« Quand l’équipe gagne, on est heureux ! »

Joseph et Annick Montoya sont de fervents supporters du MHSC. Respectivement âgés de 86 et 83 ans, ils sont abonnés à La Mosson depuis le début des années 1980, sans interruption. Mhscfoot.com les a rencontrés à Grammont.

Tout d’abord, comment vous êtes-vous rencontrés ?

Annick : Mon père travaillait à l’adduction d’eau. On a sillonné un peu la France et quand la guerre s’est déclarée en 1939, on a fuit l’invasion en se réfugiant à Lunel où mon père avait un chantier. J’avais 5 ans. Plus tard, j’y ai connu Joseph, comme tous les jeunes de l’époque se connaissent : au bal. Il a fini son foot pour arriver juste à la dernière danse et voilà !

A quand remonte votre intérêt pour le football ?

Joseph : Je jouais au Sport Olympique Lansarguois. Je suis parti à l’armée et à mon retour j’ai continué. C’est là que j’ai rencontré Annick et que je suis rentré à la SNCF comme conducteur de train. On est parti 15 ans en région parisienne où j’ai appris mon métier tout en continuant à jouer au football. J’étais « demi » comme on disait à l’époque, c’est à dire défenseur. Il y avait « demi centre » aussi, j’ai fini ailier mais à 33 ans je me suis blessé au genou. C’était fini. Ma jambe était tordue comme ça (il montre avec ses doigts) !

A : Le dimanche, à midi, il rentrait du foot à vélo. Quand il arrivait devant la maison il m’appelait pour que je lui donne ses affaires de travail et il repartait avec un genou comme ça…

Quand êtes-vous revenus dans notre région et à quand remonte votre passion pour le MHSC ?

J : Après notre passage en région parisienne, on est redescendu en 1970. On a fait une halte à Valence, après j’ai été muté à Nîmes. C’est là qu’on a habité à Lunel, où il y a beaucoup de supporters de Nîmes, mais moi cela a été le Montpellier Hérault. Je vais vous dire pourquoi : j’avais un copain, Francis Auriol,  qui faisait partie de La Paillade. C’était un copain intime, on était comme deux frères. Il avait commencé avec le Père Jourdan et il était dans le staff de la Gambardella des Laurent Blanc, Passi etc. Il m’invitait aux matchs et quand j’étais libre le samedi j’allais voir l’équipe première au stade de La Mosson. C’était vers le début des années 1980.  C’était La Paillade, l’époque de la Butte. La première fois, on s’était mis sur la route pour regarder le match. Il était dans un trou ce terrain ! Les tribunes n’étaient pas encore faites…

A : Et ensuite, Joseph a pris son abonnement.

Vous avez alors attrapé le virus…

J : Une passion pour le club ! Je me suis passionné pour cette équipe, c’est tout. Ca a accroché. J’ai eu ma retraite en 1982 et comme j’étais libre tous les samedis, on s’est abonnés avec quelques copains. On avait un abonnement de groupe grâce au comité d’entreprise de l’un d’entre eux.

J'Ai une passion pour ce club, cela ne se commande pas. Quand le MHSC perd, je ne suis pas bien pendant deux ou trois jours

A : Il partait de Lunel, prenait un gars de chez nous, trois à Lansargues… C’était un covoiturage à cinq !

J : Une ambiance…. On faisait même les déplacements de temps en temps, à Béziers,  Toulouse, à Nice au stade du Ray etc..

Depuis, vous avez toujours été abonné au club ?

J : Toujours ! Quand on n’a plus eu la facilité des abonnements de groupe, qu’un copain est décédé puis qu’un autre est devenu trop vieux, je me suis retrouvé tout seul. C’est là qu’Annick a pris sa carte.

A : J’y serais bien allée dès le début mais je me sacrifiais car ils étaient déjà cinq dans la voiture. Après, je ne voulais pas qu’il y aille tout seul. Au début je prenais une place quand on arrivait au stade et puis un jour il m’a dit de prendre mon abonnement avec lui.

