Marion Torrent, l'avenir devant soi
A à peine 16 ans, Marion Torrent est l’un des grands espoirs du football féminin montpelliérain. Coup de projecteur sur cette joueuse formée au MHSC, capitaine en Equipe de France des moins de 17 ans.
En lisant sa carte d’identité, on pourrait presque croire à une erreur d’un employé de mairie. Bronzage bien soigné, accent chantant, emploi régulier d’expressions méridionales… rien ne laisse à penser que Marion Torrent est née à… Chalons en Champagne !
Arrivée très jeune à Marseille en raison des obligations professionnelles de ses parents, elle est rapidement tombée dans la marmite du football, jusqu’en devenir capitaine de l’Equipe de France féminine des moins de 17 ans, une sélection qu’elle vient de conduire en finale de la Nordic Cup au début du mois de juillet « Mon frère devait entrer au centre de formation d’Auxerre avant de se rétracter. Dans ma famille, tout le monde aime le foot et moi je me suis mise à l’aimer pendant la Coupe du Monde 98. Je n’avais que 6 ans à ce moment là ! »
Mais ne vous y trompez pas. Si elle a grandi sur la Canebière, Marion Torrent a fait toutes ses classes au Montpellier Hérault SC. Défenseur central ou milieu de terrain défensif, elle a gravi tous les échelons, dès treize ans jusqu’à l’équipe première, avec laquelle elle a effectué ses premiers pas cette saison en participant à quatre rencontres de division 1 « Au début, je me suis demandée quelle épidémie avait pu toucher l’équipe première pour que le coach fasse appel à moi, sourit-elle. J’étais un peu tendue, mais les conseils de mes coéquipières, et notamment de Sabrina Viguier m’ont beaucoup apportés. Ensuite, j’ai essayé de jouer comme je savais le faire ». Si elle n’a pas encore connu le goût de la victoire en équipe première (3 matchs nuls, une défaite), la jeune Montpelliéraine est pourtant à créditer de bonnes prestations, surtout au vu de son jeune âge « Il existe une grosse différence entre la D1 et la D3, surtout au niveau de la vitesse et de l’impact physique, reconnaît-elle. Il faut un temps d’adaptation, mais j’ai essayé de ne pas me poser trop de questions. »
De questions, Marion Torrent ne s’en est pas posées non plus lorsque le sélectionneur national des moins de 17 ans, Paco Rubio, lui a proposé le brassard de capitaine pour disputer la Nordic Cup, qui se disputait fin juin et début juillet en Islande et réunissait 8 équipes majeures du foot féminin européen. « J’ai eu la chance d’évoluer dans plusieurs catégories de jeunes en Equipe de France. J’ai été surpris et flattée que l’on me propose le capitanat. Cela donne des responsabilités, mais je n’ai pas changé ma façon d’aborder les matches. Je voulais simplement montrer encore plus l’exemple. » Un rôle qui, d’après ses entraîneurs, lui va naturellement, tant son investissement sur le terrain et dans la vie du groupe est prépondérant « Elle a toujours été une meneuse dans l’âme, estime son entraîneur en division 3, Nicolas Delepine. Elle figurait dans toutes les équipes avec lesquelles nous avons gagné un titre chez les jeunes ces 5 dernières années. Ce n’est pas un hasard. Si elle poursuit sa progression et qu’elle reste sérieuse, elle peut aller loin. »
Pour sa première compétition internationale en tant que capitaine, Marion Torrent et les Bleuettes ont échoué en finale face à l’Allemagne (5-0). Un revers cuisant mais qui ne laisse que peu de regrets à la jeune montpelliéraine « Sincèrement, les Allemandes étaient beaucoup plus fortes que nous, reconnaît-elle. A la mi-temps, il y avait déjà 3-0. En rentrant aux vestiaires, j’espérais simplement ne pas en prendre autant en seconde période. Quand on voit qu’elles n’avaient pas encaissé le moindre but durant la compétition, cela en dit long sur la qualité de cette équipe ».
Le constat est lucide, au cours de la belle carrière qui lui est promise, Marion Torrent connaîtra sans doute d’autres finales, victorieuses cette fois. Histoire de surfer sur un Torrent de succès…
