Bruno Carotti, 17 ans de Carrière
«Bruno, quand il arrive le matin à l’entraînement, il a toujours la patate, le sourire et la joie de jouer. C’est un super exemple ». Le compliment est signé Philippe Delaye, compère de longue date de celui, qui va définitivement « raccrocher les crampons » à l’issue de la rencontre de ce soir à La Mosson. Cette bonne humeur et cette envie de jouer a sans doute été la raison principale de cette longévité qui a fait de Bruno Carotti l’un des joueurs les plus capés du football pailladin. Retour sur la carrière du capitaine montpelliérain.
1991-95 : DE VERSAILLES A GRAMMONT. – Né à Palma de Majorque, en Espagne, le 30 septembre 1972, Bruno a grandi en Région parisienne, du côté de Clamart. Repéré lors d’un tournoi à Versailles, il intègre ensuite le club montpelliérain où il fait ses classes au centre de formation en côtoyant des entraîneurs comme Ouatara, Di Nallo et bien sûr, Jean-Louis Gasset. Ironie de l’histoire, ce milieu de terrain longiligne a longtemps navigué entre la D3 et la DH du MHSC, avant de connaître sa première apparition en équipe fanion à l’occasion d’un déplacement à Monaco le 1er mai 1992. Ce fut d’ailleurs sa seule apparition chez les pros cette année là. La première d’une longue carrière. Les deux saisons suivantes seront celles de la confirmation. Tantôt défenseur central, tantôt milieu de terrain défensif, il dispute 64 matchs de championnat sous la tunique du MHSC et inscrit 3 buts. Avec la génération des Fabien Lefèvre, Serge Blanc, Franck Rizzetto ou Jean-Christophe Rouvière, il conduit même le club pailladin jusqu’à la finale de la Coupe de France en 1994. Malheureusement, Bruno le ne connaîtra pas de sacre au Parc des Princes, le stade de son enfance, où le MHSC s’incline 3-0 face à Auxerre.
1995-98 : BONJOUR L’EUROPE. – Malgré la défaite face aux Bourguignons, la qualité des jeunes du MHSC ne laisse pas insensible les grands clubs hexagonaux. Après une ultime saison commune, la bande de copains se sépare. Fabien Lefèvre (Monaco), Serge Blanc (Marseille) et Jérôme Bonnissel,(La Corogne) quittent le nid à l’été 95. Après une nouvelle saison pleine (34 matchs, 3 buts et une 6e place finale pour le MHSC), Bruno Carotti fait de même et rejoint le FC Nantes de Jean-Claude Suaudeau, tout auréolé d’un titre de champion de France. L’enfant de Grammont y découvre l’Europe aux côtés d’une équipe de rêve avec Loko, Ouédec, N’Doram, Pédros, Casagrande, Chanelet… Les Canaris iront même jusqu’en demi-finale de la plus prestigieuse des compétitions européennes pour y défier la prestigieuse Juventus de Turin. Défaits 2-0 au Stadio Delle Alpi, les nantais sortent la tête haute en venant à bout de la vieille dame (3-2) lors du match retour.
1998-Décembre 99 LE DÉFI PARIS – Deux nouvelles années s’écoulent. Et après 3 saisons passées sur les bords de l’Erdre, Bruno Carotti reçoit une offre du Paris Saint-Germain qui souhaite remonter une grosse équipe à l’été 1998. Charles Biétry, le nouveau président du club présente alors un recrutement ambitieux : Lama, Casagrande, Laspalles, Okocha, Wörns et Simone pour ne citer qu’eux, débarquent porte d’Auteuil en même temps qu’un nouvel entraîneur : Alain Giresse. Supporter du PSG lorsqu’il était gamin, Bruno relève le défi et s’envole pour Paris. Malheureusement, la valse des entraîneurs l’empêche de montrer toutes ses qualités. Il dispute 20 matchs de championnat en 1 an et demi dans la capitale et une rencontre de Coupe d’Europe. Un bilan sportif qui n’a alors que peu d’importance face à l’épreuve qui l’attend. Frappé par un drame familial, il quitte Paris en janvier 2000 et signe pour 6 mois à l’AS Saint Etienne de Robert Nouzaret.
2000-01 LE TEMPS DES COPAINS. – A l’été 2000, Bruno Carotti ferme la parenthèse verte et retrouve le Sud de la France en s’engageant à Toulouse, tout frais promu en Ligue 1. C’est le temps des copains. Dans la ville rose, il retrouve Alain Giresse, qui fut son entraîneur au PSG, remplacé un peu plus tard par Robert Nouzaret, et surtout ses amis Christophe Revault (ex-PSG), Stéphane Lièvre (ex-Nantes) et Jean-Christophe Rouvière, avec qui il avait été formé au MHSC. Sportivement la saison se termine par une relégation en L2, puis une autre, administrative, en National. En juin 2000, le temps est venu pour lui de rentrer à la maison.
2001-2009 LE REROUR AU BERCAIL. – 6 ans après son départ vers Nantes, Bruno Carotti retrouve le MHSC, tout juste promu en Ligue 1. En compagnie de ses anciens compères du centre de formation pailladin Jean-Christophe Rouvière et Serge Blanc, il rejoint Fabien Lefèvre, de retour dans son club formateur un an auparavant. Le début d’une belle histoire qui durera 8 ans. La première saison, le MHSC termine 3e meilleure défense du championnat et obtient son maintien à trois journées de la fin. La seconde sera sans doute la plus mémorable. A 9 points du premier non relégable à Noël, les Montpelliérains parviennent à se sauver arès une remontée improbable et notamment à un but victorieux inscrit par Bruno de la tête lors d’un succès importantissime à Sedan (2-1). La suite sera moins rose. Relégué l’année suivante, le MHSC passe ensuite 5 saisons en Ligue 2. Promu capitaine, Bruno Carotti vit des moments difficiles, à l’image de son club, mais tient bon la barre. S’il joue moins depuis le début de l’exercice 2008-2009, Bruno Carotti a tout de même disputé 13 rencontres depuis le début de la saison en championnat et reste un des éléments moteurs du vestiaire montpelliérain. Nul ne sait encore s’il sera ou non dans le groupe pailladin qui défiera Strasbourg ce soir à La Mosson. Mais au-delà de ce 378e match qu’il pourrait disputer ce soir sous le maillot pailladin, les 377 autres méritent déjà un simple mot : Merci. Quoi qu’il en soit, nul doute que, sur le terrain ou pas, Bruno Carotti espère boucler sa carrière sur une heureuse nouvelle. Pour ce joueur qui a marqué l’histoire du club pailladin, la joie serait la même…
