B. Carotti "Envie de rester dans le monde du football.
Vendredi, un des grands joueurs de l’histoire du foot pailladin a tiré sa révérence. Après 17 ans de carrière, Bruno Carotti rend son brassard et pose son maillot floqué du n°17. L’occasion de revenir avec lui sur cette carrière riche, avec la bonne humeur et la lucidité qui le caractérisent... mais aussi de parler d’avenir
Bruno, tu as fait une carrière riche, pourtant elle a bien failli ne jamais commencer. Peux-tu nous parler de cette anecdote ?
C’était même prévu que je ne signe pas ! Mais Messieurs Bonnet et Chauvry m’ont dit de signer amateur et qu’en m’améliorant sur certains points, je pourrais peut-être devenir professionnel. Je me souviens que j’allais à la fac et que je faisais des remplacements en tant que serveur. Puis je me suis dit que si je voulais vraiment devenir professionnel, il fallait que je joue ma carte à fond. J’ai tout arrêté pour me concentrer sur le foot et ça a marché
Quel souvenir gardes tu de ton premier match ?
Il y a d’abord mon premier match avec le groupe. A l’époque il n’y avait que 13 joueurs sur la feuille de match. Thierry Laurey s’était blessé et j’avais donc été convoqué avec les Pros. Je me souviens que je ne parvenais pas à sortir de ma voiture. J’avais 100 de fièvre. En plus je n’étais même pas rentré. Le premier match que j’ai disputé était idéal pour débuter. On jouait à Monaco pour la dernière journée et les deux équipes n’avaient plus rien à jouer. Tu faisais partie de la génération des Serge Blanc, Jean Christophe Rouvière, qui avait chuté en Finale de la Coupe de France 1994.
Quels souvenirs conserves tu de cette épopée ?
C’est un de mes meilleurs souvenirs forcement. Parce que c’était avec Montpellier, puis parce qu’en plus d’avoir des résultats sportifs, on était une vraie bande d’amis..
Tu as ensuite opté pour un départ pour le F.C Nantes. Pourquoi ce choix ?
Je n’ai pas eu le temps de réfléchir. Ca s’est fait rapidement. J’étais en Stage avec le MHSC. Mon agent m’a dit que Suaudeau pensait à moi pour remplacer Karembeu qui venait de partir. Et puis, il y avait la Ligue des Champions. C’était une évolution que je ne pouvais pas laisser passer. Le FC Nantes séduisait la France par son jeu. Dès que le président a donné son feu vert, j’ai foncé.
Tu as cotoyé Jean Claude Suaudeau, un entraineur emblématique de la L1. Que retiens-tu de cette rencontre ?
Au début cela n’a pas été facile avec lui. Il y a même eu quelques accrochages. Mais je pense qu’il me testait pour voir mes réactions. Il reste un entraîneur marquant dans ma carrière de par sa vision du Football.
Tu as aussi disputé une demi finale de Ligue des Champions....
Oui le parcours réalisé cette année là avait été impressionnant. Je me souviens d’un match contre Porto, j’avais fini exténué, vraiment sur les rotules. Lorsque tu goûtes à la Coupe d’Europe, tu sens que tu n’as pas le droit d’être moins bien. Tout va plus vite, tout est plus physique.
Ensuite, tu décides de tenter ta chance au Paris SG pourquoi ?
J’avais l’opportunité de signer à Lens mais aller à Paris me permettait de me retrouver dans ma région d’enfance. J’avais plein d’amis là bas, de la famille. Cela m’a permis de découvrir un monde différent de Montpellier et Nantes qui étaient des clubs familiaux. Paris, c’est autre chose. Il y a le foot et les à côtés, la pression médiatique… Un monde un peu plus individualiste, un univers où il est plus facile de perdre les pédales.
Tu rejoins, pendant 6 mois, l’ASSE. Quelles images gardes tu en tête du Chaudron ?
C’était pour moi un peu spécial car j’ai rejoint ce club dans des conditions particulières. Mais je me souviens d’un super état d’esprit dans ce groupe qui venait de monter. Et puis le Chaudron… c’était exceptionnel. Cela m’a beaucoup aidé.
Tu as ensuite signé à Toulouse, l’année ou Montpellier descendait en Ligue 2. Comment avais tu vécu, de loin, cette relégation ?
