Claude Lowitz : « J’ai lancé la mode des ailiers reconvertis latéraux » | MHSC Foot , billetterie Montpellier Hérault, mhsc match, match Montpellier, led publicitaire, panneau publicitaire led

Claude Lowitz : « J’ai lancé la mode des ailiers reconvertis latéraux »

Passé par le TFC et le MHSC dans les années 1980 comme joueur, Claude Lowitz était à Grammont la semaine passée en tant que directeur du Pôle Espoir de la Réunion. L'ancien défenseur nous parle de sa nouvelle carrière tout en jettant un coup d'oeil dans le rétro sur ses années de footballeur à Toulouse et Montpellier. Entre autres... 

Claude, comment s’est faite votre arrivée à la tête du Pôle espoir de football de la Réunion ?

J’avais passé mon DEF à Clairefontaine et dans mon projet personnel je désirais être directeur de centre de formation ou directeur d’un Pôle espoir. Je n’ai pas tout de suite eu l’opportunité de le faire car j’ai eu une proposition de la Région de l’île de la Réunion, celle d’aller prospecter au niveau de la Chine. A la demande du premier ministre français, je devais voir comment on pouvait établir une relation entre La Réunion et la Chine via la France. Je suis donc parti prospecter là-bas avec des dirigeants de La Réunion qui prospectaient dans divers domaines à eux. Le mien, c’était le sport. J’ai donc pu mettre en place un pont depuis Shanghai, la ville la plus intéressante et la plus propice au niveau de la structuration d’un Centre de formation. J’ai donc passé 3 ans en Chine où j’ai été directeur de centre de formation, j’ai formé des gamins de 16 ans, ces gamins ont pu intégrer le monde pro à partir de 17 ans en Ligue C de là bas. Il y a eu des résultats très intéressants et la fédération chinoise m’a ensuite demandé de former des entraîneurs chinois et de m’occuper des sélections. Pour un petit souci administratif, par rapport à ma retraite, il y a eu un petit couac car j’avais perdu 3 ans de cotisations. De ce fait j’ai décidé de ne plus continuer là-bas car aucune solution concrète ne m’était proposée. Je suis alors rentré à la Réunion et au même moment le directeur du Pôle espoir démissionnait. J’ai postulé et le comité directeur a accepté ma candidature. A partir de là j’ai été nommé directeur du Pôle espoir, pratiquement depuis 2007.

Pintenat, Maier, Weller, Lacombe, Favre, rousset, Rensenbrink ... Ces pros-là étaient exemplaires, ils m'ont accompagnés et permis d'effectuer une carrière pro

Vous aviez des attaches particulières avec la Réunion ?

Je ne suis pas du tout Réunionnais, je suis né à Figeac dans le Lot. Je suis de père polonais, d’où mon nom, et de mère guinéenne qui, elle, était de père turc. Je suis donc un métis qui est né à Figeac et qui a grandi dans le Lot. Par la suite, c’est Pierre Cahuzac qui m’a intégré au Toulouse FC. C’est comme ça que j’ai été lancé dans le grand bain à partir de 16 ans et ½.

Le TFC-MHSC de samedi et votre venue à Grammont la semaine passée avec le Pôle espoir de la Réunion, c’est l’occasion de ressortir la boîte à souvenirs de votre carrière …

Tout a commencé à Toulouse comme je disais. J’ai eu la chance de partir en stage tout de suite avec les professionnels du côté de Auch, dans une station balnéaire. C’était très difficile pour moi car je sortais de promotion de 1ère série à Cajarc. Vous vous rappelez le sketch de Coluche ? Papy Moujeot de Carjarc… (rires)  Après ce stage, j’ai été intégré dans l’équipe réserve .Pierre Cahuzac avait mis en place à cette époque une opposition toutes les semaines entre la réserve et les pros à l’occasion afin de repérer quels jeunes pouvaient monter avec les pros pour s’entraîner ou être remplaçant en match. C’est comme ça que j’ai disputé mon premier match à Marseille contre l’OM. Le monde est petit  car en face il y avait Jacques Lopez qui est aujourd’hui conseiller technique à la Réunion !

Toulouse, à cette période-là, était un club et une équipe qui allait au fur et à mesure monter en puissance avec notamment de beaux noms dans son effectif au milieu des années 1980…

Tout à fait, avant les Marcico, Tarantini, Passi qui ont joué la coupe UEFA et éliminé Naples, il y a aussi eu de grands joueurs avec moi au TFC : Robert Pintenat, Léon Maier, Marc Weller, Guy Lacombe puis Lucien Favre l’ancien coach de Nice, Laurent Rousset... J’ai également eu la chance de côtoyer Robbie Rensenbrink, l’international néerlandais. Ces pros-là étaient exemplaires, ils m’ont accompagnés et permis d’effectuer une carrière professionnelle.

