La 3e mi-temps de... Pascal Baills
Aujourd'hui, comme tous les vendredis, nous passons la troisième mi-temps avec une des figures du Montpellier Hérault SC. Cette semaine c'est l'incontournable Pascal Baills, entraîneur-adjoint, arrivé au club il y a près de 30 ans, qui a subi un interrogatoire déjanté et très surprenant...

- Pascal, votre prénom signifie "celui qui est né à Pâques", pourtant vous êtes né aux alentours du Nouvel An, ça ne vous a jamais perturbé ?
- Je ne savais pas... (rires) Tu me l'apprends. Mes deux frères sont nés le 25 décembre, moi le 30, c'est plus en période de fêtes de Noël et du Nouvel An qu'à Pâques.
- Je parlais de "perturbation" parce que pour faire Montpellier-Lourdes à vélo il faut être un peu givré non ?
- Ben en fait au départ on avait dit qu'on irait à Lourdes mais en voiture quoi ! Après ça a été en vélo, on l'a fait, c'était sympa. C'était une bonne expérience !
- Est-ce que vous pouvez rappeler le contexte pour ceux qui n'étaient pas là à l'époque...
- Je pense que c'était au Havre, on perd 1-0 à la 90e (saison 2002-2003). On est à 10 points et dans la chambre avec Gégé (Bernardet) je balance : "Si on s'en sort on va à Lourdes" puis après Gégé le reprend avec un journaliste de l'Alsace. Voilà ça part de là, on se sauve et on était allé à Lourdes à vélo... En vélo ! Moi j'avais dit : "On ira à Lourdes" c'était pour voir Bernadette, mais en voiture ! Finalement on l'a fait en vélo. C'était vraiment sympa. Trois jours...
- ... inoubliables...
- Oui inoubliables voilà.
- "De type nerveux, le natif du Capricorne se classe dans une catégorie de gens pittoresques". C'est votre signe astrologique je crois ?
- Oui
- Et vous vous reconnaissez dans cette définition ?
- De type nerveux ? Ouais, je peux être nerveux, colérique c'est vrai... Par contre pittoresque... peut-être... j'en sais rien.
- Vous êtes le joueur le plus capé du Montpellier Hérault (429 matchs en 13 saisons), vous vous rappelez de votre premier match sous les couleurs montpelliérains ?
- Ben il y en a deux. Le premier dans le groupe c'est comme remplaçant, c'est à Grenoble pour la première titularisation de Laurent Blanc. Et le premier match titulaire c'est à la maison contre Besançon.
- Moi j'en avais noté un autre.
- C'est Nice ?
- Toulouse.
- Ah mais c'était en D1 ! Mais avant de jouer en D1 on était en D2. Et oui c'était le Toulouse-Montpellier ! 3-1 perdu en 87 ! Moi je parlais de 83, parce que pendant 4 ans, avant de jouer en D1 il a fallu cravacher en D2 ! C'est ça en 87... à Toulouse... perdu 3-1.
- Et dimanche justement on retrouve Toulouse.
- J'espère que ça fera comme le match retour de 87. On avait gagné 4 à 2. J'espère que ça sera pareil.
- Est-ce que vous connaissez l'émission "Pascal le grand frère" ?
- J'ai déjà... pas regardé mais j'ai déjà vu des extraits...
- Et dans les joueurs, selon vous, est-ce qu'il y en a qui auraient besoin d'une petite séance de coaching ?
- Non je ne pense pas... Ils font leur truc entre eux... Bon de temps en temps il y a une paire qu'il faut recadrer mais bon c'est pas méchant. Certains découvrent, ils croient qu'ils savent tout mais bon c'est au fil des années qu'on apprend. On était comme ça nous aussi à leur âge. Peut-être un peu moins ronflant...
- Si mes sources sont bonnes, vous avez grandi dans un stade, celui de l'USAP...
- Elles sont très bonnes...
- Aujourd'hui, à Pollestres il y a un stade Pascal Baills, ça représente quoi pour vous ?
- C'est sympa, c'est une fierté. En fait il y a un complexe sportif à Pollestres avec un stade de rugby et un stade de foot. Le stade de rugby porte le nom de Jean-François Imbernon qui a été un très grand joueur à l'USAP et de l'équipe de France et il y a mon nom pour le terrain de foot. C'est une fierté.
- Vous y allez souvent ?
- Où à Pollestres ? Non, non. Mais il faudrait que j'y aille d'ailleurs. Mais bon les week-end quand je descends c'est pour aller voir ma mère, c'est en coup de vent. Après pendant les vacances, quand je descends 8-10 jours je peux voir tout le monde parce qu'il y a du monde à voir...
- Evelyne Thomas est également née à Perpignan, comme vous en 1964. Vous ne vous êtes jamais croisés sur les bancs de l'école ?
-
Non. Peut-être à la maternité je sais pas (rires), je m'en souviens pas. Non mais je ne savais même pas qu'elle était née à Perpignan. Puis disons que... moi et l'école... ça a pas duré longtemps. Avant... il y avait plus de possibilités de trouver du travail. Mon père ne m'a jamais poussé à faire des études, par contre il m'a dit : "Dès que tu es viré de l'école, tu travailles" et c'est ce qu'il s'est passé. J'ai fait trois ans plombier, j'ai travaillé un an comme vendeur dans un magasin de sport puis j'ai signé à Montpellier.
- Ça permet de voir les choses différemment.
- Oui c'est un autre regard. On sait ce que c'est de travailler. Ça permet d'avoir des repères et des valeurs.
- Est-ce que vous connaissez le principe de Pascal en physique ?
- J'ai jamais fait de physique... des exercices physiques oui mais de la physique.
- Bon je vous donne l'énoncé quand même : "Une pression externe appliquée à un fluide confiné à l'intérieur d'un récipient fermé est transmise intégralement à travers tout le fluide"
- (rires)
- Plus sérieusement, est-ce que vous avez un principe de Pascal Baills ?
- Il faut des valeurs. Déjà, il faut du caractère et du respect vis-à-vis des autres. La tolérance, même si c'est de moins en moins mis en valeur parce qu'on en demande toujours plus. L'exigence c'est bien mais il faut savoir être tolérant.

