Keagan Dolly, à la conquête de l’Europe

Vainqueur de la dernière Ligue des Champions d’Afrique, le milieu de terrain de 24 ans découvre désormais l’Europe avec le MHSC. Récit d’un parcours étoilé

Le discours est calme, posé et passionnant. Bien moins lancinant en tout cas que le bruit du vuvuzela. L’Afrique du Sud est bien d’ailleurs le seul point commun qui lie Keagan Dolly à cet instrument traditionnel qui fut l’une des spécificités du Mondial en 2010. Car pour le reste, le parcours du Bafana-Bafana, débarqué cet hiver au MHSC en provenance des Mamelodi Sundowns, est bien plus entraînant. « Je n’ai pas pu aller voir de match car ce Mondial s’est déroulé lorsque j’étais à l’académie. Cet événement a mobilisé beaucoup de personnes dans et autour des stades ; cette Coupe du Monde a été un succès et a permis de faire connaître notre pays et notre football », assure Keagan.

LE MHSC est un bon club pour me faire progresser et je suis très heureux d’avoir pris la décision de venir ici.

Car si le foot doit cohabiter avec deux autres sports phares en Afrique du Sud (le rugby et le cricket), c’est bien pour le ballon rond que Keagan a opté dès son plus jeune âge. « Depuis que j’ai 4 ans, je sais que je veux faire du foot, assène-t-il d’emblée. J’ai passé toute mon enfance avec un ballon de foot et ça a toujours été mon rêve de venir jouer en Europe. » Histoire de suivre les pas de son idole de jeunesse et compatriote, Steven Pienaar, meneur de jeu international passé par l’Ajax Amsterdam, Dortmund, Everton et Tottenham, et qui évolue aujourd’hui à Sunderland. « Nous venons du même quartier et on a joué pour la même équipe locale ‘School of excellence’, donc j’ai toujours suivi sa progression. » La ‘School of excellence’, école spécialisée dans le football, Keagan y a débarqué à l’âge de 12 ans pour y passer 3 saisons. A 15 ans, il a rejoint le centre de formation des Mamelodi Sundowns où il a passé 3 saisons avant de signer son 1er contrat pro à 19 ans au sein d’un autre club sud-africain, l’Ajax Cape Town où il a passé 3 saisons avant de retrouver les Mamelodi sundowns il y a deux ans. Un retour triomphal. « En quelques mois, nous avons gagné le championnat, la ligue des champions d’Afrique (en battant le club égyptien du Zamalek en finale NDLR) avant de disputer la Coupe du Monde des clubs au Japon. C’était une très belle aventure. »

Un parcours semé de succès lors duquel Keagan Dolly a eu une part prépondérante, en témoignent les distinctions qu’il a reçues dans la foulée puisqu’il a été nominé pour le titre de meilleur joueur africain de l’année ainsi que pour celui du meilleur Africain évoluant en Afrique et a également fait partie du onze type africain de 2016.  « Être aux côtés de Ryad Mahrez, Sadio Mané ou Pierre Emerick Aubameyang m’a rendu très fier », reconnaît le nouveau n°20 pailladin.

Ses performances ont évidemment attiré les convoitises de plusieurs clubs européens, séduits par ce milieu offensif de petit gabarit capable de déséquilibrer une défense par ses dribbles, ses changements de rythme et de directions, ainsi que sa qualité de passe ; mais c’est à Montpellier que Keagan a choisi de faire le grand saut vers le football européen. « Plusieurs équipes étaient intéressées par ma venue mais Montpellier était ma première option, souligne-t-il. J’ai connu le MHSC lorsqu’il a été champion de France devant le PSG en 2012. Je sais aussi que de très grands joueurs ont joué ici comme Eric Cantona ou Olivier Giroud qui évolue aujourd’hui à Arsenal. Je suis persuadé que Montpellier est un bon club pour me faire progresser et je suis très heureux d’avoir pris la décision de venir ici. »

Arsenal, club qu’il « suit depuis tout petit » et qu’il « prend souvent lorsqu’il joue à la PlayStation. » L’occasion d’évoquer avec lui sa vie hors des terrains. « Je suis quelqu’un de calme et posé. Je dors beaucoup après les entraînements. J’aime beaucoup jouer à la PlayStation donc, aller au restaurant, au cinéma aussi. » Des activités qu’il aura l’occasion d’effectuer dans un cadre de vie montpelliérain qu’il apprécie déjà. « J’ai commencé à découvrir la ville. C’est un endroit très sympa. Actuellement c’est le plein été en Afrique du Sud donc quand je suis arrivé ici j’avais un peu froid mais on m’a dit qu’il y avait beaucoup de soleil à Montpellier donc ça me rassure un peu (rires). Plus sérieusement, je me sens très bien depuis mon arrivée. Je me suis bien installé, le staff technique, mes équipiers ainsi que les gens du club m’ont accueilli les bras ouverts. Je suis très heureux de faire partie de ce club qui semble être une famille et de vivre ici mon rêve de jouer en Europe. » Un football européen dont il découvre les spécificités depuis son arrivée en janvier. « Le football sud-africain est d’un bon niveau avec quelques grosses équipes comme les Kaiser Chiefs, Orlando Pirates ou bien les Mamelody Sundowns qui offrent la possibilité de se faire un nom pour ensuite pouvoir aller jouer en Europe. Dans le jeu, on a pas mal de libertés, c’est une certaine façon de jouer au foot, explique-t-il. Le foot européen est assez différent par rapport à ce que j’ai connu précédemment ; tactiquement, techniquement au niveau de l’intensité du match aussi… on joue contre des joueurs de classe internationale comme contre Monaco par exemple. » Un match riche d’enseignements pour Keagan. « Ce premier match m’a permis d’emmagasiner pas mal de choses sur ce que nous devions faire en France et en Ligue 1 et je pense que lors du second, à Nancy, j’étais un peu mieux. J’ai pu mettre en application ce que j’ai compris. Collectivement nous avons fait une belle prestation et j’en suis très heureux car l’équipe n’avait encore jamais gagné à l’extérieur jusque-là. »

Vivre mon rêve de jouer en europe

Depuis, le néo-Montpelliérain dévoile peu à peu l’étendue de sa palette. Lorsqu’on évoque ses objectifs, Keagan répond simplement « espérer jouer autant de matchs que je peux et engranger toute l’expérience dont j’ai besoin. A moi de travailler le plus dur possible pour progresser et aider l’équipe. Pour moi, c’est l’équipe d’abord. Je pense que nous avons un bel effectif avec un grand entraîneur. Je suis très heureux d’en faire partie. » Une équipe qui, avec de bonnes performances pourrait lui permettre d’intégrer durablement sa sélection nationale. « Nous sommes en plein dans les éliminatoires de la Coupe du monde 2018 en Russie. Nous avons battu le Sénégal chez nous et nous occupons actuellement une bonne position pour atteindre notre objectif qui est de nous qualifier pour cette compétition, conclut-il. De mon côté, je suis encore jeune je n’ai pas joué beaucoup de matchs avec la sélection et j’espère que le fait d’évoluer en Europe va me permettre de jouer plus. Je veux juste représenter mon pays du mieux possible. » Histoire de faire autant de bruit par la qualité de ses performances que les Vuvuzelas dans les tribunes.

 

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