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Dominika Škorvánková, pionnière et héritière

Débarquée cet été au MHSC, la première joueuse slovaque de l'histoire du club est rapidement devenue l’un des éléments-clé de l’effectif de Frédéric Mendy. Avant le déplacement à Bordeaux ce samedi, (15h15, 11ème journée de D1 Arkema), nous sommes partis à sa rencontre pour découvrir qui se cache derrière notre nouvelle n°18.

Quand la France du football pense à la Slovaquie, le nom de Lubomir Moravčík (photo)  revient forcément comme une évidence. Il faut dire que ce numéro 10 au potentiel technique hors du commun a effectué l’essentiel de sa carrière en France (246 matchs et 43 buts à Saint-Etienne puis Bastia entre 1990 et 1998) avant de finir sa carrière à Duisbourg puis au Celtic Glasgow. « Il ne fait pas partie de ma génération mais bien sûr que je le connais, sourit Dominika Škorvánková. Son livre est d’ailleurs l'un des premiers ouvrages sur le foot que j'ai lu. » Il suffit de regarder les étincelles dans ses yeux lorsque nous avons appris à Dominika que son entraîneur Frédéric Mendy, avait évolué aux côtés de ''Lubo'' à Bastia et la discussion qui s’en est suivie pour comprendre toute l’importance de Moravčík dans son pays. Deux décennies plus tard et si elle évolue un cran plus bas sur le terrain (en position du n°6 ou n°8), Dominika Škorvánková pourrait bien en être l’héritière en France, en devenant la dépositaire du jeu montpelliérain, aux côtés de sa coéquipière croate du MHSC, Iva Landeka.

Née à Bratislava, Dominika a grandi à Dunajská Lužná, dans la proche banlieue de la capitale slovaque. Sans vraiment savoir pourquoi, elle a tout de suite opté pour le foot, dans un pays où le palet et la crosse du hockeyeur, prennent souvent le pas sur le ballon rond : « J’ai commencé à jouer au foot à l’âge de 4 ans, soit dans la maison soit dans le jardin avant de rejoindre mon 1er club quand j’avais 5 ans, se souvient Dominika Škorvánková. J’ai évolué avec les garçons pendant 5 ans avant de rejoindre mon 1er club féminin en signant au Slovan Bratislava. Quand j'étais enfant, j'avais toujours un ballon dans les pieds dès que je me levais le matin et, dès l’âge de 13 ans j'ai décidé de devenir joueuse de foot professionnelle ».

L’enfant fan de Chelsea et de Frank Lampard qu’elle était, s’est donc donnée les moyens de réaliser son rêve, mais sans jamais brûler les étapes. Au Slovan Bratislava, elle décroche plusieurs titres de championne de Slovaquie tout en poursuivant ses études au lycée. Cinq ans plus tard, en 2012, direction l’Autriche et le club de Nelungbach avec lequel elle décroche là-aussi le titre national (à 2 reprises). « Neulengbach est à, à peine 1h30 de route de la frontière, ce qui me permettait de jouer au foot tout en poursuivant mes études à l’université, ce qui était important pour moi, poursuit-elle. J’ai aussi appris l’allemand et découvert la Ligue des Champions. Une belle période. » Son Bachelor en poche, elle se trouve ensuite à la croisée des chemins lorsqu’arrive la proposition du club allemand du FC Sand (près de Fribourg). « Je me suis demandée si je devais aller jusqu'au Master ou partir en Allemagne, se souvient cette joueuse technique qui aime faire le lien entre le milieu et l’attaque. Mais je rêvais depuis toujours de jouer en Budesliga, alors je me suis dit que je devais foncer, quitte à reprendre mes études à la fin ma carrière. »

