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Un brassard et des personnalités

Suite de notre semaine spéciale consacrée au capitanat. Aujourd'hui, zoom sur les grands capitaines de l'histoire du MHSC

Il peut être noir, rouge, jaune, vert ou porter un symbole distinctif comme c’était par exemple le cas pour Vitorino Hilton (qui avait sur le sien un drapeau du Brésil). Mais derrière ce bout d’étoffe, le brassard de capitaine est avant tout une marque de confiance, une responsabilité et il confère surtout un rôle important en termes d’exemplarité et de transmission.
Le premier capitaine de l’histoire du club, en 1974, était un certain Jean-Louis Besson, qui n'est autre que le grand-père de Nicolas Cozza. Un pionnier en la matière qui raconte son rôle de la manière suivante : « Comme c'était la première fois que j'étais capitaine c'était super important, surtout dans le contexte d'un nouveau club. En plus il avait été créé à mi-saison, on était en milieu de tableau, il fallait resserrer les troupes. J’avais insisté là-dessus dès le départ. Ensuite, Fleury Di Nallo est arrivé et a pris le capitanat, Fleury, c'était pas Jean-Louis Besson, après il y a eu des têtes de série (sourire). »

Michel mÉZY, pionnier en D1

Être capitaine, c'est un honneur et un bonheur, à condition de l'appréhender et de le faire comme il faut. Dans ce rôle, tu donnes beaucoup avant de recevoir
Michel mézy

Fleury Di Nallo lui a donc succédé entre 1975 et 1978, avant de transmettre le brassard au regretté Mama Ouattara, qui l’a porté jusqu’en 1979 et l’arrivée de Michel Mézy en tant que joueur. « D'abord, c'était un honneur d'être capitaine. Le fait d'avoir fait le pari de venir à Montpellier pour monter en première division était quelque chose de fort. Il y avait surtout une soif de réussir, une volonté d'amener tout le monde avec toi, surtout vu la relation que j'ai immédiatement eue mais avec le Président Louis Nicollin, raconte celui qui deviendra ensuite l’entraîneur le plus capé de l’histoire du MHSC. Porter ce brassard était aussi quelque chose de lourd parce qu'il y avait beaucoup d'attente. La première saison avait été difficile parce que nous étions beaucoup de joueurs qui arrivions de D1 ; il a fallu un temps d'adaptation. Heureusement que nous avons réalisé un parcours en Coupe de France qui a été remarquable et remarqué et qui avait sauvé notre saison puisque nous avions réussi à éliminer le grand Saint-Étienne avant de perdre en demi-finale contre Monaco sur des coups de dés. Par contre, la saison suivante nous avions assimilé ce qu'était la deuxième division et nous avons survolé les débats. Nous avions la 3ème attaque (54 buts marqués) et la meilleure défense avec seulement 17 buts encaissés dans la saison. Cette montée contre Avignon était une grande fierté et une grande récompense ; celle d'avoir réussi, avec le Président, les joueurs et le staff à faire monter Montpellier en D1. »
Michel Mézy sera donc pour toujours le capitaine de la première équipe qui accédera à la première division en 1981 « C’est vrai. Cela dit, je considérais toujours qu'il fallait être leader, bien entendu, mais que tout le monde amenait sa pierre à l'édifice, tempère-t-il. Le rôle d’un capitaine, c’est de cimenter et de faire en sorte que tout le monde vive bien ensemble : les joueurs, l’entraîneur, les dirigeants et bien sûr le Président. Je crois qu'il y avait cette relation de confiance qui était énorme mais en même temps, elle était pesante car il fallait à tout prix réussir. Cette montée était pour moi un aboutissement. »

