Florent Mollet, entre les lignes | MHSC Foot , billetterie Montpellier Hérault, mhsc match, match Montpellier, led publicitaire, panneau publicitaire led

Florent Mollet, entre les lignes

Etincelant depuis plusieurs semaines, le milieu de terrain montpelliérain aligne les performances de haut-vol. Décryptage

Interrogé samedi dernier après le match nul de son équipe à La Mosson sur le fait que Gaëtan Laborde et Andy Delort n’aient pas pu se procurer beaucoup d’occasions, Raymond Domenech a, presque comme à son habitude, manié la métaphore avec le brin d’ironie qui le caractérise en disant : « Une voiture peut être belle, mais si vous coupez son alimentation… » Quand on voit le traitement réservé à Florent Mollet par certains joueurs nantais, au point que le n°25 montpelliérain a dû sortir à la 54e minute, après avoir eu du mal à récupérer de ces multiples coups, et notamment d’un geste violent sur son genou,  étonnamment non sanctionné par Monsieur l’arbitre, on comprend encore mieux – mais était-ce bien nécessaire – la prépondérance de Florent Mollet dans le jeu du MHSC. Dans le langage de certains entraîneurs réputés, il fait partie de ces joueurs qui « mettent son équipe à l’endroit » ou « qui font parler le ballon là où d’autres le font bégayer ». Sa ressemblance physique autant que son registre de jeu, pourraient d’ailleurs pousser à la comparaison avec le milieu de terrain belge de Manchester City, Kevin de Bruyne : « Il a toute la palette du très bon milieu de terrain, il sait marquer, faire des passes décisives, il fait jouer son équipe, il sait jouer simple quand il faut, dribbler quand il le faut, il défend aussi beaucoup pour son équipe donc c’est vrai que si je devais citer un milieu de terrain idéal aujourd’hui, il s’en rapproche grandement, estime Florent Mollet. Je le regarde beaucoup jouer parce que c’est un joueur que j’adore et que nous évoluons dans un registre similaire sur le terrain, même si bien sûr, il a des qualités différentes des miennes. » De là à être comparé au Cityzen, il y a donc un pas que ‘‘Flo’’ ne franchira pas : « C’est vrai qu’il y a des chambrages ou des petites blagues par rapport à ça, notamment sur les réseaux, mais ce n’est pas du tout malsain, c’est plus rigolo qu’autre chose. Être comparé à ce genre de joueur, même de cette manière-là, ça fait toujours plaisir et c’est flatteur, après, c’est anecdotique, sourit-il. On parle d’un joueur du top niveau qui joue à Manchester City donc ce n’est pas comparable. »

Quand on est un peu moins athlétique, il faut compenser par autre chose

Au-delà du jeu des ressemblances, l’influence de Florent Mollet sur le jeu du MHSC est bien réelle, et l’impression visuelle est rapidement confirmée par les chiffres. Florent Mollet est en effet le joueur pailladin qui a délivré le plus de passes depuis le début de la saison (532) et celui qui a le plus haut pourcentage de passes réussies de tout l’effectif montpelliérain (90,3%). Un art de la passe qui frise l’art de vie « C’est quelque chose que j’ai perfectionné au fil des années car, jusqu’à 12 ou 13 ans j’évoluais plus haut sur le terrain au poste de n°9,  explique-t-il. Ensuite, du fait de ma petite taille, j’ai dû redescendre d’un cran et il a fallu que je travaille d’autres qualités pour me démarquer. Quand on est un peu moins athlétique, il faut compenser par autre chose ; que ce soit la qualité de passe, les frappes, les coups de pied arrêtés ou mes petits appuis qui me permettent d’aller peut-être plus vite qu’un joueur qui est plus grand que moi. » Certes, mais les puristes pourraient alors dire que si c’est pour faire des passes à 5 mètres ou en arrière, c’est à la portée du plus grand nombre. Qu’ils se rassurent, si Florent Mollet est le joueur montpelliérain qui a effectué le plus de passes depuis son arrivée au club durant l’été 2018 (2562 avec un taux de réussite de 87,3 %, soit le meilleur du club durant cette période), il est aussi et surtout celui qui en a réalisées et réussies le plus dans le camp adverse (1375) et même dans le dernier tiers du terrain (725), là où la justesse technique et la vision du jeu prennent tout leur sens avec les espaces qui se resserrent. « J’essaie toujours d’aller vers l’avant, même s’il est vrai que sur certaines actions, le jeu amène à jouer vers l’arrière pour ne pas perdre le ballon, poursuit-il. Pour créer des décalages, des occasions, pour marquer, il faut toujours aller de l’avant. C’est ancré en moi et j’essaie de le faire au maximum. »

