Clarisse Le Bihan, elle a tout d’une grande

Arrivée cet été au MHSC, l’attaquante de bientôt 22 ans s’est vite adaptée à sa nouvelle équipe. Avec travail, détermination et humilité, le tout saupoudré d’un large sourire qui fait sa force. Rencontre avant le déplacement sur le terrain du PSG (dimanche, 15h).

L’attitude est joviale, le sourire franc et les réponses aussi spontanées qu’intéressantes, elle est comme ça Clarisse Le Bihan. Et ce n’est pas seulement la découverte du soleil du Sud qui la rend ainsi. Chez elle, c’est plutôt une philosophie... Et c’est bien agréable. « J'aime être positive, je trouve que ça nous apporte de bonnes choses dans la vie, sourit-elle. J'aime entretenir des bonnes relations avec les gens. » Voilà qui explique sans doute en partie pourquoi cette attaquante s’est aussi vite adaptée à sa nouvelle vie, elle, la Bretonne pur jus, arrivée au MHSC cet été en provenance de l’En-Avant de Guingamp.

Née à Quimperlé, ville située entre Lorient et Quimper, Clarisse, 3e d’une famille de 4 enfants sait mieux que personne que dans le football, il y a une certaine part d’hérédité. Pour preuve, son père a joué jusqu’en D3 à Brest et évoluait au même poste qu’elle, celui de 9 et demi. « Si je suis footballeuse aujourd’hui, c'est un peu la faute de papa… la seule différence, c’est qu’il est gaucher et moi droitière, rigole Clarisse. Je suis presque née avec un ballon dans les pieds. Dès l'âge de 5 ans j’ai dit à mes parents que je voulais faire du foot. » Passée par l’US Quimperlé et Ergue Gaberic, c’est à Saint-Brieuc, devenu ensuite l’En-Avant de Guingamp, qu’elle a découvert la D1 dès l’âge de 15 ans. Depuis, cette admiratrice de Camille Abily et Eugénie Le Sommer - deux Bretonnes - n’a cessé de gravir les échelons. Titulaire indiscutable en Bretagne, elle a été sélectionnée dans toutes les catégories d’âge chez les Bleues, avec à la clé un titre de vice-championne d'Europe U17 en 2011 et de championne d’Europe U19 en 2013 aux côtés notamment de Sandie Toletti et Solène Durand. Une progression ascendante et linéaire qui lui a ouvert les portes de l’Equipe de France A en 2015 pour laquelle elle compte 11 sélections à ce jour.

Très attachée à sa Bretagne natale – « ça restera toujours chez moi, là où j’ai grandi et où j’ai beaucoup de souvenirs » – Clarisse Le Bihan a choisi de rejoindre le MHSC cet été, toujours avec cette optique de progression en toile de fond. « Cela faisait 7 ans que j' étais à Guingamp, j'avais envie de me lancer un nouveau challenge, d'aller dans un club du top 4, de voir un autre groupe, une nouvelle façon de travailler, explique-t-elle. Je voulais sortir de mon confort, me bousculer et voir ce que je valais ailleurs. » Une chose est sûre, quelques mois à peine après son arrivée, celle qui a choisi de  porter le n°29 en clin d’œil à son Finistère natal, ne regrette pas son choix. « Je me sens très bien ici, explique-t-elle. J'ai du plaisir à venir aux entraînements, j'aime la façon dont on travaille. Il y a une bonne ambiance dans le groupe, les résultats sont positifs donc, pour l'instant, c'est vraiment le top. C'est une belle aventure qui commence et j'espère qu'elle va durer. »

Sur le terrain, Clarisse, n’a pas tardé à trouver le chemin des filets, c’était contre… Guingamp lors de la 2e journée. Depuis, celle qui a été sacrée championne du Monde avec l’équipe de France universitaire à l’été 2015 aux côtés de ses coéquipières montpelliéraines Lindsey Thomas, Laura Agard et Valérie Gauvin, a fait étalage de nombreuses qualités dont une belle aisance technique et une faculté très intéressante à bien se déplacer entre les lignes. « J’aime évoluer en 9 et demi, en recul de l’attaquante. Même si je peux aussi jouer en pointe, j'ai tendance à beaucoup décrocher, souligne-t-elle. Après, je sais aussi que je dois m’améliorer devant le but. Globalement, même si je me sens bien depuis mon arrivée ici, je sais que je peux apporter encore plus à l'équipe »

Comptez sur elle pour ne pas lâcher le morceau. En bonne bretonne qui se respecte, Clarisse Le Bihan est plutôt du genre têtu et obstiné. « J'ai un peu ce caractère-là, c’est vrai sourit-elle. Après, je ne suis pas la même sur et hors du foot. Sur le terrain, je suis plutôt une mauvaise perdante, je veux toujours gagner donc je suis assez dure avec moi ; En dehors, je suis quelqu'un de simple, pas du tout extravagante. J'ai besoin d'être entourée pour me sentir bien, tout simplement. » Un aspect tourné vers les autres de sa personnalité que l’on retrouve d’ailleurs dans études. Actuellement en dernière année de licence, elle a fait des études en langues étrangères appliquées et démarre à distance une licence de science de l'éducation pour devenir professeur des écoles. « J’aime beaucoup les enfants », reconnait-elle.

Après avoir brillamment franchi l’obstacle Juvisy – « On a été solidaire, on était là les unes pour les autres c'était une belle victoire dans un match serré » – le prochain "partiel" qui attend Clarisse côté foot, se nomme le PSG, futur adversaire des féminines du MHSC ce dimanche au Camp des Loges. « Nous avons fait un bon début de saison, explique Clarisse. Ce match constitue le gros choc de la journée. Nous y allons pour jouer notre jeu, d'aller et pour gagner. Le PSG a une belle équipe mais nous aussi. On a vraiment hâte d'y être. »

Une affiche qui constitue l’occasion pour la néo-Montpelliéraine de continuer à grandir. Une chose est sûre, elle semble promise à un bel avenir. Si en breton, « Le Bihan » signifie « le petit », Clarisse a tout d’une (future) grande…

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