Cyril Crama : « Sur le terrain, on était une vraie machine » | MHSC Foot , billetterie Montpellier Hérault, mhsc match, match Montpellier, led publicitaire, panneau publicitaire led

Cyril Crama : « Sur le terrain, on était une vraie machine »

Le 14 juin 1990, les cadets du MHSC, entraînés par Régis Durand, décrochaient le premier Titre dans l'histoire du MHSC chez les jeunes. Nous avons rencontré un joueur de l'époque : le bittérois et milieu de terrain Cyril Crama.

Cyril, il  y a 30 ans, c’était une belle période footballistique pour toi…

on était parti 15 jours en stage au caylar, ce qui était rare chez les jeunes. C'était très, très dur. à la dure et à l'ancienne avec régis duranD. cela a permis de souder le groupe

Ah oui, on ne pouvait pas faire mieux ! Déjà, l’année d’avant j’étais avec la génération de Bruno Carotti, Serge Blanc - qui était encore attaquant, ou Christophe Sanchez et on avait perdu en demi-finale aux penaltys avec les cadets nationaux. J’étais première année et eux seconde. Le MHSC avait eu la génération Laurent Blanc qui est allé deux fois en finale de Gambardella au milieu des années 1980 et puis il y a eu un trou générationnel donc c’était un peu le retour des bons résultats chez les jeunes de La Paillade. Car à l’époque l’AJ Auxerre gagnait tout, ils faisaient une razzia chez les jeunes.

Comment s’était faite ton arrivée au club ?

Je suis resté six ans au MHSC où j’étais arrivé en 1986 en Minimes. Comme beaucoup, j’étais d’abord passé chez les Sœurs pendant deux ans et ensuite j’avais intégré le Centre de formation avec Régis Durand comme entraîneur en Cadets première année. J’arrivais de la Devèze à Béziers. J’avais fait le concours d’entrée au collège Gérard-Philippe, cela n’avait rien à voir avec Montpellier Hérault, et finalement à l’issue de ce concours j’ai pu intégrer le MHSC car il y avait des personnes du club qui m’avaient repéré.

Comment se passe la saison 1989/90 quand tu passes Cadet deuxième année ?

Carotti, Blanc, Sanchez étaient passés à la catégorie supérieure et pas mal de joueurs étaient arrivés de l’extérieur comme Vincent Petit, Jamel Ammour, Valère Aké… Brahim Thiam, lui,  était-là depuis 2-3 ans quand même, aux côtés des locaux Candela et Rouvière. C’était rare chez les jeunes, on était parti 15 jours en stage au mois d’août ou juillet au Caylar. C’était très très dur physiquement, très long pour des jeunes, à la dure et à l’ancienne avec Régis. Il était tout seul avec nous, pas de préparateur physique ou de kiné ! A l’arrivée, tu te dis que cela a permis de souder le groupe. C’est souvent dans la souffrance que les liens se resserrent. Et en fait cette cohésion ne nous a jamais quittés de la saison. On n’avait pas de super individualité dans le groupe mais on était très soudés, très solidaires et avec un mental d’acier. Je crois que l’on a été invaincus du début à la fin de la saison, même lors des gros tournois internationaux de pré-saison. On a tout gagné.

C’était un objectif d’aller au bout cette saison-là ?

on gagne 5-1 en finale face au fc metz à bayeux. cette saison-là, ce n'était pas un hold-up d'être champion de france !

On avait fait la demi-finale la saison précédente, même si c’était une autre génération, donc forcément… Au départ tu pensais à aller en phase finale, c’est l’objectif, et après c’était devenu une évidence car on avait dominé notre championnat. Il n’y avait que quatre poules en France à l’époque donc le niveau était très resserré.

Te souviens-tu de votre parcours ?

Ah oui et je pense que même que trente ans après on est tous capables de te ressortir les matchs. On était en poule du Sud, c’était quand même assez costaud avec Monaco, Cannes, Toulon, Nice, l’OM, peut-être le TFC aussi. Après, ce qui était intéressant, c’est que tu jouais les phases finales en 10-15 jours depuis les 8èmes de finale. En 8èmes  d’ailleurs, on devait recevoir Bastia au tirage au sort puis la FFF nous a proposé de jouer en ouverture de l’OM qui devait affronter le Matra Racing en demi-finale de Coupe de France au Vélodrome. Bien sûr, on avait accepté car c’était le grand OM à l’époque. Pour des gamins qui veulent être pros, avoir la possibilité de croiser à ce moment-là des Papins, Waddle ou Mozer, cela ne pouvait pas se refuser. On avait gagné 5-0 en dominant du début à la fin. Cela fait partie des jolis souvenirs et anecdotes sympas.

Que vous offre la suite de votre parcours ?

