Sakina Karchaoui, couloir virevoltant

Malgré son jeune âge (22 ans), la latérale montpelliéraine possède déjà une solide expérience du haut niveau qui ne sera pas de trop à l’heure de défier Lyon ce lundi (21h) entre Rhône et Saône. Itinéraire d’une joueuse aussi prompte à progresser qu’à prendre son fameux couloir gauche.

Quand on a été formée au MHSC comme c’est son cas, une confrontation face à Lyon a toujours une saveur particulière, presqu’un goût de ‘’Clasico’’ comme ils disent de l’autre côté des Pyrénées. Il faut dire qu’avant de prendre les rênes du football féminin français, l’OL s’est inspiré du club montpelliérain, qui, sous l’impulsion du Président Louis Nicollin, a été le premier club pro à se doter d’une section féminine.

Les Montpellier-Lyon, ça commence donc très tôt, chez les jeunes. Sakina Karchaoui, arrivée à Grammont à l’âge de 12 ans se souvient d’abord « des confrontations en U19 », l’antichambre de l’élite. A l’époque, elle a d’ailleurs remporté 2 finales face aux Lyonnaises avec deux titres de championnes de France à la clé (2012 et 2013). De « sacrés souvenirs », reconnait-elle.

Bon, chez les grandes, il faut le reconnaitre, ça s’est un peu gâté avec quasiment tout le temps des défaites. « Mon 1er MHSC – OL, c’était lors de la saison 2014-2015, on avait pris 5-1 à la maison », grince la native de Salon-de-Provence. « Ça commence à remonter, je me fais vieille », dit-elle en reprenant ce large et spontané sourire qui fait son charme. « En comptant les matchs de championnat et ceux de coupe, je commence à en avoir joué quelques-uns. Même si les écarts entre les équipes se réduisent au fil des années, jouer des matchs contre Paris ou Lyon sont toujours des moments particuliers et nous avons toujours la même envie de faire un gros résultat. »

Parmi ses confrontations face aux Rhodaniennes, la n°7 montpelliéraine en garde plus particulièrement deux dans un coin de sa tête. « Je me souviens de notre finale de Coupe de France à Calais en 2015. J’avais joué milieu droit et délivré une passe décisive sur l’ouverture du score de Sofia Jakobsson… Malheureusement, on avait perdu de justesse en fin de match (2-1), raconte-t-elle. Le match qui me laisse le plus de regrets ? « L’aller cette saison sans hésiter (défaite 5-0). Collectivement, nous avions vécu un match compliqué et, sur le plan purement personnel, je dois reconnaitre que j'étais passée complètement à côté. » Le constat est sobre, lucide et sans échappatoire. « Cette rencontre me reste en travers de la gorge, poursuit ‘’Saki’’ Même s'il y a eu des matchs depuis, cette prestation me trotte encore dans la tête. Lundi, j'espère montrer un meilleur visage. »

on va donner notre maximum et on verra le résultat à la fin

Mais de quelle manière aborder ce match face à une équipe de l’OL invaincue cette saison et qui n’a perdu qu’un seul match de D1 sur les 3 précédents exercices (contre le PSG la saison passée) « Bien sûr que l’OL est une très grande équipe avec peu de défaites au compteur mais le football on l'aime aussi pour ça, pour essayer de mettre les adversaires en échec quelle que soit leur valeur, explique Sakina Karchaoui. Toutes les séries s’arrêtent forcément un jour et savoir qui sera la première équipe à les faire tomber est un sacré défi. Par conséquent, on aborde cette rencontre avec beaucoup de détermination et la volonté de se surpasser. On sait que ce sera compliqué, qu'il faudrait être lucide, rigoureuses dans le placement, surtout défensivement car elles ne ratent quasiment jamais d’occasion mais on va donner notre maximum et on verra le résultat à la fin. »

Si le discours est toujours calme et empreint d’humilité, Sakina Karchaoui a de toute évidence pris de l’assurance comme en témoignent ses montées rageuses dans son couloir gauche et l’importance qu’elle a pris au fil des années dans le dispositif mis en place par Jean-Louis Saez. « J'ai grandi au niveau de mon placement car, comme je n'ai pas été formée à ce poste, il m'a fallu m'adapter. Ce n'était pas naturel pour moi de défendre. Au fur et à mesure ça va de mieux en mieux mais je dois encore m’améliorer au niveau de ce placement justement. Je donne tout à l'entraînement pour progresser. Le coach m'a rapidement fait confiance même si j'ai dû batailler pour avoir ma place sur la durée, ce qui est normal (elle a commencé à jouer régulièrement en D1 à 18 ans) et j’espère le lui rendre sur le terrain. »

 Nous avons un bon groupe, dynamique, on se comprend et on essaie ensemble de gommer nos erreurs

A l’heure de se projeter plus loin que ce match face aux Lyonnaises et d’évoquer la saison de son équipe, la défenseur héraultaise reste optimiste. « Nous avons un bon groupe, dynamique, on se comprend et on essaie ensemble de trouver nos erreurs pour mieux les gommer que ce soit individuellement ou collectivement, détaille-t-elle. Nous sommes toujours en course en Coupe de France et en Ligue des Champions, et, même si en championnat, la défaite du match aller a été difficile à digérer, nous avons su rebondir dans les matchs qui ont suivi, si on excepte évidemment ce match face au PSG où on perd sur deux coups de pied arrêtés ce qui est rageant. La qualification pour la Ligue des Champions est toujours atteignable et nous allons tout faire pour l’atteindre car cette compétition est magnifique et nous avons envie de la revivre la saison prochaine. » Un objectif européen nommé Chelsea qui a forcément une saveur particulière pour Sakina - « C’est un bonheur de disputer cette compétition et la jouer avec son club formateur, c’est encore plus fort et ça fait chaud au cœur. » - mais qui cache aussi un autre objectif tout aussi bleu…. De France celui-ci « Avec la nouvelle sélectionneure, il y eu un nouveau tournant. Beaucoup de jeunes joueuses sont arrivées mais le groupe reste solide. Quoi qu’il en soit, Il faut d'abord être performante en club pour rester en équipe de France. » Des Bleues rajeunies ou Sakina Karchaoui fait presque figure d’ancienne, comme à Montpellier d’ailleurs. « On n’ira pas jusque-là » sourit-elle. Il n’empêche, elle possède déjà une solide expérience du haut niveau, de quoi en oublier presque qu’elle a fêté ses 22 ans le 26 janvier dernier. « On me dit toujours que je fais plus jeune que mon âge donc ça doit aller, dit-elle dans un grand éclat de rire, je fais encore jeune non ? » On confirme oui… et avec un bel avenir devant elle aussi.

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