de justesse contre le grand Sporting Club de Bastia dont elle supportait l'équipe fanion masculine « un souvenir forcément à part », sourit la défenseur montpelliéraine, qui fêtera ses 25 ans le 7 avril prochain. Des souvenirs de Coupe, Morgane s’en est construit plein d’autres depuis, et l’occasion était belle, avant de retrouver cette compétition, ce dimanche à Albi, d’ouvrir l’album souvenirs.

C'est important d'avoir ce deuxième défi à côté du championnat

Arrivée au MHSC en 2013, alors qu’elle n’avait pas encore 16 ans, la Bastiaise vit sa 1ère épopée de Coupe, un peu plus de 18 mois plus tard, en mai 2015. « J’étais très jeune et j’avais fait mes premiers pas en équipe première cette saison-là, se souvient-elle. La finale était à Calais et, même si je n’étais pas sur la feuille de match, le coach (Jean-Louis Saez) avait tenu à ce que je fasse le déplacement pour goûter à l'événement. » Un an plus tard, nouvelle finale, à Grenoble cette fois. Morgane a grandi, a gagné du temps de jeu, mais elle ne sera pas sur la feuille de match non plus. « Rumi Utsugi était incertaine, donc j’avais suivi toute la préparation avec le groupe pour pallier un éventuel forfait. Le matin du match, elle a dit qu’elle se sentait apte et j’ai donc vécu la finale en tribune. C’était dur mais quand tu es en balance avec une joueuse d’un tel niveau, tu n’as pas de regrets à avoir. » Sa finale de Coupe sur le terrain, Morgane Nicoli la tiendra finalement en mai 2019, et, malgré la défaite, l’événement aura tout de même un petit goût d’exploit. Prêtée à Lille, alors promu en D1, pour gagner du temps de jeu, elle s’impose dans le Nord et amène le Losc jusqu’en finale de Coupe de France contre Lyon, brassard de capitaine en prime. « En championnat, on luttait pour le maintien tous les week-ends ; c’était dur et cette épopée en coupe nous avait tenues la tête hors de l'eau tout au long de la saison, raconte-t-elle. On avait sorti la Roche-sur-Yon, Nantes, on était allé gagner au Paris FC (1-0), grâce à un corner direct de Lina Boussaha, avant de perdre 3-1 en finale contre Lyon, en ayant livré un très gros match. Franchement, on s'était régalé. »

La coupe fait partie de l'adn du club

Pas rancunière avec Dame Coupe, Morgane Nicoli préfère retenir ces belles aventures humaines et se remémorer une qualification héroïque à Marseille aux tirs aux buts avec le MHSC en février 2018 (1-1 à la fin du temps règlementaire), plutôt que de penser à sa 2ème rupture du ligament croisé du genou, un an plus tôt, dans cette même compétition contre Toulouse à Grammont, le 29 janvier 2017 : « C’est la seule compétition qui est à élimination directe ; tu as le stress, la pression… En plus, tu sais très bien que sur ce genre de match, tout peut arriver, le ‘’petit’’ peut aller bousculer le ‘’gros’’, l'envie de gagner et d'aller au bout est décuplée… Si on passe, on ne sait jamais contre qui on tombera au prochain tour… Pour résumer, je dirai que tout est possible en Coupe de France. J’adore cette compétition, tout simplement ! »

Et puis il y a cette dynamique de groupe à entretenir. En grande admiratrice  de la Coupe de France, Morgane Nicoli assure que ce n’est pas une légende : « C'est important d'avoir ce deuxième défi à côté du championnat. C'est en quelque sorte une bouffée d'air frais, explique-t-elle. La D1 Arkema est un championnat qui ne t’autorise pas à perdre le moindre point si tu veux aller loin. En Coupe, le contexte est différent : tu sais que tout se joue sur un match, donc tu peux te lâcher un peu plus, c’est du quitte ou double, car sur un match tout est possible. On l’a d’ailleurs vu le week-end dernier contre Lyon puisqu'on a été capable de bousculer cette équipe sur 90 minutes. En revanche, sur la durée d'un championnat, c'est beaucoup plus compliqué. »

La belle prestation face aux Rhodaniennes est aussi la parfaite illustration que les Fémimines du MHSC vont mieux. « Nous n'avons pas très bien commencé, mais nous sommes sur une phase ascendante puisque si l’on excepte la défaite contre Lyon, on restait sur 5 victoires sur les 6 derniers matchs de D1, sans encaisser de but, détaille Morgane. Le coach est à l'écoute, très pédagogue et il a su donner un nouvel élan à ce groupe. Contre Lyon la semaine dernière, même si la fin est difficile à encaisser avec cette défaite, on peut retenir beaucoup de positif dans le contenu. On voit qu'on est capable de mettre en difficulté ce qui se fait en Europe. C'est bon pour la suite mais il faut continuer à travailler. »