L’occasion pour l’actuel conseiller du Président Laurent Nicollin de définir en quelques mots ce rôle si particulier : « Ça veut dire beaucoup de choses parce que tu es quand même une figure qui représente le club. Il y a ce sentiment de dépassement, de vouloir à tout prix y arriver et il faut être costaud pour l'assumer. Ce n'est pas facile mais c'est quelque chose de très valorisant. C'est difficile de l'exprimer correctement. Être capitaine, c'est un honneur et un bonheur, à condition de l'appréhender et de le faire comme il faut. Dans ce rôle, tu donnes beaucoup avant de recevoir. » Lorsque celui-ci a arrêté sa carrière en raison d’une blessure, Daniel Zorzetto puis Bernard Ducuing, entre autres, lui ont succédé dans ce rôle avant que Jean-Marc Valadier ne l’occupe pendant deux saisons entre 1984 et 1986. « C'était une marque de confiance de la part de l'entraîneur et du staff, mais aussi une relation privilégiée avec mes coéquipiers. Cela représentait des responsabilités. Pour moi, ça se passait naturellement, dans une relation de confiance. Ces années ont été les plus enrichissantes sur le plan personnel »,explique ce dernier : « Le rôle du capitaine c'est d'avoir une attitude exemplaire sur le terrain mais aussi en dehors ; entretenir une bonne relation avec ses coéquipiers, et faire le lien sur le terrain avec les arbitres. ; mais aussi de discuter avec l'entraîneur des éventuels problèmes pouvant apparaître dans les vestiaires. »

Par la suite, Laurent Blanc fut le premier joueur formé au club à porter le brassard de capitaine. Ce fut le cas à deux reprises entre 1986 et 1988 puis de 1989 à 1991 avec entre-temps un intermède assuré par Gérard Bernardet.

Lorsque celui qui n’était pas encore Champion du Monde a quitté le club pour rejoindre Naples à l’été 1991, c’est un certain Michel Der Zakarian qui lui a succédé pour un long règne qui s’est étalé durant 5 saisons, entre 1991 et 1996. À l’arrêt de sa carrière, Pascal Baills lui a succédé durant deux saisons (entre 1996 et 1998) avant que Jean-Christophe Rouvière ne soit installé dans ce rôle par Jean-Louis Gasset pour l’exercice 1998-1999.

On ne va pas parler de consécration car le mot est fort mais c'est surtout une belle reconnaissance
Jean-christophe rouvière

Un changement de génération mais pas de valeurs puisque Pascal et Jean-Christophe avaient été formés au club à une dizaine d’années d’intervalle. : « J'avais eu l'occasion de le porter tout au long des équipes de jeunes à Montpellier, c’était déjà un sentiment fort, mais avoir la possibilité de porter le brassard de l’équipe fanion de son club et de sa ville, c'est une fierté, reconnait Jean-Christophe Rouvière. On ne va pas parler de consécration car le mot est fort mais c'est surtout une belle reconnaissance, que ce soit de l'entraîneur qui te donne cette responsabilité et du club qui correspond à tes valeurs. » Des valeurs qu’il détaille ensuite de la façon suivante : « On nous apprend, que ce soit dans l'éducation familiale ou l'éducation du sport puisqu'on y passe beaucoup de temps, à véhiculer toutes les valeurs que t'ont inculqué les différents entraîneurs que tu as pu côtoyer depuis tout jeune et qui t'ont transmis les valeurs de la Paillade. Elles sont naturelles pour nous car on y a baigné dedans ; donc c'est difficile de les donner. Ce sont surtout les notions de travail, de respect, de partage, d'amitié et de convivialité qui sont importantes. Être capitaine de la Paillade c'est arriver à retranscrire ces valeurs-là. Jean-Louis Gasset avait estimé que je pouvais retranscrire au mieux ce qu'il souhaitait au groupe et lui faire remonter à lui le plus honnêtement possible les messages du groupe pour qu'on aille de l'avant. C'est ça être capitaine, c'est être la courroie de liaison entre les joueurs et le staff mais aussi parfois avec la direction. »  

Porter le brassard était un honneur parce que Montpellier est un grand club. Pour moi c'était la preuve que j'étais quelqu'un qui montrait l'exemple sur le terrain et en dehors.
Franck silvestre