je préfère donner un bon ballon et bien servir mes coéquipiers, sachant qu’en plus, ici, nous avons de très bons attaquants

Pas étonnant dans ces conditions que le milieu offensif montpelliérain totalise pas moins de 9 passes décisives en championnat depuis son arrivée au club durant l’été 2018. « Parfois, je devrai peut-être être un peu plus individualiste mais ce n’est pas dans mon tempérament, poursuit Florent. Sur le terrain, si je dois donner un bon ballon pour qu’un coéquipier marque je le fais. Après, c’est vrai que je suis souvent à l’avant-dernière passe. Ça ne compte pas dans les stats, mais je pense que les gens le voient aussi. Donner de bons ballons, c’est quelque chose que j’affectionne. C’est toujours plaisant de marquer un but mais je préfère donner un bon ballon et bien servir mes coéquipiers, sachant qu’en plus, ici, nous avons de très bons attaquants dans l’effectif. On sait que si on met un bon ballon devant le but ça fait ‘‘filoche’’ au moins deux fois sur trois. » Très mobile, sa faculté à se dézoner et à se déplacer entre les lignes le rend encore plus difficile à marquer comme en témoignent ses buts inscrits à Bordeaux et à Marseille cette saison : « Ça fait partie de mon jeu. Concernant le but à Bordeaux, quand il y a un ballon sur le côté, j’essaie toujours de me mettre en retrait. Ce n’est pas forcément ma qualité d’aller au premier poteau comme peuvent le faire Gaëtan ou Andy, mais j’essaie d’amener une autre solution pour que le centreur ait le plus de choix possible. »

C’est à nous les joueurs de mettre les ingrédients sur le terrain pour animer le système que le coach décide de mettre en place

Dernier aspect de son jeu, pas le moins intéressant mais sans doute le plus inattendu, ‘‘Flo’’ a réalisé 15 interceptions cette saison, soit le 3e meilleur total de l’effectif : « Quand on est joueur de foot, on ne peut pas tout avoir non plus mais on peut bosser par contre pour améliorer les choses et c’est ce que j’ai essayé de faire dans ce secteur-là. Ce chiffre montre que je progresse et que j’arrive mieux à lire les situations de jeu pour être au bon endroit au bon moment pour intercepter des ballons, mais même si c’est mieux de ce point de vue-là, j’ai encore des progrès à faire », reconnait-il humblement.
Pour toutes ces raisons, Florent Mollet apparait comme l’un des milieux de terrain les plus complets de notre championnat. Longtemps en soutien du duo d’attaquants Gaëtan Laborde – Andy Delort dans le 3-5-2 caractéristique du MHSC ces dernières saisons, son association avec Jordan Ferri et Téji Savanier dans un 4-3-3 ultra-offensif a fait des étincelles juste avant la trêve en produisant un jeu très séduisant : « C’est ‘‘kiffant’’ de jouer en 4-3-3, mais sur les deux années précédentes, on a aussi réussi à faire de très belles choses en 3-5-2, souligne Florent. Le système est important mais il ne faut pas s’arrêter à ça. C’est à nous les joueurs de mettre les ingrédients sur le terrain pour animer le système que le coach décide de mettre en place. »