J’avoue que je l’avais mal vécu cette situation. Je connaissais beaucoup de joueurs de cette équipe, mais aussi les salariés du club. On est conscient qu’une descente complique sérieusement les choses pour le personnel comme une montée peut être bénéfique. J’avais de très bons amis au milieu de tout ça. Et puis, c’était Montpellier… je ne pouvais pas être insensible à ça !
Quel souvenir gardes tu de ton année dans la ville Rose ?
Toulouse, c’est une année bizarre. Le club avait déposé le Bilan et c’était un vrai drame. En parallèle, notre groupe était vraiment exceptionnel. Il y avait une super ambiance entre nous Je n’ai jamais compris pourquoi nous avions fini en position de relégable. Bien sûr, la situation compliquée du club avait peut-être influencé les résultats mais c’est vraiment dommage.
Quel souvenir gardes tu du MHSC depuis ton retour ?
Déjà mon arrivée. Les anciens étions attendus au tournant. Je retrouvais Fabien Lefèvre. Puis il y a eu Rouvière, qui jouait avec moi à Toulouse, et Serge Blanc. On se devait de réussir ici. Mais revenir dans mon club était un challenge que je voulais relever. Il y avait un côté affectif. Retrouver ce que j’avais connu, c’était vraiment sympa.
As-tu des regrets concernant ta carrière ?
Non j’ai plutôt la fierté d’avoir fait de ma passion mon métier. J’ai fait ma carrière selon mes envies et j’en ai profité. Je ne me suis pas laissé dicter les choses. Dans une carrière de footballeur, il y a toujours des moments difficiles. Il y a des remises en questions, la solitude lors des mises au vert mais tout ça… ce n’est rien à côté des choses positives de ce métier.
Que représentes le MHSC à tes yeux ?
Montpellier est le club qui m’a donné ma chance. Je suis arrivé à 15 ans ici. C’était encore la Paillade. Ici, on m’a formé à être footballeur mais aussi un Homme.
Quel est ton meilleur souvenir avec ce club ? Et le pire ?
Le meilleur c’est l’épopée de 1994 même si ça s’est mal terminé. Le pire, c’est la descente de 2004. Cette année là nous prive de quelques années en Ligue 1 je pense. On avait bien commencé mais en janvier on a senti que ça allait devenir difficile. A titre individuel, je me suis blessé. Franchement, ça ne devait pas arriver cette année là.
Tu vas terminer ta carrière dans le club ou tu as débuté. Est-ce quelque chose d’important pour toi ?
Oui parce que c’est Montpellier. Parfois, certains joueurs qui sortent d’un centre de formation ne se sentent pas sur la même longueur d’ondes que leur club. Montpellier, c’est un club, c’est une ville et c’est une région que j’aime. Je resterai vivre ici après ma carrière !
Lors de la reprise, ne vas-tu pas avoir quelques fourmis dans les jambes ?
Bien sur que si. Je vais demander la date de reprise et le jour J, je vais y penser fortement. Mais peut être qu’allongé dans un transat, j’apprécierais d’avoir stoppé (rires). Surtout que la période de reprise est très difficile. On se remet à niveau, on s’entraîne dur, il fait chaud… Je sais que parfois, quand je serais quelque part je vais me dire « eux ils sont en train de faire ça ». Mais de toutes manières, je me connais trop. Je ne vais pas pouvoir rester longtemps sans rien faire. Et puis je dois bien me faire une raison. Cela fait deux ans que je songe a stopper ma carrière. J’ai repoussé l’échéance au maximum et je me dis que ma carrière a été longue. J’ai fait mon temps et vécu beaucoup de choses passionnantes.
Qu’est ce qui vas te manquer le plus dans la vie de Footballeur ?
Le jour du match. Du départ du bus jusqu’à la fin de match dans les vestiaires. C’est l’essence même de notre métier. Les sentiments que l’on ressent, le stress, la joie, la concentration. On passe par beaucoup d’états différents le jour de la rencontre.
As-tu déjà songé à ton après carrière. Veux tu rester dans le milieu du Foot ?
J’aimerais continuer avec ce club bien sur. Mais j’ai essayé, au courant de ma carrière, de préparer l’après football. Pour le moment, je participe à l’aventure de l’intérieur. Ensuite, on verra. Ca dépendra aussi de la situation du club. J’avoue que j’ai envie de rester dans le monde du football. Mais pour le moment, rien n’est décidé.
Interview réalisée avant le match contre le RC STRASBOURG