Durant l’été 1999, alors que Jean-Christophe Rouvière était transféré à Bordeaux, c’est Franck Silvestre qui a pris le relai jusqu’à son départ en janvier 2003. Marquant par son exemplarité et son leadership, l’ancien international français se souvient de cette période comme si c’était hier « Cela faisait deux-trois ans que le Président me voulait, raconte-t-il. Porter le brassard était un honneur parce que Montpellier est un grand club, un club familial. Pour moi c'était la preuve que j'étais quelqu'un qui montrait l'exemple sur le terrain et en dehors. J'avais vraiment la confiance, j'étais un meneur d'hommes, un capitaine qui était là pour mes coéquipiers et qui allait au front quand il le fallait. Ça, c'était hyper important. » Une période marquante à plusieurs reprises puisque Franck est le seul capitaine du MHSC à avoir soulevé un trophée européen lors de la victoire en finale de la Coupe Intertoto 1999 contre Hambourg, mais il a aussi dû affronter une descente en Ligue 2 quelques mois plus tard (en juin 2000). Pour autant, il avait choisi de rester : « Cela a été une grosse déception mais cette descente nous a permis de nous ressouder et à l'arrivée on est remonté de suite. Quand j'ai vu le groupe qu'il y avait j'étais persuadé qu'on avait une chance de remonter, donc je n'ai pas hésité une seule seconde. »

Bruno, nenad, mapou, vito

être capitaine te donne plus de devoirs que de droits
BRUNO CAROTTI

S’en est suivie la période Bruno Carotti qui a duré durant six saisons entre 2002 et 2008. Une période pas toujours facile pour un capitaine puisqu’elle correspond à une époque où le MHSC végétait en Ligue 2 et a même failli descendre en National : « C'était une marque de confiance des joueurs, du groupe et du staff. J’ai été formé à Montpellier donc ça avait aussi son importance. Mais cela te donne plus de devoirs que de droits, souligne-t-il. Il faut déjà être performant sur le terrain. Après c'est d’être capable de transmettre les valeurs et le fonctionnement du club, d’être en relation avec les supporters. De faire vivre le groupe dans les bons comme dans les mauvais moments. La volonté de remonter en Ligue 1 était une motivation magnifique, même si ça a été long et difficile avec des saisons loin de cet objectif... »

Au fil du temps, l’ancien joueur du FC Nantes et du Paris-Saint-Germain a moins joué, laissant le brassard à Nenad Džodić durant la majeure partie de la saison de la montée. Homme d’une extrême droiture auquel le brassard de capitaine allait comme un gant, l’international serbe l’a porté jusqu’à sa fin de carrière (prématurée en raison d’une blessure à la cuisse) avant de le transmettre à Romain Pitau.

Le Nordiste de naissance s’est vite fondu dans le paysage montpelliérain avec beaucoup d’élégance, au point de devenir un leader naturel, autant par la qualité de ses prestations que par son vécu et son attachement aux valeurs du club.

Le rôle d'un capitaine c'est de bien véhiculer le message entre les joueurs et le coach et entre le coach et les joueurs, ça va dans les deux sens
Mapou YANGA-MBIWA

L’actuel entraîneur adjoint d’Olivier Dall’Oglio a ensuite transmis le précieux brassard à Mapou Yanga-Mbiwa, arrivé au club à l’âge de 13 ans et qui en est donc devenu le capitaine moins de 10 ans plus tard, à l’initiative de René Girard : «  Je ne pensais pas du tout en arriver là, reconnait Mapou. Porter le brassard de mon club formateur représentait beaucoup de choses pour moi. C’était une grande fierté et une grande récompense du travail accompli. J'ai essayé de représenter les valeurs que le club m'a données, sa mentalité, son esprit… », dit-il avant d’évoquer son rôle plus précisément. Un rôle forcément particulier puisque Mapou n’avait pas tout à fait 22 ans lorsqu’il a porté le brassard en équipe fanion pour la première fois : « Le rôle d'un capitaine c'est de bien faire véhiculer le message entre les joueurs et le coach et entre le coach et les joueurs, ça va dans les deux sens. Pour ma part j'ai eu beaucoup de chance, déjà d'avoir pu apprendre auprès des anciens capitaines, Fred Mendy, Bruno Carotti ou Nenad Džodić, explique Mapou. J'avais aussi Vito qui m'accompagnait donc j'étais quand même bien entouré. J'ai été attentif sur ce qu'ils faisaient de bien pour m'en imprégner. Après il ne faut pas oublier que je n'avais que 22-23 ans donc il fallait être à l'écoute des anciens aussi, à l'écoute du coach, des jeunes joueurs et essayer de bien tourner la chose pour que le message soit entendu d'un côté comme de l'autre tout en restant attentif quand ça n'allait pas pour régler d'abord entre nous dans les vestiaires les soucis qu'il y avait et soumettre des solutions. Je pense qu'il faut avoir du courage, être le plus clair possible avec tout le monde. Ce n'est pas facile mais c'est plaisant. Il faut aimer le faire et je l'ai fait avec beaucoup de plaisir. Il faut aussi donner l'exemple en étant le plus irréprochable possible. »

