Maëlys Mpome, elle a tout d’une grande | MHSC Foot , billetterie Montpellier Hérault, mhsc match, match Montpellier, led publicitaire, panneau publicitaire led

Maëlys Mpome, elle a tout d’une grande

Arrivée l’été dernier au MHSC, la jeune défenseur qui vient de fêter ses 18 ans, fait peu à peu sa place au sein de l’effectif montpelliérain. Rencontre à l’heure de recevoir Reims ce samedi (14h30) à Grammont dans le cadre de l8ème journée de D1 Arkéma.

A voir ses longues jambes s’étirer jusqu’à son mètre 80, on se sentirait presqu’obligé de relire deux fois sa carte d’identité pour s’assurer qu’elle ne compte que 18 printemps. Mais il suffit de quelques minutes passées aux côtés de Maëlys Mpome pour comprendre que sa maturité précoce n’est pas seulement physique. Discours clair et posé, sens de l’humour aiguisé tout en restant sympathique, la jeune défenseur montpelliéraine ne manque pas d’atouts : « Mes parents ne m’ont rien fait manger de spécial, rigole-t-elle lorsqu’on évoque sa très grande taille malgré son âge… et je n'aime pas la soupe si c'est la question suivante (sourire). » Le décor est planté et l’humour reste en filigrane quand on lui demande pourquoi elle a opté pour le foot alors qu’une carrière de basketteuse lui semblait toute indiquée : « Au début, je faisais de la Gym mais comme je jouais au foot tous les jours à la récré depuis la maternelle, je me suis dit pourquoi ne pas en faire en club ?, se souvient-elle. Quant au basket, je ne suis pas agile de mes mains, alors il valait mieux miser sur les pieds. » (Rires).

Le MHSC avait tout pour que je m'y épanouisse

Ça tombe bien, le club de Saint-Maur était à quelques encablures de la maison familiale et la native de Champigny-sur-Marne (dans le 94, à 10 minutes en voiture de Créteil) y a signé sa 1ère licence dès l’âge de 7 ans. Pour cette fille d’un père courtier en prêts immobiliers et dont la mère, très sportive, donne des cours de fitness, le maillot du club francilien a fait office de seconde peau pendant 10 ans, jusqu’à passer l’exercice 2019-2020 avec l’équipe première, en D2, alors qu’elle n’avait que 16 ans, après avoir fait ses premiers pas dans cette division un an plus tôt : « Il y avait beaucoup de pression, se souvient Maëlys au moment d’évoquer ses débuts en séniors. Par rapport aux championnats de jeunes, ce sont surtout les gabarits qui changent en D2, l'intensité aussi au début… Saint Maur est un club familial et cela s'est bien passé. J’avais la chance d’évoluer avec des joueuses que je connaissais depuis toute petite et qui ont tout fait pour me mettre en confiance. J’ai aussi une pensée assez forte pour mon entraîneur, Augustin Akpali, qui dirige encore l’équipe de D2 du club aujourd’hui et qui m’a lancée à ce niveau après m’avoir eue en U13, U16 et U19. Il a eu un rôle important dans mon évolution. »

Et puis est venue l’heure de couper le cordon pour rejoindre le MHSC. D’un club historique du football féminin à un autre, le pas était grand mais Maëlys a choisi de le franchir cet été en rejoignant Montpellier : « Saint-Maur est mon club de coeur, j'y ai passé 10 belles années mais j'étais consciente depuis bien longtemps que si je voulais franchir un palier, je devrais, un jour, quitter ce club qui m'est cher, explique celle qui se définit comme une fausse timide car elle a besoin d’être mise en confiance pour se livrer. Le MHSC avait tout pour que je m'y épanouisse : le cadre footballistique, la vie en elle-même et l'approche du club aussi car je sais qu’ici on travaille bien avec les jeunes. Tout cela m’a plu, alors j’ai foncé. »

Je suis Heureuse de poursuivre mes études en parallèle. C'est très important pour moi.