Ces valeurs orange et bleues de grinta, de détermination, de ne jamais rien lâcher, c’est ancré en moi car j’aime profondément ce club

Côté personnel aussi, Morgane va mieux. Très peu utilisée lors du dernier exercice, elle a forcément mal vécu cette période « très difficile », mais préfère se focaliser sur le positif : « L'année dernière, j'ai quasiment vécu une année blanche footballistiquement mais en tant que femme, je pense avoir beaucoup évolué. J'ai appris à mieux me connaître, à être un peu plus patiente même si ce n'est pas ma qualité première. J'ai beaucoup mûri.  L'important, c’était de rebondir. » Et quand on lui demande comment elle, l’adolescente impulsive à ses débuts en Orange et Bleu, peut-elle faire preuve d’autant de résilience après avoir vécu deux rupture des ligaments croisés du genou et des moments de mise au banc, la joueuse corse répond avec le sourire : « Je me pose moi-même la question parfois ! Je me dis que j'ai peut-être grandi tout simplement. Quand je suis arrivée au club, j'avais 16 ans, aujourd'hui j'en ai presque 25… Heureusement qu'il y a une évolution quand même ! (rire). Avant, j’'étais têtue, bornée, très impulsive aussi… Je le suis encore, mais de façon un peu plus modérée. La vie et ses épreuves, notamment avec les blessures, m’ont appris à voir les choses avec un peu plus de recul. On apprend aussi de ses erreurs. Je n’oublie pas non plus que j’ai la chance d’être entourée par une famille aimante et un petit ami qui m’apaise beaucoup. Je sais ce que je leur dois. De plus, il ne faut jamais perdre de vue qu'on se lève pour taper dans un ballon, qu’on est payé pour ça et que ça reste un luxe, pendant que d’autres exercent des métiers beaucoup plus durs que le nôtre. Nous, au pire, on fait de la musculation » (rire).

Je me souviens encore de notre finale contre Lyon en 2016 à Grenoble : avant le match, les Présidents Louis et Laurent Nicollin étaient assis sur le banc. On voyait la détermination dans leurs regards, leur bonheur d’être là et à quel point cette compétition leur tenait à cœur

Le discours est calme, posé, presque philosophe, mais ne croyez pas pour autant que la défenseur montpelliéraine a perdu son gros caractère et sa grinta légendaire. De ce point de vue-là, le passé se conjugue toujours au présent. Une expression qui va d’ailleurs comme un gant à la rencontre de dimanche puisque Morgane retrouvera à Albi Eva Gosselin et Anaëlle Anglais, dont elle a été la capitaine dans les équipes de jeunes du MHSC : « Ça fait plaisir de les retrouver. J'ai une pensée particulière pour Eva qui a supporté quelques-uns de mes coups de gueule en tant que capitaine (sourire). Plus sérieusement, nous savons que nous n‘avons pas le droit à l'erreur. Il ne faudra pas les sous-estimer et tout donner pour gagner. Notre objectif est d'aller le plus loin possible dans cette compétition. »

Histoire d’écrire le nouveau chapitre de cette histoire d’amour entre Morgane Nicoli et la Coupe de France. Mais, là encore, celle qui a inscrit son 1er but avec le MHSC cette saison contre Guingamp, préfère parler de ‘’nous’’ plutôt que de ‘’je’’ : « Je suis là pour prendre plaisir sur le terrain, j’essaie d'apporter un maximum à l'équipe, mais l’important, c’est le groupe. Vous savez, je suis née à Bastia, j’ai grandi avec le Sporting mais je baigne dans l’Esprit Paillade depuis l’âge de 16 ans. Ces valeurs orange et bleues de grinta, de détermination, de ne jamais rien lâcher, c’est ancré en moi car j’aime profondément ce club », dit-elle avant de conclure : « La Coupe fait partie de l’ADN du MHSC. Je me souviens encore de notre finale contre Lyon en 2016 à Grenoble : avant le match, les Présidents Louis et Laurent Nicollin étaient assis sur le banc. On voyait la détermination dans leurs regards, leur bonheur d’être là et à quel point cette compétition leur tenait à cœur. Si on peut leur offrir une nouvelle finale, on ne va pas s’en priver » Un vrai discours de leader pour une joueuse dont les valeurs collent décidément parfaitement à celles de ce MHSC qui lui est si cher…

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