Les premières fois de... Geoffrey Dernis

Le mardi 23 mars 2010

Cette semaine c'est le facétieux Geoffrey Dernis qui s'est plié au jeu des premières fois. Décontracté comme à son habitude, il est revenu pour mhscfoot.com sur son amour impossible pour sa maîtresse de maternelle et sur tous les évènements qui ont jalonné sa déjà longue carrière...

p1040118.jpgSa première idole : ça a d’abord été mon père parce que quand j’étais tout petit j’allais toujours le voir jouer au foot. Après en tant que joueur ça a été Hristo Stoitchkov quand il était à Barcelone, c’était pas le plus grand joueur de tous les temps mais je l’appréciais beaucoup.

Son premier béguin : Bonne question ! J’étais très jeune. C’était même en maternelle. C’est marrant parce que c’est mes parents qui racontent ça. J’avais une maîtresse et à chaque fois je disais que c’était mon amoureuse. Apparemment j’étais très accroché à elle, je ne voulais même pas repartir avec mes parents. Ils disaient que j’avais le béguin pour elle à mort et je ne m’en souviens même pas. Ça devait être la dernière année de maternelle et je disais : « Non je rentre pas, je vais dormir chez ma maîtresse ». C’est un truc de fou et en plus je ne me souviens même plus à quoi elle ressemble. Mais j’étais précoce…

Son premier club : C’est Grande-Synthe dans le Nord, ma ville natale. J’y ai fait mes classes jusqu’à l’âge de quinze ans. J’avais commencé très tôt, à l’âge de trois ans. J’avais un grand frère qui était déjà avec les débutants et comme je l’accompagnais toujours, je jouais un peu comme ça mais je n’étais pas licencié, même si les licences n’existaient pas à l’époque. Ils étaient tous plus grands que moi, ils me donnaient un ballon pour taper avec eux mais j’étais tout jeune.

Son premier mentor : Tous mes entraîneurs ont eu de l’importance. Celui qui m’a vraiment le plus aidé c’est Jean-Noël Dusé. C’est vraiment quelqu’un d’important. Quand je suis arrivé à Lille, c’était le directeur du Centre de Formation, c’est lui qui a été mon entraîneur en moins de 17 ans et puis il a un vécu énorme en professionnel. Donc lui je dirai que c’est vraiment la personne à qui j’ai entièrement fait confiance. Je l’ai au moins une fois par mois au téléphone. En plus il habite Béziers maintenant donc on n’est vraiment pas loin. Il vient ici, je vais chez lui. Lui et sa femme c’étaient un peu mes deuxièmes parents.

foot4.jpgSon premier maillot : C’était à Lille quand j’ai intégré l’effectif pro. A l’époque on était en Ligue 2. C’était le numéro 14, c’était sans doute celui qui devait rester car il ne faisait pas  du tout partie de mes numéros préférés. Il y en a plein qui ont cru que j’étais fan de Cruyff, donc j’ai appris à ce moment là qu’il avait le numéro 14. Par la suite j’ai changé de numéro. Je l’ai porté pour la première fois face à Laval. Je l’ai gardé, comme je garde tous mes maillots tous les ans, de Coupe d’Europe, de championnat. Je les échange aussi avec mes amis que j’ai côtoyés quand j’étais jeune.

Son premier contrat : C’était à Lille à dix-sept ans. C’est vieux, ça date maintenant…

Son premier salaire : Je me suis fait plaisir mais c’était encore des salaires très, très petits parce que mon premier contrat pro je devais toucher 4000 francs par mois à l’époque. Ça n’a plus rien à voir avec ce que c’est aujourd’hui. Comme j’étais au Centre de Formation j’allais souvent au cinéma parce que je suis fan de cinéma et après quelques fringues pour faire bien mais rien d’excessif.

Son premier but : C’était contre Sochaux à Grimonprez-Jooris. Un grand souvenir. On avait gagné ce match-là. En plus c’était une époque où je commençais tout doucement à gagner du temps de jeu dans cette équipe et ce match-là je l’ai débuté. C’était vraiment juste avant la mi-temps. Je m’en souviens comme si c’était hier, je me souviens du geste, je me souviens où le ballon a atterri. C’était vraiment un grand moment. En plus à l’époque il y avait ma femme dans la tribune puisque je la connais depuis que je suis tout jeune, elle était déjà là et tout ça fait que c’est un grand souvenir.

Sa première voiture : C’était une Peugeot 306 que j’ai acheté en Belgique parce que ça coûtait moins cher. Elle était noire, comme tout le monde. J’ai aucune personnalité, j’ai copié… (Rires) J’ai eu une voiture rouge mais j’ai regretté donc j’ai arrêté. 