Si elle n’a pas encore trop eu le temps de découvrir la ville – crise sanitaire oblige – Maëlys reconnait cependant que « le soleil et la mer, ça change le cadre de vie par rapport à Paris. C’est top d’aller à l'entraînement sous le soleil ». Il faut aussi reconnaitre Qu’entre le foot et les études, le planning de cette fan de mode est bien rempli et lui laisse peu de répit. Côté études justement, la n°12 montpelliéraine est actuellement en terminale scientifique spécialité maths et physique ; et, même si elle reconnait aimer les chiffres, elle ne sait pas encore trop vers quelles études se tourner et « reste en réflexion sur ce sujet. »

Puisqu’elle aime les chiffres – « Je préfère compter les buts que l’on marque plutôt que ceux que l’on encaisse » rigole-t-elle – Maëlys Mpomé sait bien que 6 titularisations à tout juste 18 ans, c’est plutôt pas mal pour des débuts dans l’élite, mais ne comptez pas sur elle pour s’enflammer, même si elle aime rire et taquiner. « Honnêtement, je ne m'attendais pas à jouer autant et je suis très contente, avoue-t-elle. J'ai retrouvé ici un cadre familial un peu à l’image de celui que j'avais à Saint-Maur. Je me sens bien et je suis également très heureuse de poursuivre mes études en parallèle, ce qui est très important pour moi. Le club fait tout pour que ça se passe bien et que je puisse allier les deux. »

je suis plus jeune mais ce n'est pas un statut qui est éternel et il faut que je continue à travailler pour faire ma place, tout simplement !

Côté terrain, ses débuts dans l’élite sont plus qu’encourageants dans un secteur de jeu pourtant très concurrentiel. Impressionnante par sa faculté à gagner des ballons dans les duels défensifs, la jeune fille doit encore progresser dans la relance mais son potentiel et sa marge de progression en font un élément en devenir, très intéressant. « Par rapport à la D2, la vitesse de jeu est beaucoup plus importante, souligne Maëlys. Il y a moins d'erreurs techniques et tactiques. Les équipes sont plus en place, c'est plus réfléchi aussi. De mon côté, il est certain que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre mais, pour une première saison, je suis plutôt satisfaite jusqu'à maintenant. »

Il faut dire que pour des joueuses de son profil à l’ascension rapide et au physique très au-dessus de la moyenne, la D1 agit souvent comme un révélateur car on ne peut plus, à ce niveau, faire uniquement la différence par son physique comme c’est parfois le cas en catégories de jeunes : « On a plus d'exigence, surtout à mon poste parce qu'on me dit que j’ai du potentiel et qu'avec du travail je pourrais toujours faire mieux mais je ne dirai pas que ma taille c'est un handicap car cela m'a permis de faire beaucoup de choses », explique la jeune montpelliéraine qui a prolongé son contrat avec le club héraultais il y a quelques jours. « Il est certain que le niveau se resserre, qu’il y a de la concurrence et je ne dois plus seulement faire face à des personnes issues de la même catégorie d'âge que moi. Je prends ça comme un objectif de me dire que je ne dois pas me reposer sur mes acquis, mais prouver ma valeur et cela me pousse. C'est vrai que je suis plus jeune mais ce n'est pas un statut qui est éternel et il faut que je continue à travailler pour faire ma place, tout simplement. »

Il faut relever la tête

Cette après-midi, la jeune internationale tricolore chez les jeunes (U16, U17 et désormais U19) va retrouver le Stade de Reims, adversaire des Féminines du MHSC dans le cadre de la 18e journée de D1. Un souvenir forcément particulier pour Maëlys puisque c’est face aux Champenoises lors du match aller le 17 octobre dernier qu’elle a effectué ses débuts en D1 : « J’avais appris ma titularisation 2 heures avant le match lors de la causerie, se souvient la jeune Montpelliéraine. L'excitation avait pris le pas sur la pression et ça s'était bien passé. Mes coéquipières m’avaient bien mises en confiance et, avec la victoire au bout (1-0, but d’Iva Landeka NDLR), c'était vraiment un bon sentiment. »

Privée d’Euro U19 cet été en raison de la crise sanitaire – « C'est une déception car c'est vraiment un moment important d'une carrière chez les jeunes, mais il faut voir l'autre aspect des choses. S'il est annulé c'est qu'il y a des raisons on ne va pas se mettre en danger pour du sport » – Maëlys est désormais focalisée sur la fin de saison avec le MHSC. Et si l’objectif de la Ligue des Champions semble désormais très loin, la défenseur montpelliéraine compte bien sur cette fin d’exercice pour poursuivre son apprentissage : « Il faut relever la tête, conclut-elle. À nous d'apprendre de nos erreurs. L'idée, c'est de faire mieux l'année prochaine et avant cela, de gagner le plus de matchs possibles d’ici la fin de saison… sans oublier, sur un plan plus personnel, de continuer d’apprendre et de progresser. » Histoire de voir encore plus grand dans les années à venir… Et là, il n’est plus seulement question de gabarit...

A lire également