Le tirage nous envoie jouer le Matra Racing à Colombes, un club à l’époque qui avait de la renommé et de l’argent pour aller chercher des bons jeunes à droite et à gauche. On gagne 3-1. La veille on est à l’hôtel à Paris le jour de la finale de Coupe de France MHSC-Matra Racing ! Nous n’étions pas allé voir la finale au Par et je me rappelle de Loulou et Mézy qui avaient gueulé qu’on n’ait pas été invités mais en fait je pense que Régis ne voulaient pas qu’on s’éparpille et qu’on reste concentré sur notre match face au Matra le lendemain. En demi, on reçoit Niort à la Mosson, c’est quasiment le match le plus difficile face à une équipe très physique et athlétique. On gagne 1-0 avec un but de Vincent Petit qui était notre finisseur. Généralement, c’est lui qui marquait. Derrière, on joue la finale à Bayeux en Normandie à côté de Caen face au FC Metz et on gagne 5-1. Cette saison-là, ce n’était pas un hold-up d’être champion de France !

Quelle a été la réaction du président Louis Nicollin après ce premier titre national dans l’histoire du club chez les jeunes ?

Le président n’était pas venu à Bayeux mais il nous a accueillis le lendemain à l’aéroport. Le jour-même, il nous invitait pour fêter le titre chez lui à Castelnau-le-Lez.

As-tu un souvenir personnel dans cette compétition ?

louis nicollin : " Les jeunes, vous m'avez fait bander ! je veux que dans la semaine ils soient habillés de la tête aux pieds " 

Non, c’était collectif… Ah si, mais c’était il y a longtemps, il n’y a que moi qui m’en souvient (rires) ! On jouait la première place de la poule à Toulon, on était parti la veille ou l’avant-veille même car on n’était pas encore sorti des poules. On gagne 2-0, Vincent Petit met le premier but et je mets le 2ème de 50 mètres depuis le rond central. C’était le match qu’il fallait gagner pour faire le trou devant au classement et se qualifier pour les phases finales.  Sinon, j’ai une anecdote sympa : on reçoit Monaco en championnat à Castelnau et le président vient nous voir pour la première fois de la saison. Il s’installe sur le banc avec le coach et on fait un super match, vraiment un super match. A l’époque, les équipementiers n’habillaient pas les jeunes du Centre comme ceux de maintenant... et après le match le président entre dans le vestiaire avec sa gouaille et sa façon de parler.  « Les jeunes, vous m’avez fait bander, je veux que dans la semaine ils soient habillés de la tête aux pieds », nous dit-il en s’adressant aussi aux dirigeants. C’était Nicollin, quoi ! Le président ne venait pas nous voir régulièrement, en plus on écrase Monaco 5-0 en faisant le match qu’il faut et où il faut, devant le président.

Que peux-tu nous dire sur votre coach de l’époque, Régis Durand ?

Il avait réussi à souder un groupe en alternant entre une façon très à l’ancienne de mener l’équipe, dure,  et en étant aussi un copain. Avec les joueurs, il était capable de rentrer dans les jeux, de déconner avec nous. C’était son fonctionnement et il s’était basé sur le stage au Caylar pour nous souder et faire en sorte qu’on soit un vrai groupe. Sans solidarité, tu ne fais pas un parcours. Sur le terrain, on était aussi très complémentaires et sur le terrain on était une vraie machine. Pour nos adversaires, cela devait être difficile.

Quelques-uns on par la suite percé au plus haut niveau…

Oui, Vincent Petit a joué quelques matchs avec le MHSC en L1 avant de partir à Strasbourg, je crois. Après, bien sûr, il y a Rouve, Candela, Brahim. Rouve a démarré défenseur central puis il a fini milieu de terrain, capitaine. Candela était arrière droit, très, très technique pour un défenseur. Impressionnant. Il n’avait pas encore cette vitesse qu’il a pu gagner par la suite en travaillant mais l’intelligence de jeu était là. Les joueurs de haut niveau, c’est beaucoup d’intelligence dans leur jeu de toutes les manières. Rouve dégageait déjà une certaine personnalité, de la sérénité, il était grand, costaud pour un première année. Ce n’était pas un gueulard mais il dégageait beaucoup de sérénité et de calme. C’était sa force.

Quel était ton rôle sur le terrain ?

Tu n’oublies pas, car à l’époque tu touchais ce pourquoi tu étais là

J’étais milieu de terrain, un peu plus devant que Rouve, plutôt relayeur.  Après, il y avait Aké qui était N°10 en soutien des attaquants Ammour et Petit. On jouait en 4-4-2 en losange il me semble.

Tu restes jusqu’en 1992 puis derrière il y a une belle carrière en amateur…

J’étais en fin de contrat et je pense que s’il y avait eu des agents comme maintenant, nous aurions tous rebondi quelque-part en pro. Sauf qu’à l’époque il n’y avait pas d’agent et quand tu ne perçais pas en pro, généralement tu retournais d’où tu venais.

Globalement, que gardes-tu comme souvenir de ce titre de 1990 ?

C’est un ensemble de choses. Bon, bien sûr, il y en a qu’on a perdu de vue, mais comme je te disais, si 30 ans après on est tous capables de te raconter la plupart de nos matchs, c’est que quelque part on a été marqué par ce que l’on a fait. J’ai forcément gardé contact avec Aké et Ammour car nos petits ont joué ensemble, ils sont quasiment de la même génération. Après, j’ai parfois Jean-Chris, Brahim Thiam, Vincent Candela… Les réseaux sociaux nous rapprochent (rires) ! Tu n’oublies pas, car à l’époque tu touchais ce pourquoi tu étais là.

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