Laurent Nicollin «Une belle aventure»
Avant cette véritable finale qu’il aborde avec mesure et enthousiasme, Le Président Délégué du MHSC tire un premier bilan de la saison et évoque l’avenir.
Laurent, en premier lieu, un mot sur la fin de carrière de Bruno Carotti ?
J’ai joué avec lui de cadet jusqu’en DH, donc, s’il prend de l’âge, moi aussi (rires !). Plus sérieusement, un des joueurs emblématiques de la formation montpelliéraine arrête sa carrière. J’ai beaucoup d’émotion, mais aussi un sentiment de fierté en regardant son parcours, que ce soit à Montpellier ou dans les autres clubs pour lesquels il a joué. Il a fait une carrière exemplaire et aurait peut-être mérité de gagner un peu plus de titres. Humainement, je l’ai connu à 16 ans et il n’a pas changé. Malgré le drame qu’il a vécu, c’est quelqu’un qui est resté authentique, droit et intègre et qui a surtout le coeur pailladin.
Quel sera son futur rôle au MHSC ?
On doit se voir calmement pour en discuter. J’espère que notre chemin sera encore commun pendant longtemps et que nous gagnerons des titres ensemble. Il a longtemps été mon relais auprès des joueurs. C’est une page qui se tourne mais nos liens resteront. Nous étudierons aussi les situations de Philippe Delaye et de Nenad Dzodic qui sont des joueurs historiques du club. Le temps passe, les générations aussi, mais d’autres arrivent comme Saihi, Yanga Mbiwa, Aït-Fana ou bien l’équipe Gambardella. Les beaux jours pailladins sont encore devant nous, je l’espère.
Quel regard portez-vous sur la saison du MHSC ?
Elle sera positive si on monte en Ligue 1 car c’était l’objectif. La saison, a été dure, avec des moments difficiles à vivre, car être systématiquement soumis à la critique, notamment médiatique, n’est pas évident, surtout quand certaines de ces critiques ne sont pas du tout constructives. Si on ne monte pas, nous aurons fait une belle saison en terminant dans les 5 premiers, S’il y a montée en L1, on pourra dire que chacun au club y aura contribué. J’en profiterai pleinement ce week-end, comme l’ensemble du club, avant de me remettre au travail dans la foulée pour préparer la saison prochaine.
Justement. Avec ces incertitudes comment préparez-vous l’avenir ?
Ce n’est pas évident car on travaille sur les deux hypothèses, tout en privilégiant, tout de même un peu plus la L2. Nous avons un œil en Ligue 1 mais je ne veux pas trop y penser pour le moment.
Comment abordez-vous cette finale face à Strasbourg ?
Après le match de Lens, peu de gens nous voyaient jouer les troubles fêtes jusqu’au bout. J’avais dit aux joueurs d’essayer de gagner chaque match sans penser au suivant, et ils ont relevé le défi. Notre rêve en début de saison était de jouer cette finale face à Strasbourg dans un stade plein. Nous y sommes. Tout footballeur professionnel, tout dirigeant ou membre du staff rêvent de vivre des moments comme celui-là. Cela peut faire très mal à la fin comme être une immense joie. A l’intérieur du club tout le monde donne l’impression de jouer une finale de coupe. Je pense que le public sera chaud et passionné et qu’il saura survolter nos joueurs qui sont très motivés.
Comment sentez-vous le groupe ?
Il existe une réelle envie des joueurs d’aller au bout d’eux-mêmes et de ramener la Paillade en Ligue 1. L’état d’esprit est exemplaire. Le groupe est sain. Malgré une saison difficile et éprouvante les joueurs sont en train de rendre au club ce que le club leur a donné. C’est quelque chose de fabuleux. Tout le monde a envie d’atteindre cet objectif mais il ne faut pas se laisser aspirer par l’évènement.
Président Délégué, vous êtes aussi supporter du club depuis votre plus jeune âge....
C’est vrai. Je suis né à Montpellier, j’y ai joué en catégorie de jeunes. J’ai grandi avec ce club. Je n’ai pas la prétention de détenir la vérité mais je fais toujours le maximum dans l’intérêt du club. Pour moi le MHSC passe avant tout. Je suis fier de ma ville, j’ai ce club dans ma peau et souhaiterais vraiment qu’il retrouve la Ligue 1. La force du MHSC est que tous ses membres, que ce soit au niveau sportif ou administratif, aiment foncièrement ce club. Nous sommes une famille et voir le stade plein serait une immense fierté car cela prouverait que les gens aiment le foot à Montpellier.
Un mot sur Rolland Courbis…
A son arrivée il avait pour mission de sauver le club de sa relégation en National, ce qu’il a fait. Il a eu un second objectif qui était de construire sur deux ans une équipe pour remonter en Ligue 1. A 22H45 on verra s’il a réussi. Ce qui est sur c’est que c’est la première fois depuis 5 ans que l’on joue la montée jusqu’au bout. Rolland a fait le choix d’avoir d’autres activités la saison prochaine. Je respecte sa décision et il fait désormais partie de la famille pailladine. Tout n’a pas toujours été facile mais il a fait son boulot. Il nous a aidé et nous lui avons tendu la main dans un contexte difficile. J’espère que ses problèmes judiciaires seront rapidement réglés et qu’il aura vécu une belle aventure humaine au Montpellier Hérault. En tous cas, J’ai été très heureux de travailler avec lui, et la porte du club lui sera toujours ouverte. Il convient aussi de remercier Michel Mézy qui s’est lui aussi beaucoup investi. Pour toutes ces raisons et bien évidemment pour mon père qui s’investit humainement et financièrement depuis des années pour ce club, je crois que le MHSC mérite de remonter en Ligue 1.
Avez-vous un message particulier pour les supporters ?
On sent un réel engouement. J’ai été très touché de constater le grand nombre de supporters qui se sont déplacés à Tours. Cela prouve tout de même que notre club est aimé par une majorité de gens. J’espère que les 30000 personnes pousseront à l’unisson pour que la fête soit belle et que les joueurs soient survoltés. Les supporters attendent beaucoup de nous ; à nous de le leur rendre au maximum sur le terrain pour qu’il y ait une véritable communion.
