Dzodic – Le Tallec, destins croisés

Le premier, Serbe de naissance a débarqué à Montpellier à 20 ans, pendant que le second, international français chez les jeunes, s’est relancé à l’Etoile Rouge de Belgrade où il évoluait encore il y a quelques mois. Les deux hommes croisent leur regard sur un football balkanique qui leur tient à cœur 

Comment êtes-vous arrivés en France / et en Serbie ?
Nenad DZODIC : J’évoluais au sein du club de Zemun, une ville proche de Belgrade comme peuvent l’être Lattes ou Castelnau de Montpellier par exemple. À l’époque, le FC Zemun avait une belle réputation au niveau de son centre de formation. Il sortait beaucoup de jeunes avec un fort potentiel grâce à de très bons éducateurs. J’ai participé, avec la sélection nationale de Yougoslavie à l’époque, aux Jeux Méditerranéens qui se sont déroulés  à Paris en 1997. Nous avions joué deux matchs contre l’Albanie et l’Italie. Des dirigeants du MHSC m’ont repéré et j’ai rejoint l‘Hérault quelques mois plus tard. J’avais à peine 20 ans dans la foulée.

Damien LE TALLEC : Je pense que je suis le premier Français à avoir évolué en Serbie. À l’époque, je jouais en Russie et comme il y a beaucoup de connexion entre la Russie et la Serbie qui sont des pays très proches... le coach de l’Étoile Rouge, Miodrag Božović était en Russie précédemment. Dès qu’il est parti à l’Etoile Rouge il m’a voulu là-bas.

Qu’est-ce qui est le plus surprenant quand on arrive en France / en Serbie ?
Nenad : Footballistiquement, le plus surprenant pour moi était que le MHSC jouait la défense en zone alors qu’en Yougoslavie, on était plutôt sur du marquage individuel. J’ai mis un peu de temps à assimiler ça mais ça s’est bien passé ensuite. Au niveau du jeu, l’intensité était plus importante ici en France. Dans la vie de tous les jours, c’était aussi un gros changement ; en terme de culture d’abord mais aussi parce que c’était la première fois que je quittais le foyer familial et que je ne parlais pas français. Je vivais au quartier des Beaux-Arts à l’époque. Ma femme est arrivée un an plus tard, Nenad Stojkovic est arrivé peu de temps après et cela a facilité mon intégration, en même temps que l’apprentissage de la langue.  Je me souviens aussi de M. Tasic, un compatriote qui vivait à Montpellier. Il m’a beaucoup aidé.
Damien : C’était forcément moins dur pour moi que pour un étranger qui débarque là-bas étant donné que j’avais déjà connu l’Ukraine et la Russie. La Serbie est un pays magnifique et Belgrade une très belle ville. Côté foot, l’Etoile Rouge est un club historique qui manque certes de moyens mais qui est très professionnel. C’est un très bon club, un club mythique avec une super ambiance, la meilleure que j’ai connue. Les matchs de coupe d’Europe sont souvent à guichets fermés avec 55 000 personnes. C’est vraiment quelque chose à vivre ! Maintenant, je dois reconnaître que c’est un peu dangereux aussi, surtout les derbies notamment celui contre le Partizan de Belgrade. Les deux stades sont distants de 100 m et le jour du derby c’est très, très chaud. D’ordinaire c’est déjà impressionnant mais là…  Ça m’a vraiment plu !

Aujourd’hui, quelles sont les plus grosses différences entre le championnat serbe et le championnat français ?
Nenad : L’intensité physique qui est beaucoup plus élevé ici. En Serbie, on peut la retrouver sur un ou deux matchs mais, ici, on la retrouve tous les week-ends. Cette intensité t’empêche d’avoir plus de temps pour jouer et réduit les espaces. Au départ, il faut clairement un temps d’adaptation. Malgré tous les moments difficiles que nous avons vécus  par le passé, les guerres, les sanctions, les Balkans restent tout de même une région qui sort des joueurs très talentueux. Après, est-ce qu’ils vont arriver à s’adapter ou pas, ça c’est une autre histoire, mais ce qui est sûr, c’est que le talent est là.
Damien : La Ligue 1, c’est un autre monde à tous les niveaux. C’est incomparable. Dans le championnat serbe, il y a 5-6 équipes de bon niveau et le reste est assez moyen.

Quelle est la caractéristique du jeu et du footballeur des Balkans ?
Nenad : Je dirai la technique et l’intelligence de jeu. La France a connu des joueurs offensifs talentueux venus des Balkans comme Susic, Dragan ‘’Pixi’’Stoijkovic, Skoblar ou Drobjnak mais ce sont souvent des défenseurs venus de cette région qui ont brillé ces dernières années. Cela dit, ça dépend surtout des générations. L’équipe de Serbie a été sacrée championne d’Europe U19 il y a quelques années et je suis certain que plusieurs d’entre eux vont percer.
Damien : C’est très axé sur la technique. Après, je n’oublie pas que j’étais dans le meilleur club de Serbie, donc, on avait souvent le ballon, on dominait tous les matchs ou presque, nous étions la ‘’grosse’’ équipe comme l’est le PSG en France aujourd’hui avec une façon de jouer similaire axée sur la possession de balle. Globalement, le joueur de l’Est a pour caractéristiques une grande technique mais aussi beaucoup de vitesse, c’est un peu fou-fou parfois mais il y a vraiment des supers talents. L’Etoile Rouge sort d’ailleurs régulièrement de très bons joueurs de son Centre de Formation.

Leur regard sur Petar Škuletić
Damien : Je le connais depuis très longtemps et son passage au Lokomotiv Moscou, en Russie. J’ai joué quelques matchs contre lui. C’est un grand gabarit, costaud devant. Après, il faut faire attention avec lui, être patient. Il a besoin de temps, il n’a pas de Serbe à côté de lui, il est tout seul même si j’essaye un peu de l’aider. C’est un joueur de qualité, un vrai pivot. Si on devait le comparer à quelqu’un ce serait à Giroud. Ce n’est pas un joueur qui va dribbler tout le monde mais dans le combat et dans le sens du but, ça il n’y a pas de problème. Il peut vraiment faire de belles choses ici.
Nenad : Son intégration s’est bien passée avec le club et les joueurs mais cela a tardé un peu footballistiquement en raison de sa préparation physique. Je suis très content que, petit à petit, il arrive désormais à pouvoir exprimer ses qualités d’attaquant et de buteur. Contre Caen, il a fait une très belle prestation et  il a marqué samedi à Monaco. Ce but va lui faire du bien. C’est un joueur qui a une super mentalité et un très bon état d’esprit.

A lire également

14déc2018

Équipe pro

Le samedi 22 décembre à 21h, le MHSC reçoit l'olympique lyonnais à la mosson. un choc entre deux équipes du haut de tableau, quoi de plus beau pour finir l'année 2018 ? Une victoire peut-être... Mais elle ne se concrétisera pas sans vous. on
Lire la suite

13déc2018

Équipe pro

Le président du Montpellier Hérault Sport Club réagit ce jeudi à l'annonce d'un nouveau report de match pour son équipe, celui de Nantes ce samedi après le déplacement déjà reporté de la semaine passée à Paris. Ecoutez Laurent Nicollin sur
Lire la suite

Équipe pro

Le point de vue du préparateur physique du MHSC concernant le nouveau report de match pour l'équipe pro pailladine qui ne jouera pas ce samedi à Nantes après avoir également vu son match au PSG de samedi dernier déjà reporté. Ecoutez Stéphane
Lire la suite