René Girard : « Pas si mal que ça »
L'entraîneur pailladin nous livre ses impressions avant le déplacement à Nice samedi (21h)
Avec une seule défaite lors des sept derniers matchs avez-vous certaines certitudes avant de vous rendre à Nice ce samedi ?
Je crois que le football c'est la continuité, c'est la répétition des matchs intéressants. Nous avons été interrompus par la défaite à Lens qui nous a fait toucher du doigt que si nous n’étions pas bien dans notre match on pouvait rapidement redevenir une équipe quelconque... Je trouve que c'est bien, même si d'après ce que je lis parfois c'est insuffisant. On est plutôt pas mal. Nous sommes peut-être troisième « par effraction » comme j'ai pu le lire mais je suis ravi pour le groupe. Maintenant les trois matchs qui arrivent ne sont pas « piqués des vers » avec deux déplacements à Nice et à Marseille puis la réception de Lyon. On va continuer à travailler pour tenter de poursuivre notre belle série. Cela ne va pas être évident mais c'est l'objectif.
Le déplacement à Nice était un bon souvenir l'an passé (victoire 3-0 des Montpelliérains). Comment trouvez-vous cette équipe de Nice aujourd'hui ?
Le contexte est complètement différent. L'arrivée d'Éric Roy a apporté un petit plus. Nice a toujours été une équipe de tempérament et je crois que l'on a retrouvé un petit peu cela. Cette équipe possède des éléments de talents comme Digard (même s’il est actuellement blessé), Ospina, Faé, Mounier ou Ben Saada. L'an dernier est un bon souvenir, c'est vrai, mais je crois que les Azuréens sont dans des dispositions bien différentes aujourd'hui. Ils étaient bien plus en difficultés l'an dernier qu’ils ne peuvent l’être cette année. D'ailleurs nous étions à égalité de points juste avant la dernière journée. Il faut s'attendre à un gros match.
On vous entend souvent dire qu'il faut garder les pieds sur terre. C'est un discours pour la presse ou pour votre groupe ?
Je vois l'exigence que chacun a avec nous alors que nous sommes 3e même « par effraction » et en demi-finale de la Coupe de la Ligue. Sans se flatter, tout en étant très réaliste, je pense que c'est un parcours qui n'est pas si mal que cela. Quand je dis qu'il faut rester les pieds sur terre, nous en avons eu l’illustration contre Lens.Dès que nous sommes allés un petit peu dans les nuages, nous avons pris bonne claque. On est un groupe, on essaie d'avancer. Il ne faut pas que l'on sorte de nos objectifs et de ce que l'on s’est tracé, tout simplement.
Que pensez-vous de cette ligue 1 ou 19 équipes se tiennent en huit points ?
Certains disent que l'Espagne et l'Angleterre sont devant nous, mais est-ce que l'on tient le même discours avant et après la victoire de l'équipe de France face à l'Angleterre mercredi ? Je crois que sur le match que nous avons vu mercredi soir, la France n'a rien à envier à l’Angleterre. Pour ce qui est des clubs, quand on regarde Chelsea, il n'y a pas un Anglais qui joue… En Espagne il y a trois ou quatre bonnes équipes... Cette année, la Ligue 1 est très serrée, c’est vrai. Ce qui est différent par rapport aux autres saisons, c'est que les grosses cylindrées qui se préparant pour l'Europe sont d’habitude prêtes en octobre ou novembre…Là, elles mettent un peu plus de temps pour revenir sur le devant de la scène ; ce qui fait parfois dire que la France est un « petit championnat », que nous sommes « moins bons techniquement »…. Personnellement je n'y crois pas. La prestation des Bleus face à l'Angleterre a montré que notre football avait de la qualité, que l'on avait de bons joueurs et que notre football tenait la route. Pour l'instant nos équipes sont présentes en Ligue des Champions et en Europa League, ce qui est un bon baromètre. Nous ne sommes pas si mal que ça, il n'y a pas de quoi se lamenter… Et puis… les clubs étrangers sont toujours friands de nos jeunes joueurs, cela prouve bien leurs qualités.
Que pensez-vous justement du fait que les grosses cylindrées ne soient pas encore au top ?
C'est bien pour nous… S'ils sont bien derrière qu'ils y restent le plus longtemps possible (rires !). Plus sérieusement je constate qu’une équipe comme Lyon est en train de monter en puissance. Marseille se cherche peut-être encore un petit peu mais est toujours là et les Phocéens sont loin d'être décrochés. Je sais très bien qu'ils seront là à la fin, tout comme Paris qui bien présent cette année. Ensuite il y aura certainement une équipe surprise et une équipe qui passera au travers mais ça, c'est le cas chaque saison et dans chaque championnat… Les favoris seront là en fin de saison, je ne me fais pas de soucis là-dessus.
Avez-vous fixé un nombre de points à atteindre à la trêve pour vos joueurs ?
Au départ, on s'est dit qu'avoir 25 points à la trêve serait une bonne chose. Aujourd'hui, nous en avons 21. Il reste six matchs avant la trêve (4 à l’extérieur, 2 à domicile). De gros match nous attendent, mais si on pouvait arriver à 30 points à Noël, ce serait bien