Vous aimiez déjà le foot, ce n’était donc pas contrainte et forcée…

A : J’aimais le foot car notre fils ainé y jouait, nos petits enfants aussi par la suite. Alors on les suivait forcément. A une époque Nicollin organisait des stages à la Grande Motte et on y avait inscrit nos petits enfants. On a d’ailleurs une photo d’eux avec Pascal Baills et aussi avec Der Zakarian quand le MHSC était venu jouer en représentation à Lansargues. C’est dommage, on a tout emballé dans des cartons sinon on vous les aurait montrées !

J : J’avais tout un mur dédié au MHSC, avec des photos et des posters de toutes les saisons. J’avais encadré celui des 20 ans du club et tout autour j’y accrochais les nouvelles saisons au fur et à mesure.

A : Un escargot avait commencé à nous en dévorer un(rires) !

J : A la porte d’entrée j’avais même mis une plaque métallique « Ici, c’est un supporter du Montpellier Hérault ». J’ai une passion pour ce club, ça ne se commande pas. Quand l’équipe de France perd, cela ne me touche pas. Par contre si c’est le Montpellier Hérault qui perd, je ne suis pas bien pendant deux ou trois jours.

Et quand il y a des belles victoires de La Paillade, comment vous sentez-vous ?

A : Ah on est heureux ! Quand l'équipe gagne, on est heureux. Tout simplement.

J : Je ne le manifeste pas, mais intérieurement je suis bien…

Vos meilleurs souvenirs  avec le MHSC ?

: Il y en a beaucoup, mais je me souviens surtout d’un jour où on repartait du stade. Vers notre voiture on croise Courbis et on lui serre la main. C’était la saison où il arrive quand il reste 3 ou 4 matchs pour se sauver du National. Ces matchs-là, pour moi ils ont été… (il lève les yeux vers le plafond) On ne savait pas que Courbis allait venir pour ces derniers matchs mais il y avait des rumeurs. Au moment où il entre dans sa voiture je lui demande si on va se sauver. Lui, avec sa façon de dire les choses, nous répond : « Oui, ne vous en faites pas, c’est déjà dans la poche ! ». Ca nous a rassurés. Et il y a aussi le match de Coupe de France quand on élimine Saint-Etienne, la saison où on gagne la Coupe de France.

On ne siffle pas un joueur, qu'il soit de notre équipe ou de l'équipe adverse. ça me prend au coeur quand cela arrive

A : Et l’année dernière qu’on leur en met trois à ce Paris Saint-Germain ! Hein, c’était pas beau ça ?! On se regardait dans les tribunes, on se disait « Mais c’est pas possible ! ». 1, puis 2, puis 3..

J : J’ai pris la main d’Anni sur le premier but et je lui ai demandée : « Tu crois qu’ils ont marqué ? » (rires). Et puis après, on rêve, on rêve, 3-0 ! Cela a été la folie.

Vos moins bons souvenirs ?

A : Je n’aime pas siffler les joueurs ! Quand un joueur de notre équipe se fait siffler, ça c’est un mauvais souvenir. Qu’on siffle l’équipe quand elle rentre au vestiaire car elle n’a pas bien joué, ça passe. Des fois, ils ne jouent pas bien. Pourquoi ? On ne connait pas bien la raison…  On ne siffle pas un joueur, qu’il soit de notre équipe ou un adversaire. Ca me prend au cœur quand ça arrive.

J : Je me souviens de l’année où on était en coupe d’Europe. On était en cure à Balaruc. Il a plu, il a plu … et Ani me dit : « On reste-là ce soir, on ne va pas au match ». On est quand même venu au stade, il y avait de l’eau de partout mais ils ont gagné ! On était contents comme tout. C’était Ziober, Bucarest et l’année des Hollandais qu’on a éliminés. C’est plus une anecdote qu’un mauvais souvenir.

A : Et quand on se gelait en 2ème division ? Aglagla (rires) ! On a tous connu ça…

J : Olala oui, comme ce match de Coupe de la Ligue où il faisait si froid. On avait peur de faire la prolongation, on avait la couverture sur nous et tout… Rouvière nous libère à 10 minutes de la fin !

Voyez-vous les joueurs ou des membres du staff occasionnellement ?

A : Je n’ai jamais osé. J’aurais aimé parler à un ou deux joueurs mais je me dis : « Pourquoi les déranger ? » J’aime bien Camara, Hilton, tous ! Mais il y en a avec qui on accroche plus qu’avec d’autres. Quand ils font entrer Camara en cours de jeu, je suis contente pour lui.