Ensuite vous avez connu le FC Metz et ce match retour de coupe de l’UEFA au Camp Nou face au FC Barcelone. Les anciens doivent vous en reparler fréquemment…

C'est surtout plus tard, avec l'OM, qu'il y a un match face à Montpellier qui me reste en tête. Il y avait une certaine tension autour de cette rencontre, un certain engouement. Et c'est le MHSC qui a été européen à notre place... 

C’est sûr (rires) ! D’autant plus quand une équipe française rencontre le Barça en Coupe d’Europe. On avait perdu 4-2 à domicile et on était mené 1-0 là-bas jusqu’à la fin de la première période. Au final on l’emporte 4-1 au Camp Nou. Cette victoire là-bas, c’était l’œuvre de Marcel Husson, un entraîneur que je garde vraiment dans mon cœur, un homme très ouvert, à l’écoute. Il m’a beaucoup apporté. Tout comme Pierre Cahuzac qui a été très dur avec moi mais je l’en remercie. Pour l’anecdote, à la fin des entraînements avec les pros de Toulouse il me disait « Toi tu restes sur le terrain et tu cours ». J’étais tout seul, je n’avais pas de voiture et il fallait que je me débrouille ensuite pour rentrer de l’entraînement à pieds chez moi. C’est lui qui m’a un peu mis dans le dur et qui m’a appris à surmonter certaines épreuves. Le jour où je l’ai revu sur Toulouse lors d’un de mes passages là-bas, je l’ai remercié et lui m’a dit « Non, c’est grâce à toi-même si tu y es arrivé ». J’ai choisi Metz, alors que j’avais des propositions d’un peu partout, car j’ai trouvé que Marcel Husson était un peu comme un père qui me guidait. Tout comme l’a fait ensuite Gérard Houiller au PSG. Ce qu’il y a de bien avec Metz, c’est qu’avec Luc Sonor nous avons lancé la mode des latéraux offensifs. Nous étions deux ailiers reconvertis en latéraux. Et après le match de Barcelone, le Barça voulait m’acheter à Metz mais monsieur Molinari me l’a caché, voilà, et c’est Marcel Husson qui me l’a révélé bien plus tard (rires) !

Par contre cela vous a permis d’aller au PSG, et au bon moment !

En fait, je ne voulais pas quitter Metz. Mais je n’y ais pas continué pour des raisons qui m’ont déçues. Finalement je suis allé à Paris, peut-être un coup de chance en effet, car on est champion avec le PSG ! On était parti pour battre un record d’invincibilité que Nantes à battu derrière. On a été 25 matchs invaincu je crois, il y avait une super ambiance, un super coach en la personne de Gérard Houiller. Il était super humain. Je sentais que j’avais besoin de ce genre d’entraîneur pour m’amener au plus loin et je lui devais de rendre ça sur le terrain. Mais au bout de la 28ème journée je me suis blessé au stade Vélodrome, les ligaments croisés du genou. Cela a donc été un titre au goût un peu amer pour moi.

Lors de ces premières années de footballeur à Toulouse, Metz ou le PSG, aviez-vous eu l’occasion de croiser le fer avec la Paillade et quel souvenir en gardez-vous ?

Oui,bien sûr ! Mais c’est surtout plus tard, avec l’OM, qu’il ya un match qui me reste en tête. Si on gagnait à La Mosson on se qualifiait pour la Coupe d’Europe. Au final c’est Montpellier qui est européen à notre place après une victoire 4-1. Je m’en souviens car il y avait une certaine tension autour de ce match, un certain engouement pour se qualifier et pour pouvoir jouer une Coupe d’Europe la saison suivante. C’était un objectif du club et on était vraiment remontés pour faire plaisir aux supporters. Le scénario s’est déroulé tout autrement...

Comment avez-vous atterri à La Paillade et quelle image aviez-vous de Montpellier avant de rejoindre le club en 1988/89 ?

C’est mon agent, qui était Alain Migliaccio, qui m’en a fait la proposition. Quand j’ai été accueilli pour un entretien, j’ai trouvé monsieur Nicollin vraiment super dans ses propos. On sentait qu’il y avait un engouement du public pour le club mais aussi des installations qui ne sont plus ce qu’elles sont devenues par la suite (rires) ! Il y avait pas mal de jeunes joueurs issus du coin, les Blanc, Baills, Lucchesi, des jeunes avec de très bonnes mentalités et de grosses pointures aussi à leurs côtés comme Julio César, Jean-Claude Lemoult. Cantona, Paille allaient arriver aussi un peu plus tard. Pour moi c’était intéressant de pouvoir pratiquer avec des joueurs de ce niveau-là.

