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Gerónimo Rulli, deux mains de maître

Arrivé cet été au MHSC, le portier argentin s’est imposé à la vitesse de l’éclair dans les buts montpelliérains où sa présence, son talent et son calme font merveille.

Fin de séance à Grammont. Gerónimo Rulli se pose dans la salle de réception du Centre d’entraînement Bernard-Gasset Mutuelles du Soleil et prend soin de répondre en français à notre 1ère question devant le regard complice de son compatriote Jonathan Bargas, entraîneur des U18 du MHSC, venu assurer la traduction. « J’adore la langue française. Même si la prononciation est un peu compliquée, j’arrive à presque tout comprendre. Pour un gardien c’est très important de parler la langue du pays dans lequel il évolue pour pouvoir bien communiquer avec sa défense. » Pas de problème de ce côté-là en effet. Arrivé sur les bords de La Mosson il y a à peine 3 mois, Rulli s’est déjà fait une place de choix en Ligue 1 et dans le cœur des supporters montpelliérain, lui qui, arrivé début août après un long feuilleton, avait la lourde tâche de succéder à Benjamin Lecomte. « Je ne regarde pas le passé, explique-t-il. Quand je suis arrivé à la Real Sociedad, je remplaçais Claude Bravo (actuel 2e gardien de Manchester City NDLR) qui partait au FC  Barcelone. Ici, à Montpellier c’était Benjamin Lecomte qui allait à Monaco mais ça ne change rien. J’arrive toujours dans un club avec l’objectif d’écrire ma propre histoire et de me donner à 100 % pour l’équipe. »

J’arrive toujours dans un club avec l’objectif d’écrire ma propre histoire et de me donner à 100 % pour l’équipe

Ne voyez pas en cette réponse empreinte de respect une quelconque, arrogance, au contraire. Dans une Argentine où le football est souvent synonyme de démesure, il faut faire preuve de calme pour s’imposer dans des contextes bouillants. Gerónimo, lui, a grandi à La Plata, quartier d’environ un million d’habitants où chaque coin de rue transpire le football et où les fans de ballons ronds se partagent entre les deux clubs de la ville, Gymnasia et Estudiantes. Pour Géro, fils d’institutrice et d’un coach de football, ce sera Estudiantes. « J’y ai joué dès l’âge de 5 ans, toujours dans les buts parce que je n’aime pas courir, rigole-t-il. » Lancé en pro à 19 ans – « C’était un 8 avril, contre Arsenal de Sardi, un moment inoubliable, le plus beau jour de ma vie au même titre que ma première sélection avec l’Argentine. » – il a très vite dû apprendre à gérer cette chaleur moite doublée d’une passion débordante. « Je suis supporter d’Estudiantes depuis tout petit et j’ai eu la chance de jouer des derbies contre Gymnasia et même d’en gagner. Ce sont vraiment des moments très forts. Le temps s’arrête, toute la ville respire le football. Il n’y a personne dans les rues car tout le monde est au stade. La ville est divisée en deux. »

Avec ma femme, nous sommes très contents d’être ici

Fan de l’ancien gardien international paraguayen de Strasbourg José-Luis Chilavert – « Pourtant je suis quelqu’un d’assez calme, tout le contraire de lui » – ‘’Geró’’ y est resté jusqu’à 21 ans avant d’être recruté par la Real Sociedad où il a évolué pendant 5 ans. En près de 150 matchs disputés au Pays Basque, ce fan de F1 s’est forgé une solide réputation et a même décroché ses 2 premières capes avec l’Albiceleste. « Ce club a forcément une signification particulière pour moi. C’est là que j’ai découvert l’Europe, la Liga espagnole, j’ai joué contre le Barça, le Real… ça m’a permis d’emmagasiner beaucoup d’expérience. »

Pour autant, et parce qu’il « se sentait arriver dans une fin de cycle » au sein du club espagnol, le gardien de 27 ans a choisi de rejoindre le MHSC cet été « Les premiers contacts remontent à début juillet et jusqu’à mon arrivée, j’ai senti tous les jours que le club voulait que je vienne ici, explique-t-il. Pour moi, c’était vraiment un pas en avant de venir à Montpellier et de découvrir la Ligue 1. Le MHSC fait de bonnes saisons ces dernières années, il a été champion en 2012, c’est un club très structuré. Pour toutes ces raisons j’ai pris cette décision de venir et je ne regrette pas ce choix. Le club est très familial et la ville est magnifique. Avec ma femme nous sommes très contents d’être ici. J’ai été très bien accueilli je me sens très bien ici. »

