Nicolas Saint-Ruf, l’éloge de la patience

Arrivé au MHSC il y a 3 ans, le défenseur est la très bonne surprise du début de saison pailladin. Portrait d’un garçon au parcours atypique dont la ténacité a valeur d’exemple

Ce n’est pas lui faire offense que de dire qu’on ne l’attendait pas avant le début de saison là où il est aujourd’hui. L’intéressé le reconnaît d’ailleurs sans détour « Je reviens de loin, mais je savais que si je m’accrochais, j’allais finir par être récompensé. » Auteur de 7 matchs en L1 depuis le début de la saison, Nicolas Saint-Ruf est en tout cas la preuve vivante qu’avec le travail, l’implication et la persévérance, aucune hiérarchie n’est immuable. Arrivé au MHSC en décembre 2013, le jeune défenseur de 24 ans a même dû attendre le 15 octobre dernier et la venue de Caen à La Mosson pour connaître ses premières minutes en professionnel sous le maillot du MHSC, mais depuis, le natif de Rouen ne déçoit pas et progresse de sortie en sortie. Un parcours atypique qui méritait bien que l’on s’y attarde.

Je n’avais pas envie de passer ici sans avoir foulé la pelouse de la Mosson.

Celui-ci a débuté bien plus au Nord, dans une famille où il était « souvent question de foot à table ». De la table au terrain, il n’y a qu’un pas que Nicolas a très vite franchi. Repéré par Lens alors qu’il jouait dans sa Normandie natale, à Oissel, il rejoint le Racing à l’âge de 12 ans. « Ce n’était pas facile au début d’être éloigné de la famille. Mais passée cette période là, j’ai vécu des moments extraordinaires là-bas. » A la Gaillette, le centre de formation des Sang et Or, il a appris son métier aux côtés de noms prestigieux comme Aurier (PSG), Kondogbia (Inter Milan) ou bien encore Varane (Real Madrid), d’un an son cadet. « J’ai grandi avec eux. Je me suis régalé », reconnaît-il.Et puis est venu l’heure des débuts en L2, le 18 mai 2012. « C’était à Reims qui fêtait sa montée en L1 ce soir-là. On avait fait 1-1 ». Une dizaine de matchs plus tard, en décembre 2013, Nicolas Saint-Ruf choisit de quitter son club formateur pour rejoindre le MHSC. Un choix osé au vu de son inexpérience mais que l’intéressé explique avec simplicité. « J’avais besoin de changer d’air. J’avais passé presque 10 ans à Lens, je connaissais tout le monde, tout le monde connaissait et je pense que quand on est formé dans un club on n’est pas vu de la même façon que quand on arrive d’autre part, au bout d’un certain temps ; donc j’ai voulu relever ce challenge au MHSC. Ce n’était pas un choix facile mais je ne le regrette pas. » Les débuts pailladins de ce défenseur central dont les (belles) références à son poste se nomment Thiago Silva et Sergio Ramos, ont pourtant été compliqués. Cantonné à l’équipe réserve en CFA2 puis en CFA, ce jeune homme calme et posé a serré les dents. Là où d’autres auraient pu faire du bruit, il a bossé en silence sans jamais faire mal parler de lui et a fait ses matchs sans rechigner. Un bel exemple pour les jeunes joueurs parfois impatients. Homme de base de la réserve héraultaise il y a 2 ans alors que celle-ci évoluait en CFA, sa blessure avait à l’époque coincidé avec l’envol des derniers espoirs de maintien de l’anti-chambre pailladine. Prêté la saison dernière à Orléans, en National, l’ancien Lensois s’y est imposé sans souci, réalisant une saison pleine couronnée d’une accession en L2. « Ce prêt à Orléans m’a beaucoup aidé. Le coach m’a fait confiance dès mon arrivée, j’ai pu jouer régulièrement et je suis revenu en début de saison avec une vision différente. J’ai fait le plein de confiance. J’étais regonflé à bloc. Beaucoup de personnes ont sans doute pensé que j’allais quitté le club mais j’ai voulu persévérer. Je n’avais pas envie de passer ici sans avoir foulé la pelouse de la Mosson. »

Je suis comme un soldat. Si on me dit de faire les choses, je les fais et je vais à la guerre s’il faut aller à la guerre.

La persévérance a eu du bon. Confronté à une cascade d’absences en charnière centrale, Frédéric Hantz n’a alors pas hésité à lui donner sa chance en octobre dernier contre Caen. S’en sont suivies 7 autres titularisations à ce jour en L1 et 3 en Coupes. Des apparitions durant lesquelles ce défenseur central bon sur l’homme et de la tête et doté d’une bonne vision du jeu et qui doit encore « progresser dans l’agressivité dans la concentration et l’anticipation dans certains moments » selon ses propres dires, a prouvé qu’il avait plus que l’étoffe d’un remplaçant. Et lorsqu’on lui demande comment il vit ce retour au premier plan, le n°18 pailladin reste fidèle à lui même, calme, mesuré et travailleur. « C’est vrai que je partais de très loin en début de saison mais je ne me prends la tête avec ça, sourit-il.Quand on me met sur le terrain, j’essaie de donner le meilleur de moi-même. Je suis comme un soldat. Si on me dit de faire les choses, je les fais et je vais à la guerre s’il faut aller à la guerre. C’est tout. Après, il est certain que je savoure. Passer des stades de CFA puis de National à ceux de L1, ça n’a rien à voir. »  La L1, justement, Nicolas Saint-Ruf la découvre cette saison avec bonheur.  Au rayon de ses meilleurs souvenirs, le défenseur pailladin pense évidemment en premier à cette victoire face au PSG début décembre (3-0). « Gagner contre cette équipe parisienne que je suivais lorsque j’étais gamin, voir les gens heureux dans le stade comme ça, c’était un moment magnifique. »

Prochaine étape samedi soir contre Dijon. Autre temps, autre équipe mais toujours la même motivation pour un Nicolas Saint-Ruf déterminé. « A l’aller, c’était la première fois que j’apparaissais dans le groupe. Dijon est une bonne équipe avec des joueurs qui ne sont pas forcément très connus mais qui ont pas mal de qualités. Ça va être un match important face à un concurrent direct pour le maintien », explique-t-il avant d’analyser plus globalement. « Durant cette première partie de saison nous n’avons pas été réguliers. A domicile ça se passe plutôt bien mais à l’extérieur nous avons beaucoup de difficultés. J’espère que nous pourrons faire un bon résultat ce soir et enchaîner ensuite par une victoire à l’extérieur qui nous permettrait d’avoir un déclic pour pouvoir ensuite s’installer dans la 1ère partie de tableau.. » En attendant, Nicolas savoure simplement l’instant présent et espère juste « continuer à progresser. » Et quand à lui demande quels sont ses objectifs pour cette 2e partie de saison, celui qui est papa d’une petite fille depuis le 27 octobre dernier répond simplement : « J’espère juste avoir le plus de temps de jeu possible et apporter un maximum à l’équipe. A moi de continuer à travailler encore plus pour aller chercher encore pas mal de temps de jeu en L1, conclut-il. Je reviens de loin, Il y a des moments où j’y croyais plus trop moi aussi alors je savoure et j’essaie de donner le meilleur de moi-même à chaque fois. » Comme il a toujours fait… avant d’être finalement récompensé. 

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