Son premier appart : C’était à Lille toujours, 70-72 rue Saint-André dans le Vieux-Lille. J’avais fait de la collocation pendant un mois mais ça m’a vite saoulé alors je suis parti vivre tout seul. C’était un T2. Je voulais une chambre déjà pour moi mais aussi pour pouvoir accueillir mes copains.

13.jpgSon premier autographe : C’était à Lille, pour des gamins. Ils ne savaient même pas qui j’étais. Ils étaient tous là pour avoir une signature des pros. Au début je leur ai dit que j’étais pas pro mais comme ils s’en foutaient j’ai signé. Maintenant, ils me reconnaissent un peu plus.

Son premier match en pro : Mon premier match réel c’est contre Guingamp. C’est un concours de circonstances parce que j’avais signé très tard mon contrat. Normalement je devais jouer avec la réserve mais les délais sont plus longs pour jouer et donc il était pas homologué. Par contre il l’était pour les professionnels parce que ça ne prenait que quinze jours au lieu d’un mois. À ce moment-là, il y avait un autre joueur qui était arrivé très tard et dont la licence n’était pas homologuée et ils l’ont su deux heures avant le coup d’envoi. Du coup on m’a appelé comme je ne pouvais pas être qualifié pour la CFA. Je me suis retrouvé sur le banc alors que j’étais parti voir jouer l'équipe réserve à Armentières. Je suis arrivé à cinq minutes du coup d’envoi, je me suis assis sur le banc et je suis rentré à cinq minutes de la fin. Voilà la petite anecdote.

Son premier coup dur : C’était toujours à Lille quand j’ai eu une période assez difficile. En fait quand tu es jeune et que tu arrives dans le monde des adultes t’es pas forcément prêt. Il y a eu beaucoup de choses très dures à assumer, ne serait-ce que physiquement parce que j’avais dix-sept ans, je jouais avec des mecs qui avaient plus de trois cent matchs en professionnel, qui étaient déjà très pros, très costauds. Au bout de six mois j’ai commencé à piquer du nez, j’ai été très fatigué, j’avais mal partout et je faisais pas de bons matchs. Parfois je rentrais de l’entraînement en pleurant parce que j’en pouvais plus, que c’était pas facile, ça faisait trois ans que j’avais quitté mes parents, que j’étais tout seul dans mon appartement. Un petit coup de moins bien mais ça a duré six mois après ça a été fini.

Son premier article : C’était le lendemain de la fameuse rentrée imprévue avec les pros. Il y avait Téléfoot, France 3 Nord-Pas-de-Calais parce qu’en fait personne ne me connaissait et j’étais sur le banc, je suis rentré en cours de match donc tout le monde s’est demandé d’où je sortais. Du coup j’ai raconté mon histoire et le lendemain je suis parti m’entraîner avec la réserve comme si de rien n’était. J’ai eu des articles, des premières pages et tout et puis c’était fini. Ça a été éphémère. Ma mère a tenu un cahier avec les articles pendant un long moment mais au bout de dix ans ça fait beaucoup de cahiers donc je lui ai dit d’arrêter.

Son premier fan : Je dirai mes parents. Surtout mon père puisque c’était un ancien pro, c’est lui qui m’a poussé à tenter l’expérience professionnelle parce que moi je ne voulais pas en fait. Ce qu’il faut savoir c’est que je n’ai jamais voulu être professionnel. Personne ne me croit mais c’est vrai. Il y a tellement de jeunes aujourd’hui qui disent : « Je veux faire du foot, je veux faire du foot », moi j’ai toujours rêvé de faire du foot mais dans ma ville avec mes copains. J’étais bon étudiant, je savais ce que je voulais faire de ma vie, je voulais être prof de sport dans les écoles. A 13 ans, à 14 ans, il y a des clubs pros qui sont venus me voir et j’ai toujours dit « non » et c’est mon père qui m’a dit : « Écoute, moi j’ai fait une carrière professionnelle, tente le un an et puis on verra ce que ça donne ». Pour lui faire plaisir j’ai accepté et puis c’est parti comme ça. Mais j’ai jamais voulu être footballeur professionnel, j’ai juste voulu jouer au foot. Et à la fin de ma carrière je ne jouerai plus au foot, y’a pas d’entraîneur ou quoi que ce soit, c’est comme ça. Bien sûr je ne le regrette pas, faire de sa passion son métier c’est le top mais il y a tellement de joueurs qui se cassent les dents d’avoir arrêté les études pour devenir pro et qui n’y arrivent pas. C’est pourquoi j’ai jamais arrêté les études, j’ai eu mon bac à 27 ans puisque j’ai repris les études.

Son premier mensonge : C’est sûrement sur un retard parce qu’on ment que sur ça nous. Quand t’es en retard à l’entraînement tu dis que ta voiture est en panne, c’est l’excuse de base.

Retrouvez la semaine prochaine Les premières fois de... Karim Aït-Fana

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