Le MHSC est un club historique du football féminin français

Bien lui en a pris puisque les 2 saisons pleines qui s’en sont suivies lui ont ouvert les portes du prestigieux Bayern Munich. « C'était une très belle expérience et un bon pas en avant pour moi. Le championnat allemand était exactement ce que je n'imaginais et je me suis vraiment régalée là-bas, dans le club comme dans la ville, avec des gens très sympas, poursuit-elle. C’était dur pour moi de partir mais la proposition du Bayern était très dure à refuser. C'était un super challenge à relever, dans des conditions que tout le monde aimerait avoir et c'était encore mieux que ce dont je rêvais. » Trois ans et 3 fois vice-championne d’Allemagne plus tard, c’est à Montpellier que Dominika a posé ses valises cet été. « Au départ je n'étais pas vraiment dans l'optique de changer de club, reconnait celle qui est devenue la 1ère joueuse slovaque de l’histoire du MHSC. Puis, mon agent m’a parlé de l’intérêt de Montpellier, j'ai discuté avec le Bayern, j'ai appris que le coach allait changer et j'ai commencé à étudier de plus en plus près l'opportunité de signer ici. Toutes les personnes avec qui j'en ai discuté m'ont dit que Montpellier est une très belle ville mais surtout un club historique du football féminin français. Je n’avais jamais songé à vivre en France un jour mais l’aspect sportif, l’attrait du club et l’opportunité de découvrir une nouvelle culture ont achevé de me convaincre car je suis quelqu'un qui à l'esprit très ouvert et qui a envie de découvrir. »

Sur le terrain, Dominika assure que « le championnat français est plus technique, tandis que l’allemand est plus physique et tactique. Je ne dis pas qu’un tel est mieux que l’autre, juste que les deux sont différents », explique-t-elle. « Je vous avoue que j'ai aussi dû m'adapter à l'arbitrage au départ, car ici ça siffle beaucoup. Quant à la vie hors du terrain, je trouve Montpellier vraiment sympa. Quand je suis arrivée, j’étais à l’hôtel et je profitais tous les jours du centre-ville. Plus globalement, quand tu sais que la mer est à 20 minutes de route et la montagne à moins d’une heure et demie, tu comprends que tu vis dans un endroit magnifique. »

Toujours positive et pleine de vie – « Même si c’est impossible de l’être tous les jours, je pense que je suis une personne heureuse qui essaie d'avoir de l'énergie et de la partager autour de moi » – Dominika Škorvánková tente de propager sa joie de vivre à ses nouvelles coéquipières et à un groupe dont elle estime « qu’il doit encore s'améliorer dans tous les secteurs mais possède un énorme potentiel » : « Nous avons beaucoup de cultures différentes dans cette équipe avec un bon équilibre entre les jeunes joueuses et les joueuses plus expérimentées, étaye-t-elle. Dans le vestiaire, tout se passe bien mais, sur le terrain, nous devons encore progresser en termes de communication. Je dois d’ailleurs apprendre le français parce que je suis en France et parce que tout le monde ne parle pas très bien anglais. »

Je dois m'adapter. Je suis persuadée que je peux encore être meilleure mais je suis heureuse d'être ici

Au moment d’évoquer son début de saison personnel, la milieu de terrain de 29 ans estime « être toujours en phase de découverte sur la manière de jouer ici et la manière dont je dois jouer pour être la plus performante possible. Je dois m'adapter. Je suis persuadée que je peux encore être meilleure mais je suis heureuse d'être ici. » A 29 ans et au vu de son très beau parcours jusqu’ici, Dominika Škorvánková sera un élément important à l’heure de défier Bordeaux sur ses terres ce samedi (15h15), alors que les Girondines (3e) devancent les Montpelliéraines (4e) d’un point au classement. L’enjeu est de taille avec cette fameuse place sur le podium en ligne de mire, mais, si elle en a conscience, l’internationale slovaque refuse de parler de match couperet. « Bien sûr que la qualification pour la prochaine Ligue des Champions est l'objectif majeur du club. Nous voulons vraiment disputer cette compétition l’an prochain mais il faut y aller étape par étape, match par match. Quoi qu'il arrive contre Bordeaux, même si nous savons que c'est un match important, il restera encore 11 matchs à disputer derrière et ce sera beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions. Je ne débute jamais un match en pensant à le perdre ou même faire match nul, mais même si nous venions à faire un mauvais résultat, le championnat ne serait pas fini pour autant. Je ne ressens pas de pression supplémentaire, juste la volonté de bien faire. »

Certes, mais si elle avait la bonne idée de nous envoyer une superbe frappe pleine lucarne comme la semaine passée contre Issy, Dominika Škorvánková rendrait un fier service au MHSC. « Je pars du principe qu'en football, si tu ne tires pas tu ne peux pas marquer, alors je tente ! » conclut-elle en souriant. Lui-même doté d’une excellente frappe de balle, Lubomir Moravčík ne dirait sans doute pas mieux…

 

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