Et ça se voit sur le terrain où sa présence dans les buts, la sûreté qu’il dégage, autant dans ses sorties que sur sa ligne en font déjà un taulier de l’équipe. Avec 80% de tirs arrêtés depuis le début de la saison soit le 3ème meilleur total du championnat, il n’est d’ailleurs pas étranger au fait que le MHSC soit aujourd’hui la 3ème meilleure défense de Ligue 1. « Je suis très content de mon début de saison, mais le travail de l’équipe est plus important que mes performances personnelles, nuance-t-il. Si nous avons la 3ème meilleure défense aujourd’hui, ce n’est pas le résultat de mon travail uniquement mais celui du travail de toute l’équipe. Défendre, c’est quelque chose de collectif. Nous avons un très bon groupe qui travaille beaucoup. L’objectif collectif est de faire mieux que la saison dernière ce qui équivaut à faire une grosse saison puisque le dernier exercice était déjà très bon mais nous pouvons y parvenir. »

Quand je vois l’intensité ici je me demande comment les joueurs font pour tenir 90 minutes

Au moment d’évoquer ce qui l’a le plus surpris dans notre championnat, le gardien montpelliérain livre une analyse claire et concise : « La L1 est un championnat très différent de la Liga. Ici, c’est beaucoup plus physique mais avec quand même un très bon niveau technique. Beaucoup de joueurs de L1 pourraient d’ailleurs jouer tranquillement en Espagne. J’ai vraiment été surpris positivement du niveau ici. Quand je vois l’intensité ici je me demande comment les joueurs font pour tenir 90 minutes : le jeu est fortement basé sur la transition, alors qu’en Espagne, on est plus sur un jeu de possession où on prend plus le temps de mettre en place les attaques. » Pour autant, son adaptation ultra rapide force l’admiration. Bluffant mais pas si étonnant que cela quand on analyse la faculté des Argentins à s’adapter à l’étranger. « Ce n’est pas le foot argentin qui permet aux Argentins de bien s’expatrier, c’est l’Argentin lui-même de par sa personnalité, explique Rulli. L’Argentin est un compétiteur dans l’âme. On nous inculque ça depuis tout petit. L’Argentin veut toujours être compétitif, et, pour cela il doit s’adapter. »

Ce soir contre le PSG, le gardien international argentin du MHSC (2 sélections) va d’ailleurs croiser la route de 3 compatriotes : Angel Di Maria, Mauro Icardi et Leandro Paredes. « Leandro est un ami proche. Nous avons souvent joué l’un contre l’autre, on s’est côtoyé en sélection… Il était même à mon mariage. C’est toujours un plaisir de se retrouver, sourit-il. Je connais moins Icardi et Di Maria mais ce sont deux très grands joueurs. » Un match dans le match en plein cœur  d’une rencontre qui s’annonce passionante « Paris est une grande équipe mais ce n’est pas impossible de gagner. Mes coéquipiers l’ont d’ailleurs montré la saison dernière en décrochant la victoire. Les joueurs parisiens sont des êtres humains comme nous et ça va se jouer sur le terrain. »

Loin de sa terre natale de La Plata, Gerónimo Rulli continue de tracer sa route avec calme, talent et détermination. Bien secondé par l’entraîneur des gardiens Teddy Richert, dont il loue le professionnalisme et avec lequel il s’entend très bien – «  On se parle beaucoup, il me conseille, me corrige. Je suis content de la relation que j’ai avec le lui » – il peut aussi compter sur le soutien inconditionnel des supporters montpelliérains, qui l’ont déjà adopté « Je les remercie beaucoup pour leur accueil et il faut vraiment qu’ils continuent à nous supporter parce que sans eux ce serait difficile, dit-il avant de conclure : Je remercie tout le monde pour l’accueil Pour moi, le MHSC, c’est comme une famille et je suis heureux d’en faire partie.» Sans forcer mais juste en étant lui-même, Gerónimo Rulli y a semble-t-il déjà trouvé sa place. 

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