B. Lippini "Fabuleux !"
L’entraîneur de l’Equipe Gambardella du MHSC revient sur cette qualification avec beaucoup de joie, mais tout en assurant que le travail n’est pas terminé. Maintenant, il faut gagner !
Bruno. Quelle a été ta première réaction après cette qualification pour la finale de la Coupe Gambardella ?
C’est énorme pour les gamins. Avant le match face à Châteauroux (8e de finale, victoire 3-0 des Pailladins NDLR), j’avais dit aux garçons qu’il leur restait trois finales à jouer avec la mission d’aller au Stade de France. Quand on est des compétiteurs, on se doit d’avoir l’ambition et l’objectif de gagner des matchs, des titres et d’aller le plus loin possible. Ils l’ont bien fait. Ce parcours, c’est la récompense de leur travail, c’est la cerise sur le gâteau. C’est fabuleux pour eux et pour le club. C’est une joie immense.
Comment analyses-tu le parcours de ton équipe depuis le début de la compétition ?
Il a été très bon, si ce n’est le premier match à Rodez. Les Ruthénois étant derniers de notre poule en championnat, les gamins l’ont pris peut être un peu à la légère. On a été secoué puisque nous étions menés 1-0. Nous avons su nous ressaisir en seconde période et gagner 3-1. Le reste a été positif, puisque jusqu’ici, sur l’ensemble de la compétition, nous avons encaissé un but pour 17 d’inscrits. A l’exception des 8e de finale face à Châteauroux, nous avons gagné tous nos matchs à l’extérieur (Rodez, Brive, Monaco, Niort et Le Havre), ce qui est significatif.Le fait d’avoir éliminé de gros clubs formateurs est aussi une satisfaction, surtout quand on voit que Montpellier était le seul centre de formation de Ligue 2 à ce stade de la compétition (restait Le Havre, Lyon et Nantes). C’est la récompense de tout le travail effectué par toutes les étapes de la formation au MHSC que ce soit des éducateurs, des entraîneurs et des dirigeants. C’est la réussite de tout un club.
Quelles sont les forces de cette génération ?
Il y a un gros potentiel, du talent, de la technique et de la tonicité chez chaque joueur. Défensivement, on sent aussi de la puissance. C’est un amalgame. Ces matchs de Coupe Gambardella sont difficiles et permettent aux jeunes de progresser dans cette compétition très relevée. Cette génération est une des meilleures que j’ai entraînée depuis mon arrivée au club. Si le club fait ce qu’il faut, il y a du potentiel et des joueurs très intéressants pour l’avenir.
Que penses-tu de l’adversaire du MHSC en finale, le FC Nantes ?
Nantes est une équipe un peu similaire à la nôtre. Ses joueurs disposent d’un gros mental puisqu’ils sont passés plusieurs fois aux tirs aux buts et ont su revenir face à Lyon alors qu’ils étaient menés. Nantes reste un des meilleurs centres de formation de France. Il faut encore s’attendre à un match de très haut niveau. Ce ne sera pas facile mais c’est à nous de faire ce qu’il faut. Le plus important, c’est nous. Une finale au Stade de France est toujours un moment spécial.
Comment vas-tu gérer ce contexte particulier ?
On va préparer cette rencontre comme les précédentes en regroupant le groupe de Gambardella dès le début de la semaine. Nous travaillerons normalement, sans changer nos habitudes. La gestion du contexte, de l’environnement et de la « pression » va être un enjeu important. Cela dit, comme j’ai dit aux joueurs, quelle pression peut-il y avoir ? Bien sûr on a envie de gagner, comme tous les matchs, mais on ne joue pas la descente. Ce match, ce n’est que du positif. La pression est là, mais c’est plus du trac, de l’envie de bien faire et de gagner cette finale.
Le MHSC n’a plus gagné la Gambardella depuis 1996. Le groupe a-t-il conscience de ce qu’il est en train de réaliser ?
Je crois qu’ils en ont conscience. A l’hôtel après le match, même dans le bus en rentrant à Montpellier, ça a crié, chanté des chansons de la Butte Paillade avec des drapeaux. Ils sont conscients du fait que le club n’a plus joué une finale de Gambardella depuis 13 ans et de l’attente que cela génère au club. Ils ont envie de la gagner pour laisser une trace de leur passage au MHSC.
Que faudra-t-il à Montpellier pour gagner cette finale ?
Il faudra être à notre meilleur niveau de jeu et avoir un mental de fer. Ce n’est jamais facile. Il y a le contexte, l’ambiance, l’enjeu, une belle équipe en face… Comme à chaque match de très haut niveau, il faut bien se préparer sur le terrain mais aussi en dehors, penser à la récupération, au sommeil, à la diététique, aux soins. Ça va se jouer sur des détails
Pour conclure, personnellement, que ressens-tu ?
A titre personnel, j’ai débuté ma carrière d’éducateur en 1994 et ai disputé une demi-finale de Gambardella. J’ai attendu 14 ans pour avoir une finale, j’en suis donc très heureux, d’autant que c’est la première fois que le MHSC va disputer une finale de Gambardella au stade de France. Avec cet effectif des 90-91 que nous avons cette année, il y a un fort potentiel footballistique, mais ils ont aussi un super état d’esprit. Ils sont attachants, ils font les efforts. Quand on est éducateur, c’est fabuleux de s’occuper de gamins comme ça et d’aller loin avec eux. C’est une aventure sportive et humaine passionnante, et je tiens à y associer les dirigeants, le staff technique et médical, et bien entendu le Président Louis Nicollin qui est très attaché à cette compétition. A nous de tout faire pour lui ramener cette Coupe et pour porter les couleurs du MHSC le plus haut possible.