Avec l’ensemble du groupe nous sommes tous focalisés sur notre objectif

La transition est toute trouvée pour évoquer le mal actuel du MHSC qui encaisse pas mal de buts ces dernières semaines : « Il n’y a pas que nous qui prenons des buts, même les plus grandes équipes font des erreurs. Je pense que c’est vraiment dans les têtes. Il faut parvenir à rester concentrés 90 minutes parce qu’à tout moment, sur une action individuelle, si on est trop loin de l’adversaire, on peut concéder un but ou une occasion. » S’il est conscient du problème actuel de son club, Florent Mollet porte cependant un regard positif sur l’avenir et la 2e partie de saison qui s’annonce : « J’y crois beaucoup parce que je suis convaincu que nous avons une très grosse marge de progression, notamment au niveau des nombreux buts que nous encaissons, estime-t-il. Je pense que nous sommes une belle équipe à voir jouer, tous les spécialistes le disent. Le groupe s’entend bien, il y a cette rigueur dans l’effectif avec les anciens qui remettent les pendules à l’heure, des leaders dans l’équipe comme Andy aussi qui nous parle beaucoup. C’est une période un peu compliquée mais je suis convaincu que ça va revenir très vite. » Il poursuit : « On doit redevenir solide car on prend trop de buts mais je pense que c’est juste une histoire de déclic, quelque chose de collectif. Ce serait facile de stigmatiser les défenseurs. C’est tout un collectif qui doit défendre, à commencer par nous les éléments offensifs. Après, on sait qu’offensivement, comme on l’a vu sur le match de Lille ou à Marseille, nous ne sommes pas  inférieurs à ce genre d’équipe. On les met en danger, on se créé beaucoup d’occasions… Si on arrive à trouver ce juste milieu, je pense qu’on finira à une belle place. Avec l’ensemble du groupe nous sommes tous focalisés sur notre objectif qui est de ramener le MHSC dans les places européennes. »


Prochaine étape dès ce vendredi avec la réception de l’AS Monaco à La Mosson, pour une très belle affiche entre 2 formations portées vers l’avant : « Monaco est une très belle équipe, très joueuse, avec de fortes individualités, qui, un peu comme nous, peut marquer beaucoup de buts mais en encaisser quelques-uns aussi, note Florent. Ils sont aussi en course pour une place européenne et nous allons tout donner pour faire un bon résultat face à eux. »
Une dernière statistique pour la route ? Florent Mollet a inscrit 5 buts sur coup-franc direct en Ligue 1 depuis son arrivée au MHSC en juillet 2018, soit 2 de plus que tout autre joueur sur cette période (Di Maria et Gradel, 3 chacun). Alors, Flo, le prochain c’est pour quand ? « C’est une fierté d’être aux côtés de ces joueurs-là en termes statistiques mais ça fait un petit moment que je n’en ai pas mis-un. J’espère que le prochain viendra assez rapidement, conclut-il. On sait que les coups de pied arrêtés que ce soit directs (ou indirects) sont très importants dans le football moderne. Si ça peut aider mon équipe c’est tant mieux. » Pourquoi pas dès vendredi ?

Son message pour le public

Si cet article était l’occasion pour nous de ‘‘décortiquer’’, le jeu de Florent Mollet, ce dernier n’a pas oublié pour autant d’adresser un message aux supporters pailladins : « On sait que c’est compliqué pour nos supporters, qu’ils se bouffent les ongles devant leur télé parce qu’ils ont envie de venir au stade. Tous les jours, nous pensons à eux, on pense à faire des bonnes prestations pour eux. On sait qu’ils sont toujours derrière nous, même derrière leur écran et que le MHSC est dans leur ADN. » Et le n°25 montpelliérain conclut : « On donne tout et si à la fin de la saison, on arrive à décrocher quelque chose de beau, ce sera top pour le club, le Président, l’encadrement mais aussi et avant tout pour eux. On sait que les supporters n’ont pas goûté à l’Europe depuis de nombreuses années et on espère vraiment les y amener et qu’ils reviennent avec nous au stade le plus vite possible. » Rien n’est perdu en effet

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