René Girard "Il ne faudra pas s'attendre au moindre cadeau"
René Girard aborde les 7 dernières rencontres comme de 7 finales. Avant d'affronter le Mans, le coach Pailladin revient sur le match face à Monaco et s'attend à une opposition relévée de la part des Manceaux.
Vous vous attendez à quel type d'équipe au Mans ?
C'est toujours à double tranchant ce genre de match. D'abord mathématiquement ils ne sont pas encore morts, ils ont un match en retard. Ils ont tout intérêt à faire un match plein, à engranger des points. Il faudra s'attendre à une équipe loin d'être démobilisée. Ils vont jetter leur venin sur des matchs comme ça. C'est vrai qu'on arrive au bout mais je pense qu'ils vont rester la tête sur le terrain. Après est-ce que ça suivra ? Ca c'est un autre problème.
Après les six matchs, de Rennes à Monaco, comment abordez-vous le sprint final ?
On l'aborde avec beaucoup de sérennité et de détermination tout simplement. Aujourd'hui, on en est à point où on doit penser à nous. Si on veux rester dans les cinq il faut prendre des points sans se poser de questions. Je pense qu'on l'a bien enclenché avec le match de Monaco, même s'il n'y a pas eu de but. Dans le contenu on a été dans l'esprit. Ça va être sept finales de coupe, sept matchs où il va falloir se donner à fond sans se poser de questions.
Est-ce qu'aujourd'hui il y a un objectif déterminé par rapport aux sept derniers matchs ?
Si peut y rester sur le podium on va y rester. L'objectif c'est de finir dans les cinq premiers ce qui serait la cerise sur le gâteau après une saison bien remplie. Mais le pompon on l'attrape que quand on l'a dans les mains et là il reste sept rencontres avec 21 points en jeu.
Le match contre Monaco vous a rassuré avant d'aborder le sprint final?
Dans les matchs passés, les adversaires s'étaient créés beaucoup trop d'occasions et c'est vrai que contre Monaco on a reserré les boulons, on a fait un match plein contre une équipe qui n'était pas venu ici pour rigoler. Il y avait de l'impact physique en face mais on a très bien répondu dans le jeu. On a fait une très bonne deuxième mi-temps où on aurait pu décrocher la timballe. Mais c'est le genre de match frustrant au niveau du capital point mais positifi au niveau de l'esprit. Je crois que c'était bien pour les garçons de prendre conscience qu'on était peut-être moins appliqué. Mais dès la fin du match de Lille on l'avait ressenti, on a senti que c'était reparti. Les garçons ont compris que la bonne route c'était celle-là et pas celle qu'on était en train de prendre.
Physiquement, comment jugez-vous l'équipe ?
Je ne pense pas que ça soit sur un aspect purement physique. C'est la tête qui fait avancer les jambes et si on s'égare un peu, on avance un petit peu moins. Quand on regarde le spectacle, on se dit que la seconde mi-temps contre Monaco a été meilleure que la première mais la seconde découle de la première, c'est-à-dire qu'il y a eu un gros combat en première mi-temps, ça a été un engagement avec beaucoup de luttes contre une équipe très athlétique. Après en seconde mi-temps, on a pu davantage poser le jeu, s'installer dans leur camp. Physiquement, on est pas si mal
Montpellier et Marseille sont les deux équipes qui ont le meilleur calendrier pour cette fin de saison qu'en pensez-vous ?
Surtout Marseille ! Quand vous parlez d'ambition je trouve dommage de jouer un match du mois de novembre en avril. C'est frustrant pour les adversaires. On a une fin de championnat avec Lyon, Paris, Nancy qui ne sera pas simple, Le Mans où ils sont loin d'être démobilisés, puis Toulouse et Lorient mais on verra au coup par coup. Mais rien n'est joué d'avance, il faut gérer les matchs pièges où soit disant il y a moins d'enjeu. Il ne faudra pas s'attendre au moindre cadeau. Les trois matchs qui arrivent (Le Mans, Toulouse, Sochaux) vont nous situer par rapport à nos ambitions.
Est-ce que Nenad Dzodic va revenir d'ici la fin de saison ?
Oui j'espère, on y compte bien. Cela suit son cours. L'important pour nous c'est de ne pas faire d'erreurs. Nenad a eu une très grosse blessure et on veut le récupérer à 100% parce qu'une rechute serait dramatique donc il ne faut pas faire n'importe quoi.
Et les absences de Geoffrey Dernis et Lilian Compan ?
Lilian est blessé depuis un moment et il ne s'en sort pas, il a mal à un ischio. Geoffrey s'est fait mal mercredi à un adducteur.
Rémy Cabella a été intégré au groupe pour la première fois, c'est pour le récompenser de son travail ?
Rémy est un garçon qui travaille avec le groupe pro depuis le début de la saison, il revient de blessure et il a beaucoup travaillé. Il en est à son quatrième ou cinquième matchs en CFA donc c'est logique. En plus avec la blessure de Geoffrey (Dernis) c'est bien qu'il fasse partie des notres. En plus il a le même profil. C'est une bonne chose pour lui après les moments difficiles qu'il a passé.
En parlant des absents. Romain Pitau est suspendu pour ce match. Comment abordez vous cette rencontre sans lui ?
C'est comme les blessés, on espère toujours que ça n'arrivera pas, qu'on va réussir à gérer tout le monde. Là on s'aperçoit qu'entre les blessés et les suspendus on a besoin de tout le monde pour aller au bout. Romain est une pièce très importante de l'équipe mais on savait qu'à un moment où à un autre ça pouvait arriver donc on s'y était préparé. Il restera six matchs derrière donc ça va donner la possibilité à un garçon de montrer ce qu'il sait faire. C'est vrai que ça tournait bien, je n'avais pas juger opportun de faire tourner mais les suspensions et les blessures me poussent un peu à le faire.
Est-ce que le schéma va être recomposé au milieu ?
Non je ne pense pas. J'ai un joueur qui en début de saison, dans mon esprit, faisait partie d'un changement poste pour poste tout en conservant le système de jeu que l'on a. Ce sera donc un homme qui en remplacera un autre dans un système qui pour le moment ne nous réussit pas trop mal.
Qui sera le capitaine samedi soir ?
Cyril Jeunechamp qui est un garçon d'expérience et je pense que c'est lui qui peut apporté quelque chose dans ce role-là. Les autres sont très jeunes, à part Emir qui a le problème de la langue.
