Guillaume Di Grazia : « Un honneur »
Journaliste chez Eurosport depuis 11 ans et Montpelliérain de naissance, Guillaume Di Grazia était l’animateur, aux côtés de Laurent Prouget le speaker du stade de la Mosson, de la cérémonie de présentation de l’équipe du MHSC, mercredi dernier à La Mosson. Il revient pour nous sur cet événement… Avec beaucoup d’émotion
Guillaume. Avec le recul, quel regard portez-vous sur cette présentation d’avant saison au stade de La Mosson ?
Tout s’est très bien passé. J’ai été surpris par le monde. J’ai eu l’impression qu’il s’était passé quelque chose. Il y a eu un échange entre le public, les joueurs et les dirigeants. J’ai été très impressionné par l’émotion de Michel Mézy de Louis Nicollin. Comme quoi, même après 30 ans de présidence il n’est pas blasé et ça c’est très important
On vous sait très attaché à la ville de Montpellier et au MHSC… Racontez-nous un peu votre parcours…
Je suis né à Montpellier à la clinique Saint-Roch avant de passer ensuite par le collège Las Cazes et le Lycée Mas de Tesse. Dès l’âge de 10 ans, je prenais le bus seul parce que mes parents n’aimaient pas le foot pour rejoindre La Mosson et supporter mon équipe. J’ai vécu la montée contre Lyon, la triplette PSV, Bucarest, Manchester et les deux finales de Coupe de France en 1990 et 1994. La première fut heureuse, la seconde beaucoup moins. Je me souviens qu’après la défaite contre Auxerre, nous étions tellement déçus que nous étions allés boire quelques verres pour noyer notre chagrin… Résultat on avait raté le train ! Ces moments de ma jeunesse sont inoubliables. A cette époque là, le président Nicollin investissait aussi au handball et au basket et nous avions aussi de super équipes. Du coup, ça m’arrivait d’assister à trois matchs dans le même week-end. Honnêtement, je peux dire que c’est grâce à cette période et au Président Nicollin que j’ai eu envie de devenir journaliste sportif. J’ai quitté Montpellier en 1997 pour intégrer l’ESJ Paris. En fin de 2 année je suis rentré en stage à Eurosport et j’y suis resté. Même si je suis « expatrié » je suis très attaché à cette ville où sont mes racines. Côté maternel, je suis montpelliérain depuis 5 générations.
Comment avez-vous vécu les 5 années de Ligue 2 du MHSC, depuis Paris justement ?
J’adore la Ligue 2. Il y a plein de valeurs intéressantes dans ce championnat. Curieusement, comme je suis la Ligue 2 avec Eurospoort, voir Montpellier en L2 me permettait de renouer des liens avec mon club de cœur. Ça me faisait bizarre de retrouver sur le banc de touche avec Domergue, Courbis et des gens de ma génération comme Delaye, Rouvière ou Carotti.
Vous étiez également « homme de terrain » lors du match de la montée face à Strasbourg ?
Le soir de Strasbourg était très particulier. Je travaillais donc je me devais de garder mon devoir de réserve et de mettre mes émotions de côté. J’avais aussi des copains à Strasbourg… Honnêtement j’aurais préféré le vivre en tribune. C’était vraiment particulier. Quand je suis arrivé dans le stade, je n’avais jamais vu La Mosson comme cela. Cela ressemblait à ce que nous avions vécu en Coupe d’Europe, décuplé par le fait que le stade était en configuration 30 000 places, ce qui n’était pas le cas à l’époque. L’ambiance était électrique, il y avait de la chaleur… Je pense que l‘ambiance et le soutien du public ont beaucoup pesé. On a senti que Montpellier avait retrouvé sa passion ce jour là après 5 ans difficiles. C’était un grand moment.
Comment se sont déroulés les premiers contacts en vue de cette présentation ?
Pierre Bourdel, le directeur communication m’a appelé il y a 5 semaines en me présentant le projet. Je bossais sur le Tour de France pour Eurosport mais je lui ai dit « je ne connais pas la date mais compte sur moi ». Pour un gamin comme moi qui ait grandi avec le club, c’était vraiment un honneur. J’ai vécu un grand moment… Je préfère être là qu’au journal de 20h. Je suis très attaché à mes racines. Je n’ai pas pu dormir les deux jours précédents car je ne voulais pas décevoir. J’ai essayé de donner le maximum et j’espère que cela a marché. En tous cas, j’ai été très surpris par le monde et par l’ambiance. Il y avait beaucoup d’anciens et d’enfants. On sent que la passion pour ce club traverse les générations, c’est bon signe. Je sais aussi que beaucoup de Montpelliérains ont du s’expatrier pour des raisons professionnelles ; notamment à, Paris mais leur passion pour le club ne faiblit pas. Depuis ce match contre Strasbourg, on sent vraiment qu’une nouvelle génération de supporters pailladins est en train de se créer, c’est très positif.
Comment voyez-vous la prochaine saison du MHSC ?
L’an dernier, notre bon début de championnat a conditionné beaucoup de choses. Sur ce que j’ai senti lors de la présentation, l’état d’esprit me parait irréprochable et les jeunes semblent humbles, bien dans leurs têtes et semblent vouloir faire perdurer l’Esprit Paillade. Seul ce super état d’esprit nous permettra d’abord d’obtenir le maintien avant de viser plus haut. J’ai l‘impression que le club est sur des bases solides et que chacun sait où il va. Dans les Interviews, le mot « travail » revient souvent dans la bouche des joueurs, et avec du travail on va toujours loin. Pourquoi ne pas gagner une Coupe par exemple ?