Mapou restera aussi et surtout pour l’éternité celui qui a porté le trophée Hexagoal en tant que capitaine du MHSC sur la Comédie en 2012. Un moment inoubliable qu’il avait choisi de partager avec Vitorino Hilton. « Avec Vito on faisait la paire en charnière centrale. Il m’a accompagné tout au long de l’année, il m’a beaucoup conseillé. Si j’osais une métaphore, je dirai qu’il était mon bras gauche comme moi j’étais son bras droit et ça me semblait logique de soulever ce trophée avec lui. En plus, j’étais peut-être amené à partir pour vivre d’autres choses alors que lui allait rester et qu’il allait peut-être devenir capitaine. »

Comment choisir ?

Une prémonition effective 6 mois plus tard, lorsque l’international français a rejoint Newcastle, en janvier 2013. C’est donc légitimement le Brésilien, arrivé un an et demi plus tôt, qui a repris le brassard pour un long règne de 8 saisons, jusqu’en juin dernier ce qui en fait le plus capé des capitaines de l’histoire du club en terme de longévité.
Depuis cet été, c’est donc Teji Savanier qui lui a succédé, avec une immense fierté et beaucoup de bonheur comme il nous l’a décrit dans son interview croisée avec Marion Torrent. Nul ne sait qui lui succédera mais nul doute que Jean Louis-Besson, premier capitaine de l’histoire du club rêve de voir son petit-fils, Nicolas Cozza, embrasser un jour ce rôle de capitaine si particulier. « C'est toujours avec émotion que je parle de lui, je suis fier de lui. Il a les qualités requises. Justement je regardais dernièrement une interview de lui avec Philippe Sers où il parlait de son grand-père. Je pense qu'aujourd'hui grâce à lui on parle plus de moi qu'à l'époque (rires). »  

Restait un dernier sujet à évoquer. Parmi tous les capitaines précédemment cités, deux ont entraîné La Paillade par la suite : Michel Mézy et Michel Der Zakarian. Nous avons donc demandé au premier comment il désignait ses capitaines : « Je choisissais un capitaine si j'estimais qu'il était représentatif de ce que je pensais. Lors du titre de champion de France de D2 j'avais choisi Laurent Blanc comme capitaine qui était très jeune, donc qui représentait l'avenir et le talent. Il y avait des gens beaucoup plus âgés qui avaient beaucoup de talent aussi mais comme j'avais été, dans ma vie de joueur, très jeune capitaine, je pensais que Laurent Blanc en avait l'étoffe. En plus, il était représentatif de cette génération que j'ai beaucoup aimée : celle des Blanc, Baills, Ferhaoui, Scala… qui était la première génération formée au club qui a permis au Montpellier Hérault SC de retrouver l'élite et de s'y installer durablement, se souvient-il. Lors de la deuxième montée en 2001, c'est toujours très difficile quand tu viens de descendre de remonter tout de suite et nous y étions parvenus. Franck Silvestre avait l'expérience et le désir de rebondir car ce n'était pas facile pour lui de rester là après la saison qu'on avait vécue. Ça avait été une grande joie de faire remonter le MHSC. Globalement, tu t'aperçois qu'en football tu n'y arrives que quand l'état d'esprit et la connivence entre les joueurs est palpable et enrichissante. » Une belle synthèse pour conclure.

 

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