Le Mans 2-2 MHSC
Face à une équipe du Mans qui jouait sa survie en Ligue 1, le MHSC ne s’attendait pas à un match de tout repos dans la Sarthe… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Pailladins avaient bien raison. Au Stade Léon-Bollée, les Montpelliérains ont dû éviter de multiples pièges dans ce qui restera comme un des matchs les plus héroïques en terme de solidarité, d’abnégation et de volonté de la part des hommes de René Girard. Réduits à dix pendant plus d’une mi-temps, les Héraultais n’ont rien lâché et se sont battus comme des lions pour défendre leur maillot : C’est ça aussi l’Esprit Paillade !
La soirée avait pourtant bien mal commencé. Dès la 17e seconde, un long ballon sarthois était mal négocié par la défense montpelliéraine et revenait sur Dossévi. Ce dernier servait astucieusement Lamah qui fusillait Jourdren et ouvrait la marque (1-0, 1ère).
Vexés, les Pailladins s’efforçaient alors de poser le pied sur le ballon et de développer leur jeu. L’affaire de 13 minutes. Le temps pour Joris Marveaux d’imposer son rythme, de remonter le ballon et d’adresser une passe dans la profondeur à Montaño. Le Colombien débordait et distillait un centre en guise d’offrande pour Aït-Fana, qui n’avait plus qu’à pousser le ballon dans le but vide (1-1, 13e).
Dès lors, le match était totalement débridé. Montaño plaçait une tête au ras du poteau sur un merveilleux coup-franc de Costa (19e). Sur l’action suivante, Lamah récupérait un ballon au point de penalty et envoyait inexplicablement le cuir au-dessus (21e). Puis, sur un corner montpelliérain, Spahic prenait sa chance de vingt-cinq mètres du droit. Sa reprise de demi-volée était cadrée mais Ovono se couchait bien sur le ballon (25e). Sur la contre-attaque, les joueurs du Mans se procuraient une superbe occasion mais Dossevi ne cadrait pas sa frappe (26e). Cette période folle où le ballon filait d’un but à l’autre se poursuivait. Auteur d’un pressing payant, l’exemplaire Joris Marveaux récupérait le ballon suite à une mauvaise relance d’Ovono et était déséquilibré par Joao Paulo. Le penalty sifflé en faveur des Pailladins était transformé sans souci par Camara (1-2, 34e). Après le but montpelliérain, les esprits s’échauffaient. Joris Marveaux était contraint de sortir sur blessure après un mauvais coup reçu au genou (37e). Un nouveau tournant du match. L’autre intervint à 3 minutes de la mi-temps. Sur une altercation entre les deux bancs de touche, René Girard était expulsé en compagnie de Daniel Jeandupeux, le manageur sportif du Mans, descendu sur le terrain alors qu’il était en tribunes… Côté joueurs, Cyril Jeunechamp était également expulsé après une altercation avec le Sarthois Grégory Cerdan, pourtant… Remplaçant !
Réduit à dix pour la seconde période, privé de Marveaux sorti sur blessure et de Pitau suspendu, le MHSC allait devoir serrer les dents pour ne pas sombrer face à la révolte attendue des Manceaux. Bien en place, solides et solidaires, les hommes désormais dirigés par Pascal Baills faisaient tous les efforts nécessaires pour maintenir le score. Face au jeu très physique proposé par leurs adversaires en supériorité numérique, les Montpelliérains tenaient le choc jusqu’à la 70e minute et ce ballon perdu au milieu de terrain et récupéré par Lamah, qui s’en allait seul battre Jourdren (2-2, 70e). Dans de telles conditions, face à des Manceaux regonflés à bloc, beaucoup d’équipes auraient craqué. Mais ce Montpellier là a une âme et un caractère bien trempé. Autour de Tino Costa, promu capitaine, les Pailladins donnaient tout ce qu’ils avaient pour ramener ce point si important pour la fin de saison. En défense, Emir Spahic faisait parler son expérience autour de jeunes joueurs attentifs. Au milieu de terrain, Tino Costa prenait ses responsabilités et menait le jeu sans complexe autour de Saihi et Belhanda appliqués, pendant qu’en attaque, Camara et Montaño, pourtant malmenés par une arrière-garde mancelle extrêmement dure dans les duels, effectuaient un travail de conservation du ballon remarquable. Sans briller, mais avec beaucoup de cœur et de courage, les Pailladins tenaient le choc. Geoffrey Jourdren effectuait des sorties aériennes impeccables face au jeu long des sarthois, alors qu’une frappe soudaine de Belhanda (90e) aurait même pu permettre aux Pailladins de s’imposer.
Au final, dans un match épique et aux nombreux rebondissements, le MHSC ramène un point mérité de son déplacement au Mans. Un point obtenu par une équipe soudée et volontaire qui prouve une nouvelle fois que, quel que soit son état de forme du jour et quels que soient les événements, elle ne lâchera rien jusqu’à la fin du championnat.

