Vitorino Hilton, 3 vies pour une quarantaine rugissante

En ce 13 septembre 2017, Vitorino Hilton fête ses 40 ans. De Brasilia à Montpellier, il a accepté de retracer le fil de sa carrière et de sa vie teintée de foot. Avec humour, passion et sobriété. A l’image du personnage

L’ENFANCE BRÉSILIENNE

Né à Brasilia, Vitorino Hilton a grandi à Gamma, petit ville à 35km de là. «  Quand j’étais jeune c’était un endroit très chaud, mais aujourd’hui ça s’est calmé », explique le défenseur montpelliérain qui reconnait avoir reçu « beaucoup d’amour et de respect de la part de ses parents », lui le petit dernier de la famille qui compte un frère et 3 sœurs. A l’heure d’évoquer son enfance, Vito avoue qu’à cette époque déjà, le foot était bien présent. « Je me retiens d’abord les parties interminables de foot dans la rue avec des amis et mon frère. On prenait du plaisir à taper dans un ballon, on courait partout. » Le début d’une vocation. « Au départ, je n'avais pas à l'esprit de devenir professionnel. Pour moi, c'était un jeu, je pensais juste à jouer dans mon quartier avec les copains. Le foot pro me paraissait très loin. On avait un championnat le quartier, on enchaînait les matchs le samedi et le dimanche et pour moi, ça s’arrêtait là. Ce n'est qu’après, quand je suis parti à Chapecoense, que j'ai compris que le foot était complètement différent de ce que j'avais imaginé. »

Chapecoense. C’’est là-bas, à 160km du domicile familial que Vitorino Hilton a débuté sa carrière pro. « J’y suis arrivé à 17 ans, se souvient-il. A l'époque, l’entraîneur des jeunes de Chapecoense était originaire de Gama et demandait régulièrement quand il revenait s’il y avait de bons joueurs chez nous. Comme dès mes 16 ans, je jouais déjà contre des mecs de 27 28 ans il a décidé de me mettre à l’essai ». À l'époque arrière droit, Vito a donc fait le grand saut. « C'était la première fois que je voyageais car mon père (ouvrier en bâtiment) et ma mère (coutrière) n’avaient pas beaucoup de moyens, les vacances c’était à la maison. C’était la première fois que je partais de chez moi. » Arrivé à 17 ans, le capitaine montpelliérain a débuté en pro à 19 ans. « Chapecoense était en D3. Je suis fier d’avoir porté ce maillot. » Impossible enfin de parler de son enfance sans évoquer son idole de jeunesse. « Il y en a plusieurs avec bien évidemment Zico qui jouait à Flamengo. Il nous a fait tous rêver. Après, en grandissant, je retiens Romario qui nous a fait vibrer avec l’équipe nationale en remportant la Coupe du Monde 1994. »

LA DECOUVERTE DE L’EUROPE, LE TEMPS DE LA MATURITÉ

Le temps passe et Vito se retrouve à la croisée des chemins. En janvier 2001, à 23 ans et alors qu’il est tout proche de rejoindre un club mexicain, le voilà qui signe au Servette de Genève (Suisse) le dernier jour du mercato hivernal. « Au départ, le plus dur c'était la langue, se souvient-il mais j'étais content de rejoindre la Suisse, un pays extraordinaire que j'apprécie beaucoup. En plus, comme il est situé à proximité des championnats français, Allemand et Italien, je savais que j’aurais une bonne visibilité là-bas. A l’époque, le championnat italien qui était le meilleur en Europe m’attirait beaucoup ». Ce sera finalement Bastia, 3 ans plus tard en janvier 2004. « J’avais beaucoup de contacts en France mais il y avait pas mal de doutes sur moi et sur mes qualités d'abord parce que je jouais en Suisse et puis car on me disait que 1m80 c’est petit pour un défenseur. Peut-être qu'avec trois ou 4 cm de plus je serais parti dans un autre club que Bastia mais c’est ainsi et je ne regrette rien. » En Corse, Vito va rapidement dissiper ces doutes et se forger en 6 mois une solide réputation. « Mon 1er  match en L1 était contre Toulouse à Bastia. Je suis arrivé le jeudi, dernier jour du mercato et le samedi j’étais titulaire. » La suite le mena à Lens « un club avec un public magnifique » puis à Marseille. « A l’époque je souhaitais rentrer au Brésil mais quand la proposition marseillaise est arrivée je n'ai pas hésité. C’était le club le plus médiatique, beaucoup de joueurs rêvaient de jouer là-bas, je n'ai pas de regrets car j’y ai passé  trois belles années avec notamment un titre de champion de France. » (2010). 
Des années bien remplies au cours desquelles il a également fondé une famille qu’il considère comme l’une des clés de sa réussite. « J’ai appris l’importance de cette vie de famille avec mes parents. Ils m’ont toujours dit « si vous êtes bien avec votre épouse, vos enfants, vous pouvez réussir dans la vie. » Avec mon épouse nous sommes ensemble depuis 1998 ; pour moi cet équilibre est une des clés de ma réussite, souligne-t-il. Quand tu es jeune et que tu joues au foot tu as tout pour toi : les boites de nuit, les sorties, tu peux profiter de la vie mais quand tu es mariée tu peux passer plus de temps avec les tiens. Mon épouse m’a suivi en Suisse puis en France et a été mon bras droit dans les périodes difficiles d’adaptation en Europe aussi. C’est important. »