Avez-vous un rituel les jours de match à La Mosson ?

A : On a nos petites habitudes… En hiver, on part bien en avance pour ne pas avoir le « tampon » sur la route. On amène notre petit thermos de cacao, notre petit sandwich, et on reste un peu au chaud comme ça dans la voiture sur le parking. Puis on entre dans le stade, voilà. Pour un match à 20h on est à 19h sur notre siège. Les gens qui sont aux grilles du parking nous connaissent tous ! Quand ils passent notre carte d’abonnement, c’est pareil.

J : Moi ça sonne ! J’ai trois prothèses (rires). La première fois, ça fait drôle mais après ils savent qu’on n’a rien dans les poches.

A : On a le parking depuis des années. Quand Joseph a été opéré du genou, il marchait difficilement mais il voulait quand même aller au stade. J’ai dit tant pis je vais gentiment écrire à monsieur Nicollin. Et il nous a donné une place de parking ! C’est un homme que j’aurais aimé rencontrer pour discuter avec lui. Je ne sais pas, il avait quelque-chose. Je l’ai vu quelques fois quand on jouait à la pétanque à Montpellier. Il était là avec Bernard Gasset mais je n’ai jamais osé l’aborder ou m’immiscer dans leur groupe.

On imagine que vous avez dû être touchés par sa disparition …

J : Oh mon Dieu !

A : Ah ça m’a fait quelque-chose. Franchement.

on ne peut pas oublier valderrama ! mais le premier qui m'a impressionné, c'est xuereb. Ziober, aussi. et Todorov, mais pas pour les mêmes raisons ! 

J : A Marsillargues, au bout de la rue Jean Jaurès il y a un bureau de tabac où je vais acheter le journal et faire mon petit tiercé quand j’en ai envie. Le lendemain du décès de Louis Nicollin, une journaliste arrive et me demande ce que me fait la mort de Louis Nicollin. Je lui répond : « Je vais vous dire, je suis même chagriné que vous me demandiez cela. Vous ne m’enlèverez pas la peine que j’ai. Ce bonhomme, il a touché à tout, il toujours réussi, pour moi c’est un grand magicien. » Et puis je suis parti. Le soir même je passais à la télévision. Vous ne pouvez pas imaginer les coups de téléphones que j’ai eu ! C’est dire la popularité du personnage. Tout cela a encore augmenté ma passion pour le club.

A : Le jour où Louis Nicollin est décédé, on se trouvait à Montpellier. On était venus prendre nos cartes d’abonnement au stade. On ne le savait pas encore, ça s’est passé au même moment. C’est quand même « drôle », c’est bizarre quand même.

J : C’est tout ce qu’on peut vous dire.

Quels sont les joueurs qui vous ont marqués ?

A : Valderrama ! Il me faisait rire !

J : On ne peut pas l’oublier Valderrama ! Mais le premier qui m’a impressionné, c’est Xuereb. Ziober aussi ! Todorov, mais pas pour les mêmes raisons.  Comment s’appelait celui qui avait pris 8 matchs de suspension ? Spahic !

A : Là, ça a été dur. Ca c’est un mauvais souvenir, cette suspension de Spahic.

J : Il était rude, d’accord, mais il y en avait des plus rudes que lui.  Comme quand on nous avait esquinté Ziober, là-bas, à Marseille. Mozer l’avait saqué d’une façon lamentable, je crois qu’il lui avait fait un trou dans le mollet. Mozer, il avait moins pris que Spahic.

Et si on parlait du stade, où vous avez passé tant d’heures à voir votre équipe ?

J : Moi il me convient, on est bien à La Mosson.

A : On n’est pas trop demandeur, on n’est pas trop exigeants.

J : A l’emplacement où il est, on ne peut pas faire mieux.

Si un jour il devait y avoir un autre stade, ailleurs, continuerez-vous d’aller supporter le MHSC?

J : Si on ne m’enlève pas le permis, j’y vais ! Mais même, si on me l’enlevait, je me débrouillerais.  Avec ma canne, je peux aller jusqu’au bout du monde (rires) !

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