Valérie Gauvin, le bleu lui va si bien

Du maillot bleu montpelliérain à celui de l’équipe de France, il y a un pas que Valérie Gauvin vient à peine de franchir. Portrait de cette jeune attaquante, auteur d’un début de saison tonitruant avec le MHSC.

Elle fait partie de ces attaquantes pour qui marquer est une volonté quotidienne qui tourne presqu’à l’obsession. Le MHSC l’avait d’ailleurs appris à ses dépens il y a presque 2 ans lorsque cette jeune attaquante qui évoluait alors avec les U19 du TFC avait martyrisé la défense héraultaise. Mais depuis, Valérie Gauvin a élargi sa panoplie, passant d’une chasseuse de but (qu’elle est encore aujourd’hui) à une attaquante complète capable aussi de se sacrifier pour son équipe en jouant un rôle de pivot afin d’ouvrir des brèches pour ses partenaires. Un profil devenu complet qui a séduit le staff de l’équipe de France puisqu’elle a été appelée pour la première fois de sa carrière la semaine passée afin de participer aux rencontres face au Brésil et à la Roumanie. « Je l’ai appris le mercredi après l’entraînement, raconte-elle. J’ai reçu un appel du club qui me disait qu’il fallait que j’aille préparer mes valises pour partir à Clairefontaine. Au début je n’y croyais pas. Je n’ai vraiment réalisé qu’en fin de soirée ou même le lendemain à l’entraînement. »

J'ai beaucoup travaillé pour gratter du temps de jeu

De cette aventure inattendue, Valérie Gauvin ne retient que du positif. « Depuis toute petite je rêvais de porter ce maillot. C’était donc une émotion immense. J’ai eu la chance d’être appelée et désormais je vais tout faire pour y retourner. J’ai vraiment été très bien accueillie par le groupe. Ce qui m’a le plus marqué ? Face au Brésil, c’était vraiment impressionnant de voir autant de monde pour un match. » Bien avant d’arriver chez les Bleues, c’est dans le Sud-Ouest où elle a débarqué à l’âge de 4 ans avec sa mère et sa sœur en provenance de sa terre natale de l’Île de la Réunion que Valérie a tapé ses premiers ballons. Repérée par le Toulouse FC, elle a intégré la section féminine des Violets à l’âge de 12 ans et y a effectué toute sa formation. Lancée en D2 à l’âge de 16 ans, elle a découvert la D1 un an plus tard, en 2012-2013, avant d’exploser littéralement il y a 2 ans. Cette année-là, Valérie inscrit la bagatelle de 32 buts en 20 matchs et termine meilleure buteuse de D2. « C’était ma saison la plus aboutie. » Des statistiques qui ont convaincu le club pailladin de la recruter en début de saison passée. La saison dernière a été celle de l’apprentissage avec 13 apparitions en D1 dont 3 seulement comme titulaire pour 7 buts inscrits dont 4 lors du dernier match face à Issy. Habituée à enchaîner les matchs, cette étudiante en Staps à Montpellier a dû apprendre le statut de joker de luxe pour qui chaque minute doit être un moyen de prouver sa valeur. « Ça a été dur. Je n'avais pas trop l'habitude d'être sur le banc même si je savais qu'en arrivant ici je ne jouerai pas tout de suite, explique-t-elle. J'ai beaucoup travaillé pour gratter du temps de jeu et essayer d’être plus patiente. J'ai compris qu'il ne fallait pas aller trop vite et avancer étape par étape. » Une prise de conscience qui s’est accompagnée d’un beau parcours cet été où Valérie a décroché la médaille d’or aux Jeux Olympiques universitaires avec l’équipe de France. « C’était un souvenir magnifique, que ce soit au niveau du jeu, de l’état d'esprit ou de la vie de groupe, raconte-t-elle. J'ai passé un mois extraordinaire. Ça m'a permis de passer encore une étape et cela fait partie des choses qui m’ont mises en confiance pour ce début de saison. »

j'ai dû changer ma façon de jouer

Décisive durant cette compétition où elle a marqué plusieurs buts dont un en finale contre la Russie, Valérie a enchaîné depuis par de très bonnes performances sous le maillot du MHSC. Titulaire et triple buteuse lors de la 1ère journée contre Nîmes, elle a marqué un nouveau but contre Guingamp la semaine suivante (en rentrant en cours de jeu). Titularisée lors du dernier match de championnat contre le PSG, la n°21 montpelliéraine, si elle n’a pas marqué, a réalisé une prestation de grande qualité par son jeu en pivot, sa capacité à garder les ballons pour faire remonter le bloc ou à dévier des ballons de la tête pour ses coéquipières. L’occasion de découvrir une autre Valérie. Moins « omnibulée » par le but et plus collective. « J'ai toujours été fascinée par le but, en même temps je suis une attaquante, sourit cette jeune femme longiligne fan de Thierry Henry et d’Abby Wambach notamment. Jouer en pivot est quelque chose que j'ai appris depuis que je suis à Montpellier. Avant je faisais beaucoup d'appels et j’évoluais à côté d’un pivot justement. Depuis mon arrivée ici, j'ai progressé sur ce plan là. J’ai dû changer un peu ma façon de jouer et ça m’a permis d’agrandir ma panoplie. Cependant, même si, parfois, en tant qu'attaquante on doit être individualiste, j'ai toujours voulu travailler pour l'équipe. » De ce début de saison en fanfare sur le plan personnel, Valérie Gauvin s’avoue « très contente, mais je ne veux pas rester en rester là. Je dois continuer à travailler pour gagner encore plus de temps de jeu »… Mais c’est aussi et surtout l’aspect collectif qui la rend heureuse. « Notre succès contre Guingamp (3-0 avec 3 buts inscrits dans les 4 dernières minutes NDLR) nous a fait du bien. On a eu beaucoup de difficultés en première mi-temps, mais on a su réagir collectivement pour parvenir à l’emporter dans les dernières minutes. Ça nous a mis en confiance et nous a permis d'aborder de la meilleure des manières le match de Paris. »

Il y a 15 jours contre le PSG justement, le MHSC a ramené un bon partage des points de son déplacement dans la capitale (0-0). « Nous sommes contentes d'avoir pu montrer qu'on avait le niveau face à une des deux meilleures équipes du championnat, poursuit Valérie. Ça prouve que l’équipe avait augmenté son niveau de jeu et qu’on a un rôle à jouer dans le haut du tableau. » Pour cela, il va falloir enchaîner dès cette après-midi face à l’AS Saint-Etienne ; une équipe à fort potentiel, toujours accrocheuse et qui a tout de même accroché Juvisy lors de la première journée (2-2). « C'est un match piège. Il ne faut pas qu'on se relâche, conclut Valérie Gauvin. A nous de ne pas perdre de points et de bien jouer comme on sait le faire. » Nul doute que Valérie aimerait bien y apporter sa contribution en marquant un but. Histoire que le parcours de l’équipe féminine cette saison reste bleu azur… Comme le bel avenir promis à Valérie…

 

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