Sarah M’Barek : Je crois en mon équipe »
A l’aube d’affronter Umea en match aller des 1/4 de finale de la Ligue des Champions Féminines ce mercredi en Suède, l’entraîneur du MHSC nous dévoile ses impressions et ses ambitions.
Sarah M’Barek. Comment abordez-vous ce 1/4 de finale de Coupe d’Europe ?
Même si on le prépare depuis un petit moment, nous n’avons pas encore eu trop l’occasion de nous projeter parce que le championnat prime, parce que le match du Bayern est loin, et parce que nous avions le match du Challenge de France dimanche dernier face à Issy les Moulineaux On prend les matchs et les objectifs les uns après les autres mais nous avons hâte d’aborder cette rencontre. De mon côté, j’ai déjà une grande partie de mon équipe dans la tête. En revanche, j’avais beaucoup d’incertitudes concernant cette équipe d’Umea qui est en pleine trêve hivernale et dont l’effectif a beaucoup évolué. Heureusement, Nicolas Delépine (l’entraîneur de l’équipe réserve NDLR) a pu aller les superviser lors d’un tournoi en Turquie. Il a ramené pas mal d’informations et cela me permet d’y voir plus clair.
Justement. Que connais-tu de cette équipe d’Umea ?
Leur saison n’a pas redémarré, mais Umea a surtout souffert des conditions climatiques. Ils n’ont jamais vu autant de neige et n’ont pas pu faire de matchs amicaux. C’est pour cela qu’ils sont allés en Turquie pour trouver des bonnes conditions d’entraînement et effectuer des matchs amicaux face à des Norvégiennes. C’est une façon de peaufiner leur groupe car leur effectif a beaucoup évolué par rapport à ce qu’il était avant décembre. Elles ont même changé d’entraîneur.
Et sur le plan du jeu…
C’est une équipe très athlétique, plus encore que le Bayern Munich. Ce sera sans doute une vraie opposition de style face à nos petits gabarits et notre football latin. En plus, Umea possèdent de grosses individualités et des filles d’expérience qui sont internationales et qui ont déjà vécu 4 ou 5 Coupes d’Europe. L’entraîneur adverse ne cache d’ailleurs pas qu’il souhaite devenir la meilleure équipe du Monde. Ça a le mérite d’être clair.
Umea est une grande équipe qui a marqué l’Histoire du Football féminin. On en a un petit peu moins entendu parler ces deux ou trois dernières années puisque Marta, la meilleure joueuse du monde en était partie pour rejoindre les Etats-Unis, mais, en football féminin, quand on dit Umea on sait qu’il s’agit d’un très grand club avec d’énormes structures et de gros moyens. Les joueuses sont d’ailleurs toutes professionnelles. Ils ont de très gros objectifs, mais ça ne me fait pas si peur que ça.
Quelle a été votre réaction à l’annonce du tirage au sort ?
J’ai eu peur par rapport à l’affiche. J’aurais préféré jouer un nom du football masculin comme Arsenal ou Chelsea. Ça aurait sans doute fait venir plus de monde car le nom aurait parlé aux gens. En revanche, il faut vraiment connaître le football féminin pour savoir qu’Umea est un très grand club. J’espère cependant que le public répondra présent pour venir nous soutenir. Nous en aurons besoin.
A vous écouter, le MHSC aborde cette rencontre dans une position d’outsider ?
Oui. Moi, j’aime cette position. Nous n’avons aucune pression et rien à perdre. Ce n’est vraiment que du bonus. On ne pensait pas en arriver là, et pourtant nous y sommes, alors, à nous de jouer notre chance à fond. Les quarts de finale, c’est une étape importante. Être éliminées en quart, ça laisserait un goût d’inachevé. Après, en demi, tout peut arriver. En plus, aller en demi finale nous permettrait d’égaler la meilleure performance du club dans cette compétition (saison 2005-2006, éliminé par Francfort).
Quels sont les points forts de cette équipe montpelliéraine ?
Ce qui a fait notre force jusqu’à maintenant c'est-à-dire un gros collectif, une grande force mentale, une équipe soudée. En 8e de finale face au Bayern, nous avons surtout gagné avec les tripes. Même si je sais que nous aurons une équipe différente face à Umea en raison des absences, je sais que ce groupe est jeune, plein d’envie, travaille énormément, donc, tout est possible.
Le peu de match disputés par vos joueuses depuis janvier ne vous fait-il pas peur ?
C’est un handicap pour nous, c’est sûr, mais c’est aussi le cas pour nos adversaires puisqu’elles n’ont pas joué du tout depuis un certain temps. Ça peut être un point positif. Pour nous, ça ne met fait pas plus peur que ça car je sais que cette équipe a vraiment envie de jouer et de réussir ensemble. Nous sommes dans le même état d’esprit que face a Bayern. Le mot d’ordre, c’est « Faites vous plaisir, vivez ce moment-là à fond. J’aborde cet événement avec beaucoup de conviction, d’envie, et de sérénité aussi. Je crois en mon équipe et en la possibilité de nous qualifier. Je sais de quoi l’équipe est capable et j’ai confiance en mes joueuses. En restant honnête, sincère et objective, je sais que la qualification sera très difficile à obtenir, maintenant, dans un match de coupe, rien n’est impossible. Les filles sont capables de se transcender et de rivaliser avec cette équipe d’Umea.
Le fait de jouer le match retour, mercredi à domicile est aussi un avantage…
Oui, indéniablement. On aura peut-être un peu plus de pression suivant le résultat du match aller, mais bon, ça reste un avantage. Je compte vraiment sur le soutien de tous. Le club compte entre 9000 et 10 000 abonnés et ils sont invités sur présentation de leur carte d’abonnement. J’espère qu’ils répondront présents et qu’ils seront suivis par d’autres supporters du MHSC. Les garçons réalisent une saison exceptionnelle, il y a un engouement et j’espère que nous en profiterons.