Vous arrivez dans une équipe qui est donc devenue européenne à la place de la vôtre. Pour la Paillade cette 2ème année dans l’élite a été plus compliquée à gérer. Certains anciens évoquent même quelques entraînements rugueux pour ne pas dire plus…

Les relations et les rencontres qu'on peut avoir durant une carrière, c'est fabuleux

Oui tout à fait. Je crois que ça fait partie d’un groupe de foot et de l’être humain. On ne peut pas toujours être d’accord. En arriver jusqu’aux mains, oui cela a peut-être eu lieu, mais personnellement je n’en garde pas un mauvais souvenir. Effectivement, la 2ème saison pour un promu est plus compliquée. D’autant plus si la première année est exceptionnelle. Après, c’est un contexte. L’entraîneur était Pierre Mosca, ensuite est arrivé Aimé Jacquet qui a fait une courte transition et moi je ne me retrouvais pas trop là-dedans. Il y a un projet de jeu, puis un autre et du coup comme j’ai eu une proposition de Nantes j’ai évolué vers là-bas au début de ma 2ème année au MHSC après seulement 1 ou 2 matchs je crois en début de saison.

Quel souvenir gardez-vous du coup de Montpellier ?

Un bon souvenir. Déjà de Loulou, Louis-Nicollin, paix à son âme, et de tout ce qu’il a pu faire pour le football héraultais. Montpellier, c’est Loulou. Je garde le souvenir des joueurs que j’ai pu côtoyer. La semaine passée j’ai retrouvé Kader Ferhaoui par exemple, Baills ou Der Zakarian lors de notre visite avec le Pôle. J’en garde un très bon souvenir et aucune amertume à l’image de tous les clubs où je suis passé. Les relations et les rencontres qu’on peut avoir durant une carrière, c’est fabuleux. Ce projet, cette aventure humaine, restera pour moi quelque-chose de fort dans ma vie.  J’ai revu avec un grand plaisir Michel Mézy. Cela faisait des années que je ne l’avais pas revu ! Et j’en profite pour féliciter tous les acteurs du club qui ont eu un jour  l’idée de mettre en place un réel projet de formation et de club pro à Montpellier. Il y a toute une structure qui est digne de ce club aujourd’hui. Il n’y a qu’à regarder autour de nous, ce que ce lieu est devenu depuis mon passage de joueur ici, c’est impressionnant. A l’époque, on avait juste un vestiaire et trois terrains. Chapeau à tout ceux qui ont contribué à la réalisation de ce centre d’entraînement-là et merci de leur accueil.

Vous qui avez joué à Toulouse plusieurs années, comment expliquez-vous que le TFC n’ait jamais réussi à passer un cap et à gagner une Coupe ou un titre à l’image de Montpellier ?

AU MHSC, beaucoup d'anciens sont investis, cela parle pour tout le reste

Quand on connaît l’histoire du sport en France, on sait que le rugby est arrivé dans le Sud-ouest et que le football s’est propagé un peu partout à partir du Havre. Toulouse fait partie de ce Sud-ouest, le Stade toulousain est quand même un emblème très fort dans la ville où les gens sont passionnés de rugby. On ne pourra jamais enlever ça et c’est normal. Au niveau du TFC, je pense que ce qui est important aujourd’hui, ce sont les hommes. Les hommes qui font les clubs. Quand on parle de Loulou Nicollin, quand on parle de Francis Borelli ou de Aulas aujourd’hui, on parle de grands présidents qui ont pris des virages à 90 degrés pour essayer d’être un peu devin et faire en sorte qu’il y ait un réel projet de club ou de jeu à travers des entraîneurs compétents. Je pense que c’est ça le problème de Toulouse. A Montpellier, je vois qu’il y a vraiment beaucoup d’anciens joueurs qui sont investis dans le club. Cela parle pour tout le reste. A Toulouse, je n’ai pas l’impression qu’il y ait un réelle volonté de mettre en place certaines choses. La deuxième chose, c’est que cela devient compliqué. Aujourd’hui, on se rend bien compte que les clubs les plus riches achètent les meilleurs joueurs et se disputent le championnat et les 5 premières places. On dirait que le championnat est un peu faussé, qu’il y a Paris, Monaco, Marseille, Lyon et puis les autres. A un moment donné, l’argent ne devrait pas être le facteur de réussite d’un club. L’exemple de Lyon est quand même intéressant au niveau de la préformation, de la formation et du groupe pro. Si les résultats ne sont pas encore du niveau espéré ou irréguliers, il y a quand même l’intention de former sur place et de faire en sorte qu’on puisse avoir des joueurs compétitifs et de haut niveau. Je pense que cela arrivera et qu’à un moment donné Toulouse va sortir de ce fond de tableau ou milieu de tableau dans lequel le club est depuis quelques années pour jouer un rôle important dans le football français. Que ce soit Montpellier ou Toulouse, il faudrait à un moment donné qu’il y ait un réel combat pour gagner le championnat.

Toulouse-Montpellier, on appelle ça « derby de l’Occitanie », ça vous inspire quoi ?

Quand il y a eu le redécoupage, on a eu les deux clubs dans la même région, du coup on appelle ça un derby… Peu importe. Qu’on soit dans la même région ou qu’on ne le soit pas, un match reste un match et il faut le disputer en voulant faire plaisir au public. Que les joueurs prennent du plaisir sur le terrain et que le spectateur en prenne lui aussi en tribune.

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