SES ANNEES MONTPELLIERAINES LE PLAISIR ET LES RECORDS

Été 2011. En manque de temps de jeu à l’OM, Vitorino Hilton rejoint le MHSC. « Ça s’est fait assez rapidement. J’ai vu Laurent Nicollin et Bruno Carotti et en 3 minutes c’était acté. A l’époque, je voulais rejouer et reprendre du plaisir. » Et lorsqu’on lui demande quel est son meilleur souvenir sous le maillot pailladin, la réponse du n°4 héraultais tombe sous le sens. « C’est évidemment ma première année. Nous avions fait une saison de fou, personne ne nous attendait et on finit premier devant le PSG. C’était magnifique. Je n’ai même pas de mots pour le décrire. »
Six ans plus tard, Vito est toujours là et son comportement, sur le terrain comme en dehors a valeur d’exemple. Lui le plus Brésilien des Montpelliérains (ou l’inverse c’est comme vous voulez) est devenue un emblème, une icône du MHSC. « Je suis tombé amoureux de la ville, du club qui fait partie de ma vie et restera toujours gravé dans mon cœur », dit-il sobrement sans oublier d’évoquer le Président Louis Nicollin disparu cet été : « Sans lui, il y a un vide. Il a fait énormément pour la ville, pour le club, c’était un homme hors norme qu’on appréciait énormément. J’ai le sentiment qu’il est toujours avec nous, tout le temps, même si on sait qu’il n’est plus là. Il veille sur nous. » 

Alors, en ce jour si particulier qui marque son 40ème anniversaire, on a cherché une question originale avant de se résoudre à aller au plus simple : ça fait quoi d’avoir 40 ans Vito ? « Un an de plus, c’est tout ! » C’est tout vraiment ? Mais qu’est-ce qui te fait encore courir sur un terrain là où la majorité des footeux quadragénaires restent dans leur canapé ou font consultants ? « Ce qui me fait encore courir, c’est le  plaisir que j’ai de jouer. Je m’arrêterai le jour où je ne ressentirai plus de plaisir. Au fil des années je me suis dit : Jouer jusqu’à 40 ans, pourquoi pas ? Aujourd’hui j’y suis. Jouer encore au haut niveau à 40 ans, c’est quelque chose que peu de joueurs ont réussi et je suis fier d’y être arrivé. » Une longévité qui force le respect… Aller Vito, tu as bien un secret ? « Je suis béni par Dieu car il me donne la santé tous les jours, répond-t-il. Le conseil que je donnerai aux jeunes ? Prendre du plaisir tout le temps à tous les entraînements même si c’est une séance où on ne fait que du physique. » Et en parlant d’entraînement Vito, devenir coach ça te dirait ? « Avant je n’y pensais mais les années passent et avec la maturité je me dis pourquoi pas un jour devenir entraîneur ? mais pour le moment, laissez-moi jouer au foot (sourire). Le jeu, encore le jeu… Et s’il était là le vrai secret de Vitorino Hilton ? Joyeux anniversaire capitao ! 40 ans mais toujours présent !

Quizz. S’il devait citer….

Son seul regret ? « De ne pas avoir joué à Flamengo, le club que je supportais quand j’étais gamin. »

Un match plein d’émotion ? : « Je me souviens de la première fois où j'ai joué contre Marseille avec Bastia. J'avais Didier Drogba au marquage et nous avions gagné 4-1. Quand je suis arrivé en France je ne connaissais que l'Olympique de Marseille et un peu le PSG puisque beaucoup de Brésiliens évoluaient là-bas. C'était spécial pour moi car Marseille est de club que tout le monde connait au Brésil. »

Le joueur le plus fort contre lequel il a joué ? « Zlatan Ibrahimovic car il est très complet »

Le match le plus fou qu’il a joué : « Le 5-5 entre l’OM et Lyon à Gerland » (8 novembre 2009)

Son plus grand souvenir : « Le titre avec Montpellier en 2012 »

Son maillot fétiche du MHSC : « Celui de la première année, celle du titre. J’aime bien aussi celui de cette année aussi. »

Quand un quadra retrouve un quadra

Hasard du calendrier, le MHSC se déplace à Troyes où Vitorino Hilton pourrait croiser l’autre quadragénaire de la Ligue 1 Conforama, le meneur de jeu de l’ESTAC, actuellement blessé. « On s’est croisé sur le terrain mais on ne se connait pas, raconte Vito. A chaque fois, j’ai plaisir à le voir jouer et je me dis « Lui, à 40 ans, faire tout ce qu’il fait… Respect » et j’oublie que j’ai le même âge (sourire). C’est une fierté de voir quelqu’un qui prend autant de plaisir à son âge comme moi. Si j’ai l’occasion de le voir j’irai lui serrerai la main et le féliciterai pour tout ce qu’il fait. »

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